Julos des Rêveries : A bitter taste?

Comme je m’intéresse plus spontanément au petit peuple de l’ombre qu’aux papillons de lumière, j’ai décidé de rencontrer aujourd’hui Julien du zine Les Rêveries.

Angers, le 8 novembre 2015.

Salut Julien,

Pour commencer, pourrais-tu un peu te présenter afin qu’on en sache plus sur le « mec des Rêveries » ?

Je suis donc Julien, appelé aussi Julos News et j’ai monté Les Rêveries en 1997 qui est, et était avant tout un fanzine, et dont je ne désespère pas ressortir un numéro prochainement.

D’un point de vue personnel j’ai 36 ans, je suis enseignant en technologie en collège dans l’Indre et Loire, et j’habite tout près d’Angers. Je suis donc passionné de punk-rock et ses dérivés depuis plus de 20 ans. En dehors, je me passionne pas mal aussi pour la matière que j’enseigne, et le sport en général, avec un gros coup de cœur pour le water-polo que je pratique maintenant depuis une bonne dizaine d’années. Et comme pas mal de monde, j’apprécie le cinéma, les séries, et bouquiner des polars.

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Sache que je suis très friande de tes interviews « Machin a-t-il bon goût ? », qui permettent de connaître un peu mieux les acteurs de la scène rock hexagonale, sous un aspect plus personnel que promotionnel. Figure-toi toutefois que lorsqu’on tape « A-t-il bon goût ? » dans notre moteur de recherche préféré, on en apprend davantage sur la saveur de certaines sécrétions que sur un quelconque Ramone français…

BREF, je ne peux m’imaginer que tu poses régulièrement ces séries de questions à tes idoles d’un jour sans te demander ce que tu répondrais à leur place. Je vais donc te faire passer un interrogatoire assez similaire.

Julos, quel logo de groupe serais-tu prêt à te faire tatouer, sans regret, sans remord?

Un logo de groupe, c’est chaud, non pas qu’il n’y ait pas de logos sympas mais tout simplement parce que tu n’as pas le contrôle sur le groupe, si jamais tu te tatoues le logo de untel, et que 5 ans après, il se met à chanter des petites chansons bien nazi-llardes (et non pas nasillardes) tu as l’air d’un con… Après il y a des groupes qui ont des logos super sympas que j’aime beaucoup. Je pense à Pennywise par exemple, ou Hot Water Music, qui pourraient rendre bien en tatouages, mais comme c’est un de mes groupes cultes, je te dirais quand même le personnage d’ ‘Alive’ de Pearl Jam en espérant qu’Eddie Vedder ne se détourne pas du droit chemin pour les 40 années à venir.

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Au pire la chose la plus simple serait de faire celui des Rêveries. A réfléchir… en plus ça ferait certainement plaisir à ma chérie !

Peut-être qu’elle préférerait que tu te tatoues un portrait d’elle, c’est en général très réussi, ah ah.

Okay Julien, je ne vais pas te demander de choisir LE disque ultime, puisqu’il dépendra fatalement de ton état d’esprit, mais mettons, avant de sortir, j’aime bien écouter un petit Distillers, ou Gwen Stefani, enfin, tout cela me regarde. Mais toi, quel est le morceau qui te met particulièrement en forme, et ceci à tous les coups ?

C’est forcement, comme quasiment tout le monde, un album qui te rappelle ta jeunesse lycéenne ou tout du moins adolescente. Je vais citer ‘Punk In Drublic’ de NoFX qui est une pièce maîtresse du punk-rock à mes yeux. Dès les premières notes de ‘Linoleum’ c’est parti ! Retour 20 ans en arrière, les potes apparaissent comme par magie autour de toi et tout le monde chante, la canette de 33 Export à la main, sweat à capuche sur le dos, ça pogote sévère. Je dirais aussi ‘Veni Vidi Vicious’ de The Hives, un album exceptionnel, plein d’énergie, qui te fout la patate en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer son nom. Je pourrais en citer pas mal d’autres, Super Modern World des Burning, le premier Rage Against The Machine) mais ce ne serait pas du jeu…

Eh oui, c’est la question fatigante qui t’oblige à trancher dans le listing infini des chansons préférées. Et quel est le meilleur clip du monde, selon toi ?

