One book, one song #2

Comme vous avez semblé apprécier le #1 et que je suis une personne très consensuelle, c’est reparti mon kiki, en voiture Simone et en avant Guingamp!
Today : Metallica, Jimmy Eat World, Manic Street Preachers et Green Day (ENFIN REUNIS)
!

Encore une assourdissante surprise, les paroles de For whom the bell tolls (album Ride the lightning, 1985) de Metallica sont inspirées par… Pour qui sonne le glas d’Hemingway (1940). Bravo.
Maintenant, apprenons-en un peu plus.

Le book, c’est l’histoire d’un jeune prof américain, Robert Jordan, envoyé en Espagne durant la guerre civile dans le but de faire sauter un pont qui était bien utile aux franquistes pour fomenter leurs petites affaires. Le type tombe amoureux d’une charmante résistante républicaine, Maria. Finalement, rien ne se passe comme prévu au niveau du timing, mis à part que le pont est bien détruit : on enregistre pas mal de pertes au compteur.
Ce roman est lui-même inspiré d’un vers du poème No man is an island, entire of itself…  de John Donne (1623 ou 1624, selon les sources, veuillez m’excuser d’être si évasive), voyez plutôt : ask not for whom the bell tolls, it tolls for thee, mais aussi de l’expérience d’Hemingway en tant que journaliste durant cette guerre.
La chanson, quant à elle, est une critique de l’absurdité de la guerre, en cela elle diverge du point de vue d’Ernest, qui est plutôt admiratif du Sens du destin espagnol. Elle démarre live par un long solo de basse, originellement interprété par Cliff Burton; ce solo est parfois pris pour une guitare, à cause de (ou grâce à) la « légère » disto utilisée par Burton. Il lui arrivait souvent de jouer cette partie à l’hôtel sur une gratte acoustique radicalement désaccordée, mais cela est une autre histoire, un peu technique dans laquelle je ne m’aventurerai pas : Kirk Hammett la raconte bien mieux que moi.
Le VRAI solo de guitare, lui, est une réinterprétation du final de Fairies wear boots de Black Sabbath, période Ozzy.

***

Goodbye Sky Harbor, titre de Jimmy Eat World sur Clarity (1999), a été écrit dans un avion. Alors qu’il décollait de l’aéroport de Phoenix-Arizona (Sky Harbor, donc), Jim Adkins pouvait encore voir sa petite amie restée à terre, d’où you are smaller getting smaller but I still see you.

Cette chanson s’inspire d’un roman de John Irving de 1989 Une prière pour Owen (A Prayer for Owen Meany), qui raconte une histoire d’amitié de deux jeunes de la Nouvelle-Angleterre dans les 50s-60s. Et l’oeuvre d’Irving emprunte elle-même au roman Le Tambour de Günther Grass (1959). Tout le monde se pique des trucs, c’est comme ça.

***

Ensuite, ensuite… Celle-ci est un petit cadeau pour un être qui m’est cher.
Motorcycle emptiness, sur le 1er album studio de Manic Street Preachers (Generation Terrorists, 1992) s’inspire du roman Rumble Fish (Rusty James in French), de Susan Eloise Hinton (1975). Vous la connaissez peut-être si vous avez lu The Outsiders.

L’histoire, c’est celle de Rusty James, donc, qui malgré son jeune âge, 14 ans, est un habitué du schnaps, de la drogue, des jeux d’argent et des combats de rue. C’est aussi celle de son frère The Motorcycle Boy, que tout le monde adore, passionné de moto et qui a les mêmes cheveux rouge cerise que Rusty James. Et celle de ses amis, ses ennemis, sa famille et sa petite amie, le tout sur fond de gangs de bikers.
Intéressons-nous à la chanson, maintenant, c’est un autre paire de manches : à la base, c’est un assemblage de deux anciennes songs de MSP, Go buzz baby go -dont elle reprend les accords ainsi que l’expression Motorcycle Emptiness– et Behave yourself baby, tirée d’une vieille démo . James Dean Bradfield a transformé ce petit monstre hybride grâce à un effet de guitare qui lui est venu en rêve. Les paroles critiquent les idoles de la pop culture, l’uniformisation des jeunes, et la vacuité du mode de vie et du consumérisme occidental. Les membres du groupe la décrivent eux-mêmes comme ‘une chanson de 6 minutes qui parle d’aliénation et de désespoir’. Certains vers sont tirés du poème Neon Lonliness de Patrick Jones, le frère du bassiste des Manic, Nicky Wire.
Sachez qu’une boîte de téléphonie US a réutilisé cet air pour une campagne publicitaire de 2003, ce qui n’a pas excessivement plu aux fans, qui avaient, eux, bien compris le discours anti-capitaliste qui se dégageait du morceau.
La chanson est une des premières que Wire et Edwards ont écrite ensemble : les types étaient obsédés par l’idée de bidouiller un mix de Rumble Fish avec une chanson de Jesus and Mary Chain, à la sauce biker. Ils y ont travaillé comme des dingos, mais ça reste un de leurs meilleurs souvenirs : c’est eux qui le disent.
Comme on ne parle pas sur ce blogz de cinéma, il ne sera pas fait allusion à Coppola, en revanche, je viens de voir que ces sacrés Green Day essaient toujours de s’infiltrer dans mes billets :

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3 réflexions sur “One book, one song #2

  1. Pingback: Laur Veglam : Mr. Bagatelle | Kill Moss Stars

  2. Pingback: One book, one song #4 | Kill Moss Stars

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