Oulala ! Je ne suis pas très clip, en fait, même si j’aime bien en poster sur les Rêveries car ça permet d’avoir de l’actu sur les groupes en dehors des sorties d’EP ou d’album. Il n’y a pas de clip qui m’ait fait un super effet. Peut être ceux de Spike Jonze, notamment celui où il a filmé à l’envers, ce qui rend super bien (The Pharcyde je crois). Sinon dans un registre proche j’avais bien aimé le ‘Give em the boot’ de Hellcat records, tout en noir et blanc, hyper contrasté, un style propre à Tim Armstrong, et parfait pour ce style.

Nice… Bon, puisque c’est ta ville, quel est ton spot de concerts préféré à Angers ?

Angers est un peu spécial, il n’y a pas de lieu super adapté pour les groupes que j’affectionne. Je m’explique : en fait, il y a d’excellents groupes qui tournent sur Angers : Guérilla Poubelle, Justin(e), Not Scientists, Fights And Fires… Le problème, c’est que des lieux pouvant accueillir autour de 100 personnes, il n’y en a pas. Alors ça tourne pas mal dans des bars : le T’es Rock Coco, le Café Latin et le Joker’s Pub. Trois excellents bars qui sortent des affiches parfois terriblement excitantes. Seulement le souci, c’est qu’ils ne contiennent que 40- 50 personnes grand max, alors tu dois venir tôt, prévoir qu’il fera 50°C et que tu seras quelque peu compressé à l’intérieur… Mon coup de cœur va quand même au Café Latin, dont l’accès à la salle est quand même exceptionnel, car c’est l’accès des toilettes ! Mais bon je dois t’avouer quand même que quand tu as des enfants, ton planning concerts se réduit…

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J’ai organisé pas mal de concerts au T’es Rock Coco (des groupes un peu plus vieux au sein de la scène française que ceux que tu cites : Bushmen, Flying Donuts, Sixpack etc. etc.) et je connais bien cette problématique de la jauge et de la température. Je n’ai pas la soluce, en revanche !

On peut donc en déduire qu’Angers n’est pas une ville de rêve (raccourci, quand tu nous tiens)… Où rêverais-tu de t’installer ?

J’ai depuis quelques années une passion étrange pour l’Islande, un pays qui m’attire énormément. Je ne sais pas d’où cela m’est venu exactement, mais je dévore tout ce qui a trait à ce pays. J’adore leur isolement, le mélange terre de neige et terre de feu, la population, sa culture. J’ai du lire une quinzaine de livres, et j’aspire désormais à y aller pour tout découvrir, tout ressentir. Donc Reykjavík, bien sûr, est un lieu où j’aimerais aller. Y vivre toute ma vie je ne pense pas… la France me manquerait.

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Une ville en France ? Honnêtement j’aime beaucoup La Rochelle, une ville magnifique pas très loin de chez moi (Fontenay-Le-Comte, Vendée !) avec l’océan, la musique…

Je te souhaite de pouvoir faire ce beau voyage, car je comprends totalement cette obsession qu’on peut développer pour les pays du nord.

Parlons un peu de tes collègues maintenant… Quel est le webzine que tu prends le plus de plaisir à lire, celui dont tu fais grimper les stats de visites ?

J’aime bien lire pas mal de sites, notamment des sites d’infos (Métalorgie, Dying Scene…) mais en webzine, j’apprécie particulièrement Wallabirzine , un site super barré et fun.

Yes, j’ai déjà eu l’occasion de lire ses chroniques, et aussi ton interview de Bir… Et version papier, qu’achètes-tu en kiosque quand tu t’apprêtes à faire un voyage en train ?

J’ai de gros soucis avec les revues, même si je ne prends jamais le train, ça ne m’empêche pas d’acheter des tonnes de revues, et c’en est même maladif… Et j’ai un spectre assez large ça va de ‘Noise’ à ‘So Foot’ en passant par ‘So Film’, ‘Geek’, ‘GQ’, ‘l’Équipe’, ‘Lire’, ’01net’, ‘Planète Robots’, ‘Comment ça marche’, et j’en passe … bref une vraie horreur ! Mais je suis actuellement en période de sevrage, j’ai décidé de ne pas en acheter jusqu’à la fin de l’année.

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Bon courage ! Et quelle émission de radio (web, FM) écoutes-tu le plus assidûment ?

Merde là je suis encore un mauvais client… En fait c’est con parce qu’il y en a des super (Kicking Radio, Joining The Circus…) mais je ne trouve pas le temps. Ou plutôt, je passe trop de temps à écouter les trucs que je reçois ou que je récupère, et comme j’aime bien les mettre en boucle avant de les chroniquer, je n’ai plus le temps d’aller sur les radios.

Alors comme pour le disque, que tu consommes en masse, très difficile de choisir un seul bouquin, mais je te le demande SIMPLEMENT : quel est celui que tu as lu et relu, celui que tu offriras à tes enfants, et que tu espères bien faire voyager à travers ta dynastie ?

J’aime beaucoup lire et comme il y a énormément de livres qui sortent, j’ai envie d’en lire beaucoup, quitte à en acheter et ne pas les ouvrir avant des mois ou des années. Donc ça m’amène à ne jamais relire un livre par peur de perdre du temps. Je n’ai pas vraiment de livre culte qui pourrait traverser le temps même si de nombreux m’ont marqué et touché à différentes époques.

J’ai eu deux coups de cœur dernièrement, un pour ‘La Blessure, la vraie’ de François Bégaudeau qui m’a beaucoup parlé notamment du fait que l’époque, les lieux et les événements me sont très familiers. Et j’ai aussi, l’an passé, été perturbé par ’22/11/63′ de Stephen King et cette magnifique histoire mélangeant amour, nostalgie et science fiction. Actuellement je suis sur ‘Illska’ de Eiríkur Örn Norđdahl , un grand et beau roman troublant.

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Je me doutais que tu parlerais de Bégaudeau, j’ai très envie de lire celui-ci! Et si tu n’as pas eu l’occase encore de lire le S. King ‘Ecriture : mémoires d’un métier’, qui m’a été conseillé par une personne de valeur, précipite-toi dessus !

Question illustrateur, quel est ton préféré, qu’il s’agisse de books pour enfants, comics, dessin de presse… ?

Pour ce qui est des BD, j’ai une grosse préférence pour les comics, et en terme d’illustration, j’aime beaucoup ce qu’a fait Gabriel Rodriguez sur la série ‘Locke And Key’. J’aime aussi le travail de Sean Murphy et Eric Powell sur leurs comics. Coté français, et dans un style différents des américains, je trouve superbes les dessins de Xavier Fourquemin et de Bruno Maïorana. Une BD a beau avoir une histoire passionnante, si le dessin ne me plaît pas, je n’arrive pas à rentrer dedans.

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Puisqu’on en est à parler bouquins, quelle est ta bibliothèque préférée ?

J’ai toujours aimé les bibliothèques, avec un petit faible, il y a dix ans , pour celle du Mans, quand j’y habitais. Il faut dire que c’était feu Jean Luc Le Ténia qui s’occupait du rayon musique. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s’était autoproclamé meilleur chanteur français du monde, très drôle à écouter. Mais depuis que je suis sur Angers, je dois avouer que la bibliothèque de Trélazé est vraiment top. Et là encore il y a du beau monde avec le Forsaken Shadow (de ‘The Slim Wild Boar’) derrière son comptoir, qui est toujours près à refiler de super nouveautés BD et mangas, discuter de concerts, et parler de politique municipale !

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Yeah ! Si nous sommes faits des influences de nos familles et potes, je suis intimement persuadée qu’il réside en chacun de nous un peu de l’âme de nos médiathécaires.

Merci, Julos, et au plaisir de lire une prochaine personne qui a bon goût. Ce sera peut-être une fille, pour changer !

Oui et c’est normalement Claire de Stinky qui doit terminer l’année ! Après, si tu as des invités à me conseiller, je suis preneur . Je pense et compte sur toi pour 2016 !

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Marie : Mean-Eyed Cat

On continue avec un petit entretien ‘copine tatouée’, puisque, d’une part, tout le monde aime ça (ou devrait), et que ça intéresse au moins une personne, qui s’avère être moi. Mais il sera aussi question de Nantes, de books, d’animaux et de musique!

Rencard avec Marie, pas mal encrée de chatoyantes couleurs.

15 mars 2015

Le Tapazinc, Naoned.

Salut Marie, pour commencer, merci de te présenter! Age, job ou activité, ville, Mamzelle!

Marie : Olà ! Je m’appelle Marie, ou Ewarii quand je signe en graphisme. J’ai 34 ans cette année, eh oui, eh zut… J’ai deux chats, c’est important! Je vis en plein centre de Nantes, ça bouge et c’est un vrai petit village.

Je suis en formation sur deux ans pour devenir assistante vétérinaire spécialisée, enfin, être multitâche en clinique vétérinaire : secrétaire, vendeuse, infirmière gestionnaire de stock…

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Ok, comme on est au Tapazinc chez tes potes – ambiance tapas et Hellfest- qu’est-ce que tu bois?

Marie : Un demi ! Puis un Ricard, eh ouais!

 Je vais me contenter d’un verre de muscadet, Roger, servi dans un khantsi, merci.

Bon, Marie. Comme on disait avant d’avoir soif, tu es élève vétérinaire depuis cette année, je t’ai connue graphiste … Ce changement dans ton orientation vient-il du fait que le monde est encombré de graphistes et que c’était difficile de survivre, tu n’avais plus la foi, ou la zoothérapie te passionne depuis gamine?

Marie : Pour l’anecdote, en effet c’est la crise, surtout que je suis spécialisée dans l’institutionnel et qu’il y a de grosses coupes budgétaires. J’étais arrivée au bout de mes contacts pros, et lasse de toujours reprendre, recommencer, et créer sans liberté. Je cherchais donc un job alimentaire et un de mes meilleurs potes m’a parlé du métier d’assistante vétérinaire. J’ai cherché et compris que ça regroupait mes compétences et que ça bougeait beaucoup ! Contacts humains et avec les Zanimos, gestes techniques…

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Peux-tu me présenter la plus belle réal’ graphique, puisque tu n’as pas complètement arrêté, celle dont tu es particulièrement fière?

Marie : Ce n est peut pas la meilleure mais c est ma préférée du moment : c’était pour l’expo Skulls and Bones avec mon collectif.

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Yeah, love it! Tiens, tu regarderas aussi ce que fait la jeune Delphine avec Flowers and Bones. Tu continues sur quelques projets, donc?

Marie : Alors oui quand on me propose un projet mais ça s’arrête tranquillement et ça m’arrange! Je me consacre aux études… et au collectif La grosse mite :  de la bière, pas de branlette de graphistes qui se la racontent, et des gens qui se bougent ! Prochaine expo sur le Japon, puis Superman!

Okay, je vois que tu arrives également à un âge où on cut avec les faux-semblants… Et tu peux me raconter une semaine-type à l’école?

Marie : Oh bah c est pas bien violent! Mardi, 11h30, une heure de devoir sur table (je ne pensais pas en faire un jour!) donc révisions à l’arrache le week-end ! Et puis le reste de la semaine cours : soins infirmiers, législation, zoologie, parasitologie (bâtards de mots à rallonge en latin), accueil, anglais, biochimie, biologie cellulaire, physiologie et enfin anatomie.

Je fais mon stage hebdomadaire le samedi matin en structure et là je m’éclate! Je passe d’un soin sur animal à de la vente c’est speed ou calme, et selon les urgences, je finis entre 13h30 ou beaucoup plus tard!

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Let’s talk about tattoos, car la vie professionnelle ne fait pas tout, n’est-ce pas?
Je crois que tu en as un certain nombre, mais surtout qu’ils sont assez récents. Que s’est-il passé, d’un coup? Changement de vie, attirance subite pour l’art corporel, ton mec t’oblige…?

Marie : Oui le changement radical de vie y est pour beaucoup ! L’âge aussi, ça m’a toujours fascinée, et aujourd’hui j’arrive à un stade où je ne dois rien à personne. Et fuck! Et en tant que graphiste, tripper sur les motifs et couleurs, ça va de soi !

J’avais besoin, il y a 2 ans de me renouveler, de m’approprier mon identité, de marquer la fin d’une histoire et faire peau neuve.

C’est bien ce que j’avais cru comprendre, et je les trouve particulièrement réussis, autant que seyants. Peux-tu me les présenter, me raconter, soit d’où ils viennent, qui les a réalisés, les réactions autour de toi?

Marie : Ces 2 viennent de chez Mikado tatouages à Nantes ! L’hirondelle revient toujours au port, à la terre… Elle est porteuse d’espoir pour les marins, qui ainsi savent la côte proche.

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Un chat ! Obligé et old-school toujours ! Rien à dire, je vivrai toujours avec ces animaux… Toujours chez Mikado tatouages avec Sébastien Brightblack, je lui réserve mon bras !

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Celui-ci est pour mes grand-mères et maman, les roses pour mes aïeules, et la mésange pour môman, qui finit par trouver ça beau.

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Jolis petons dodus, j’adore!

Marie : … La cuisse par Vero de Vannes qui était en guest chez Iron Ink à Nantes, pas fini, pas de thunes…

11039708_10153076201503211_1188712236_nC’est le cerf de Princesse Mononoké, le Dieu, l’esprit de la forêt. J’ai craqué sur le style de Véro ! Elle est souvent en guest chez Corpus Memori

Encore un craquage à Turbo Zero à Nantes, j aimais le dessin en mode méga-bit des années 80…

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Ah oui, ça me rappelle Mariette, j’aime beaucoup…

Marie : … La tête de mort, forcément ! J’ai trouvé l’idée sur Pinterest et il a été réalisé par Stoo de Iron Ink. Là, j’ai douillé !

11042620_10153076201498211_443683003_nJe sais!

Marie : Le poignet est un coup de cœur d’un flash de Sébastien Brightblack, on a vraiment pris du plaisir à accorder les couleurs sur ce bras…

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Encore un coup de cœur Pinterest, par Lio de Iron Ink. D’ailleurs je vois qu’il faut retaper le noir!

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Et pour finir, la classique rose old-school… Je me tâte aussi à faire les côtes ou la poitrine !

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Tu peux les suivre sur Instagram : Mikadotatouages, Ironink, Verowl.

I’ll do. Maintenant, je vais te demander de me préconiser un disque, dont les artistes n’auraient en aucun cas un lien amical, amoureux ou familial avec toi.

Marie : Lien de shoppeuse en fouillant sur un blog,  je suis tombée sur la page du graphiste Jouch et son groupe : Naïve.

Énorme claque : Deftones, Envy, français, je suis une vrai groupie! Et j’ai pu les voir au Motocultor Fest…

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Okay, et un bouquin, qui t’aurait particulièrement plu dans les 30 dernières années. N’ayons peur ni de l’innovation, ni de l’antiquité.

Marie : Je lis beaucoup de romans graphiques, de Taniguchi à Trondheim, et de BD : Riad Sattouf et Manu Larcenet… Celle qui m’a ‘touchée au cœur’ est « Le combat ordinaire » de Larcenet, chronique d’un trentenaire angoissé, mais qui bosse et construit sa vie. Notre combat à tous avec nos failles.

Combat-ordinaire-serieJe me rends compte que je n’ai lu que le premier tome, merci pour la suggestion!

Marie, tu habites Nantes aujourd’hui. On s’est connues à Angers, tu as fait un détour avant ça par la Vendée, qui, comme chacun sait, si elle n’existait pas… bref, tu étais à St Jean de Monts, je crois. Donc, non pas que j’affectionne le 8-5 particulièrement, y a-t-il une raison particulière pour que tu aies quitté la mer qu’on voit danser pour rejoindre Naoned?

Marie : l’amuuuuur, la fin d’une histoire, le début d’une nouvelle vie, et de belles rencontres partout !

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Qu’est-ce qui te plaît particulièrement ici? Tu comptes rester un moment? Des bons plans à partager?

Marie : Après 4 déménagements en 2 ans !!! Je ne veux plus partir, j’ai trouvé ma vie, d’ailleurs, dernière news en date, une installation en couple dans le coin, et ouais !

Okay, donc si tu t’installes en couple, il est désormais CERTAIN que vous ne changerez pas de ville, ah ah!

Sinon, tu dois savoir que je me soucie beaucoup de l’expérience que mes interlocuteurs ont des bibliothèques! Par exemple, à Nantes, j’avais beaucoup aimé ma visite à la Médiathèque Floresca Guépin, notamment parce qu’elle est particulièrement bien aménagée pour les publics handicapés, qu’il s’agisse de ses équipements, services, ou de ses fonds. Je ne sais pas si tu la connais… Raconte-moi quelle est ta bibliothèque préférée, ici ou ailleurs, réelle ou imaginaire!

Marie : J’ ai beaucoup traîné à la bibliothèque Toussaint à Angers, où j ai pu emprunter tous les Guy Delisle. Son cadre est magnifique et apaisant. De la verdure et de grands volumes.

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Sur cette belle image, je te remercie et m’en vais boire une bonne bière place Bouffay en terrasse!

Merci & à bientôt Marie, on se revoit à Paris, rendez-vous devant le mur végétal le plus célèbre de la capitale. Et prends garde à la déshydratation.

Paris : Little Toulouse (and so much to win)

Après mon départ d’Angers il y a de cela quatre ans, escale à Toulouse et débarquement à Paris l’an passé, je me suis dit qu’il y avait peut-être un petit bilan à faire.
Vous l’aurez peut-être remarqué si vous lisez mes interviews, je m’intéresse de très près à la ville de mes interlocuteurs et à leurs modes de vie. A mon tour de conter mon histoire.
Signé, signé, Père Castor.

C’est avec une satisfaction non dissimulée que j’ai quitté Angers à l’été 2010. Non que la ville soit foncièrement désagréable, ou que j’y sois esseulée. Mais génétiquement, je suis programmée pour déménager tous les 3-4 ans, et ce séjour n’avait que trop duré, 1996-2010 (avec une mini-pause d’un an dans le profond Berry), les toiles d’araignées commençaient à se cramponner à mon coude.
J’y ai appris pas mal de choses, notamment en ce qui concerne les concerts (et les bibliothèques!) rencontré des gens chouettes et d’autres, passé de merveilleux moments et d’autres. Tout ça a fait partie de l’initiation de l’adulte en devenir que j’étais alors.
Il y a pourtant certains trucs que je ne supportais plus :
1/d’avoir l’impression de vivre en grande communauté qui se diviserait entre trois rades et deux restos. Pas un plan de sortie sans devoir appeler 200 personnes, qui de toutes manières allaient au même endroit que moi,
2/de ne pas trouver une p* de petite boutique sympa, non, je devais faire mes emplettes dans les franchises et les centres commerciaux (eux-mêmes conglomérats de Pimkie et autre Zara),
3/de ne pas rencontrer d’enthousiasme outre mesure à l’idée de bouger ses fesses bikinifiées plus loin que St Jean de Monts (‘si elle existait pas, il faudrait la Vendée’, hein), exotisme relativement modéré,
4/si par bonheur un groupe sympa passait, mettons, à l’Etincelle, j’avais le choix entre y aller seule (option privilégiée), aller me faire suer en allant suçoter un mojito toute la soirée en déblatérant sur la face du monde (productif) et en faisant mine d’avoir oublié l’existence dudit concert, ou encore me priver de ce gig et assouvir ma faim de sociabilité là où les gens dépensent la moitié de leur salaire en ardoise de bières.
[J’ai constaté ceci dit qu’il y avait pas mal de nouveautés niveau orga de concerts et mobilisation des foules, le crew WFP a bien repris le flambeau.]
Bref, étouffement, oppression.  Rien ne me rattachait donc plus à cette ville, les amis, on les garde pour la vie de toutes façons, si on le souhaite, et il n’y avait pas de job pour moi à 200 km alentours.
J’ai l’air un peu dur? Il n’y a évidemment rien de factuel dans ce que j’énonce, désolée les angevins, sorry l’Office de tourisme, juste un ressenti personnel à un moment de ma vie.

Alors, Toulouse, c’est un peu la ville, quand j’annonce que j’en viens, qui déchaîne les passions. Trop de beau temps, trop de tapas (VRAI) et trop de petit accent sympa. Trop?
Non que la réputation soit surfaite, mais je préviens tout de suite, il n’y a pas d’air en été et il caille en hiver. Pour le reste, tout dépend de ce que l’on attend.

J’ai effectivement redécouvert le plaisir de me dénuder, j’ai eu subitement l’impression d’avoir passé 1000 ans en paire de blue jean’s (je m’inscris en faux sur cette histoire de douceur angevine). Le bien-être de pouvoir me balader au coeur du mal, Carpentier centre-ville, seule et donc bien accompagnée, sans avoir à justifier de mes faits et gestes auprès des autorités locales, Bureau de l’avis sur la question. Bouquiner en extérieur des heures durant, me promener jusqu’à point d’heure sans embrouille puisque les rues ne sont jamais désertes…
Une autre chose que j’avais déjà constatée en venant en villégiature, c’est l’extraordinaire mixité de la ville, entre migrations récentes et plus anciennes, Erasmus et divers échanges estudiantins, gens des villes et gens des champs.
J’y ai découvert le club que je préfère pour le moment au monde, je crois : la Dynamo, en plein centre, une jauge de 250-300 places, où j’ai pu voir entre autres The Ex, Shellac, Leatherface, et tous les groupes de punk un peu en vogue (mais pas assez pour le Bikini). Comme il se doit, l’ouverture du lieu est régulièrement et malheureusement remise en question.
Le Connexion Café, très central aussi, offre une programmation pas dégueulasse, un peu plus hype, un peu (trop) after-work dans l’ambiance.
Des restos très cool, notamment le Ver Luisant, tout proche du marché un peu boboïsant St Aubin, le Delicatessen et l’Esquinade pour leurs tapas, le quartier piéton des Carmes… Si je n’en ai pas non plus la larme à l’oeil, du moins l’appétit me vient-il.

ver luisantJe souhaiterais revenir sur mon quartier, Arnaud B., qui pour certains s’apparente à l’antre du mal car peuplé par pas mal d’immigrés (de diverses générations), ce qui selon moi au contraire constitue un agrément des plus accueillants. A peine installée, et perdue en pleine nuit de retour de concert (je ne connaissais pas encore toutes les ruelles), on m’a raccompagnée chez moi afin que j’y rentre en toute sécurité. De bons souvenirs de repas de quartier également, animés et colorés, sans pour autant faire d’angélisme.
J’ai re-rencontré mon crush au Cri de la Mouette, concert organisé par la team Kicking Rds, huit ans après avoir croisé la route de ce teigneux bambin sosie de Magimel Groseille (à qui n’ai-je pas raconté ma passion pour Benoît?) : tout compte fait, cela a pris du temps, nécessité de la négociation, du scandale et beaucoup de hasard, pour le meilleur et pour le pire. La même soirée je liai connaissance  avec l’homme de l’ombre de la pop qui devait finalement devenir mon copilote en toutes circonstances, apéros et concerts n’étaient jamais omis.
J’évoquais à Angers la pauvreté en petites échoppes : il y en a plein et de tous poils à Toulouse, apparaissant telles des fleurs qui n’attendraient pas le printemps, et qui hébergent notamment les oeuvres de sympathiques autant que jeunes créatrices comme Mimi San , Chilia  ou encore Sheana Jungle.
J’ai adoré l’arrière-pays ariégeois (tu sais, là où tes potes viennent te chercher au TER, à la gare qui est elle-même située à 30 minutes de chez eux), tellement ressourçant, et aussi ses villes thermales empreintes de soleil, de bon vivre, de piscines über-chaudes et d’enquêtes rondement menées sur le dos de prétendus militants FN.

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C’est aussi la ville de mon premier job en bibliothèque, et le lieu où j’ai réussi mon first f*ckin’ concours! Champagne au sirop de flip, tu vas devoir partir à Paris, ma grande.J’ai d’abord cru que ça allait être l’ENFER SUR TERRE. Trouver un logement avec un salaire qui, s’il aurait été confortable n’importe où (sauf NYC ou London, évidemment), semblait tout simplement impossible à Paris. Je me figurai alors devoir habiter au Mans ou à Orléans, ou bien en toute simplicité dans un p* de HLM du Val Fourré. Perspective pour le moins réjouissante, et qui me faisait réaliser l’injustice des affectations de fonctionnaires : ‘toi, tu bosseras dans le cinquième, et tu gagneras la même chose que toi, qui habiteras Poitiers’.
Mais c’était sans compter la petite fée destin slash amitié qui a encore eu envie de veiller sur moi, et, sachant que je m’en tirerais le moins mal possible avec un proprio cool, le départ s’est plutôt fait dans l’allégresse, avec la réalisation que Magi-Billy et moi avions largement fait le tour de Toulouse. Trop petit (oui.), trop sudiste, trop de rugbymen, trop replié sur soi.
Et trop besoin d’appeler providence la fatalité.


(Chanson que j’ai eue en tête environ tout l’été)

Well, let’s go Diego, on vide le camion et les cartons, et cap sur la brand new life parisienne.
J’habite donc désormais St Ouen, dans le 9-3. J’ai la chance d’avoir le métro à deux pas, donc je me sens comme à Paris. Enfin pas tout à fait, puisque je suis usagère de la pire ligne de métro au monde, si l’on excepte celles de Tokyo, bien sûr. Donc quand je pars fresh she’s so fresh-douchée/Gemey Maybellinée, je suis certaine d’apparaître un peu plus gluante en ligne d’arrivée. La ligne 13 a été un de mes principaux problèmes il y a un an, mais j’ai décidé de, finalement, en faire fi et de ne pas parler de cela à longueur de journée (comme vous voyez).metro13

Je vais tout de suite faire un petit aparté sur le métro. Il y a deux choses insupportables :

1/Les habitants de province (‘les provinciaux’ est un terme qui semble les dénigrer, et j’en ai longtemps été une en goguette) se plaignent à tous les coups de ce moyen de transport. Bon Amon Donné, Paris est un peu fatigant si tu le traverses à pied, donc sachant cela, et s’ils n’ont pas la possibilité de faire tous leur déplacements en taxi, prenant en compte aussi qu’il y aurait beaucoup moins de monde s’il n’y avait pas de touristes (je vais un peu loin exprès, hein), je propose que tout le monde arrête de tirer le museau. Et si ces mêmes personnes pouvaient cesser immédiatement de twitter ‘Oh lala les parisiens font tous la tronche dans le métro, j’habiterai jamais ici #viedemerde’ ou ‘Oh moi, Paris, j’pourrais pas‘, cela leur éviterait de s’entendre répondre que certaines personnes n’ont éventuellement pas le choix, ou encore qu’elles ont opté pour une vie quite palpitante qui comporte tout de même certains désagréments, dont le métro, et qu’elles n’envient pas nécessairement pour autant leur habitation dans une rue piétonne nantaise. Ca va mieux en le disant.

2/Restons sur ce principe de faire mine de passer le meilleur moment de sa vie dans le métro. Evitons par pitié de hausser les yeux au ciel dès qu’un accordéoniste entre dans la rame. J’ai bien souvent trouvé les trajets beaucoup plus agréables grâce aux musiciens (sauf si j’étais en grande conversation à ce moment-là), comme ce chanteur de reggae avec sa gratte et sa voix totalement désaccordées au retour des dernières vacances de Noël. J’en ai pleuré de bonheur. Alors. Pourquoi sont-ce toujours les gens les plus aisés, et parfois les plus jeunes, qui aboient sur eux? Pourquoi en entends-je d’autres dire ‘Oui, mais moi je ne leur donne pas, ils n’ont pas la carte d’autorisation RATP’? You lie, you lie, you lie, aucune pièce ne sort jamais de ce sac à main trop bien gardé. D’autre part (j’en ai, des choses à dire), j’ai fait un rapide calcul, et je rassure tout le monde, il n’y a aucun risque pour que leurs revenus n’excèdent une heure de cours de guitare donnée par un prof assermenté. La rivière suit son cours et les pauvres ne vont pas prendre la place des riches. Même chose pour les (autres) gens qui demandent une pièce : mettons qu’on file 2 euros par jour ouvré de la semaine (mettons qu’on soit radin le week-end, donc) à des gens qui en ont besoin, ça fait environ 40 balles par mois, ce qui semble énorme comme ça, mais ce n’est juste rien en regard d’un budget global mensuel. Et comme le disait un covoitureur il y a peu, mieux vaut se faire avoir et donner à quelqu’un qui n’en a pas besoin que de passer à côté de quelqu’un qui vit dans le dénuement.
Aparté un peu long et socialiste s’il en est, mais certaines vérités méritent parfois d’être soulignées.

300816_2X7EZ4AWKY6XGODTTMG67I3L4OZJDT_schtroumpf_musicien_H185032_LDonc, je reviens à St Ouen. On est quand même mieux à la maison.
Seine-Saint-Denis-Style, la ville est mignonne, populaire, pas craignos. Ne pas lire et croire les forums. Les épiceries turques côtoient sans souci le Monoprice, les Puces et le marché rameutent leur lot de touristes, il y a une cool salle de concert/ locaux de repet’ qui fourmille de collectifs, de side-projects estampillés Mains d’Oeuvres. Je me sens bien mieux ici que si j’avais du habiter dans certains quartiers huppés totalement morts, et qui ne présentent a priori pour intérêt que de magnifiques bâtiments autour desquels on aurait construit une frontière imaginaire comme celle qui sépare les palais de contes de fées et la Cour des miracles. Je ne cracherais pas sur une offre d’habitation à Bastille, hein.

Si l’on omet les loyers abusifs, je ne trouve pas que la vie à Paris soit exceptionnellement plus chère qu’ailleurs. Je pense que tout s’est un peu lissé au moment du passage à l’euro, ma bonne dame. Les resto sont abordables partout, le vin est cher partout. End of the story.
A propos de ça, la seule chose qui me manque vraiment ici serait un bon spot de tapas. Je me suis faite avoir toutes les fois que j’ai suivi des avis internet, j’ai trouvé des restos trop branchouilles et des nice, mais pas le vrai Tapas cher à mon coeur. Bouteille à la mer comme pour l’appart’ à Bastille, lecteurs!

Parmi les plaisirs de ma vie à Paris, je citerais aléatoirement : les vide-greniers avec de belles robes à 1 balle, l’animation du lundi au dimanche, les Puces et ses célébrités, le Jardin des Plantes collé à mon job, les balades en bus (bien moins chères que les Open Tour Paris), les visites de potes, les rencontres et les retrouvailles, un job super, la Seine, le 36 Quai des Orfèvres et le Palais de Justice, les shops remplis de choses mignonnes, les brasseries qui font des angles, le train-train et l’imprévu, les petits concerts, les nouvelles activités de mon mec qui le rendent heureux, les Guerrisol, la place centrale de la ville qui permet de prendre un train ou un covoit’ pour la destination de ton choix facilement, Barbès et la Goutte d’Or le samedi en fin de journée, que sais-je encore.
Et le plaisir de pouvoir s’en évader parfois pour aller respirer l’Atlantique.

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