Delphine T. : There Are Already Roses

Rencontre avec Delphine Tournier

14 octobre 2014, entre une réunion de son asso et une mission collage d’affiches dans Bordeaux avec ses copines.

Hey baby,
Oui, je peux t’appeler comme ça puisque j’ai à peu près l’âge d’être ta mère super précoce. 1990, bordel. En tant que presque telle, je t’ai apporté un petit cadeau
, ça te fait plaisir?

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Hey ! Ah ah, ma mère (même super précoce), non tu déconnes ? J’sais pas trop quel âge tu as, ouais pas douée à ce jeu-là, mais t’as pas de soucis à te faire ! Merci pour le cadeau, c’est cool !

Oui, je t’ai constitué un boys band de rêve avec Billy the Kill, Frank Turner, Forest Pooky, Laura Jane Grace (un peu de douceur dans ce monde de brutaux folkeux), Tim Vantol et Chuck Ragan. Mais tu les auras reconnus.
Commençons par parler un peu de bidules de ‘filles du rock’, sans évoquer tout de suite la musique. As-tu des petites passions, comme, je ne sais pas, la dégustation de cupcakes ?

Alors, alors ! Oui, j’ai tout un tas de petites passions comme tu dis, pour commencer je fais les meilleurs muffins aux fruits rouges de toute la Terre, si si ! Mes amis et un paquet de musiciens peuvent confirmer la chose !
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… la main agile pour coudre des robes à pois ou au motif léopard? Une activité clandestine de strip-teaseuse burlesque? Le Roller Derby?

Le Roller Derby, je m’étais promis de m’y mettre en arrivant sur Bordeaux et puis les mois ont passé… Mais je garde toujours ça dans un petit coin de ma tête même si je t’avoue que je n’y connais pas grand’chose, je n’ai vu qu’un match mais ça reste un univers qui m’attire pas mal ! Un jour peut-être ? Who knows…

… une petite collection de bijoux ou de lunettes à paillettes? Une expertise en ce qui concerne le vin blanc sec? A moins que tu ne développes plutôt un côté punk-à-chien, avec ta petite rate Zoé? Dis-moi tout!

J’ai une sacrée collection de bijoux…Trop ? Nooooonnnnn. Beaucoup d’entre eux sont des créations de Dolly Valentine, et de Bloody Frills aussi. Tu devrais aller voir ce que font ces filles, si tu ne connais pas déjà, c’est méga chouette !

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J’ai eu ma (toute) petite période aussi, de création d’accessoires girly. J’ai fabriqué avec mes petites mains des pinces à cheveux et broches avec nœuds & badges. Oui, parce que je fabrique aussi des badges, la plupart du temps pour les groupes ! Du coup, tu trouves des badges éparpillés un peu partout chez moi, entre ceux que je fais pour moi comme ça pour le fun et ceux qu’on me commande.

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Punk-à-chien ? Hmm, très peu pour moi ! Et ma petite Zoé est partie depuis quelques années déjà. RIP.

J’ai un petit lapin depuis quelques mois, Pooky !

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Sinon, ouais tout plein de trucs à paillettes, des trucs de filles quoi !

T’avais pas parlé de vin blanc au fait ? Hmmm, ça et le rosé… Oui parce que j’aime pas le vin rouge, pas encore, je suis trop jeune, paraît-il. C’est comme le foie gras, je n’aime pas ça alors que je suis née en Dordogne, le pays du foie gras. Va comprendre ! Peut-être que ça viendra en grandissant/vieillissant. J’ai dit « vieillissant » ? Eurk. Oublie ça de suite. 25 ans en février prochain et ça m’angoisse…

Rassure-toi, tout vient à point, en tout cas en ce qui concerne le vin rouge. Ton lapin est adorable…

Well, Delphine, let’s talk about rock. Tu fais partie de cette asso bordelaise, Rock’n’Roll Agreement, avec 3 autres nanas, si je ne m’abuse… Est-ce volontaire, par exemple pour être bien identifiées dans la scène punk-rock française, une simple histoire d’accointance entre copines, ou parce que vous avez eu des expériences un peu malheureuses dans une asso mixte. Une réminiscence féministe 70s « Péril jeune »-style?

Ouii! En fait, nous ne sommes plus que 3 depuis le début de l’année, Shirley étant actuellement en Australie.
J’ai rejoint les filles en janvier 2013, et quelle belle aventure depuis! Si c’est volontaire ? A l’origine non, parce qu’il y avait un mec au début de Rock’n’Roll Agreement, il s’occupait du son pendant les concerts, puis le temps a passé et quelques membres de l’asso sont partis. La vie quoi.
Mais Léa & Audrey ont toujours porté le truc, leur bébé comme elles aiment souvent l’appeler. Personnellement, je pense qu’il n’y a pas assez de filles dans ce monde-là, dans le punk-rock, tout-ça et encore moins de filles qui organisent des concerts, qui gèrent des soirées de A à Z toutes seules. On a trouvé notre équilibre toutes les 3, chacune a plus ou moins son rôle et on fonctionne plutôt bien comme ça ! Donc aujourd’hui oui, c’est volontaire de ne rester qu’entre filles. On nous a même surnommées les supers nanas ! (Ed de UNCO/Not Scientists/Sons Of Buddha).

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Ah ah, je suis certaine que tu es Bulle, la rêveuse, amie des animaux. Moi, j’étais Rebelle, un peu plus naughty by nature.

Bref, l’asso existe depuis combien de temps? Une idée du nombre de concerts que vous avez déjà organisés?

L’asso existe depuis 2010 ! On va fêter nos 5 ans en mai prochain, wouuh ! Et ouais, j’ai les chiffres : 70 concerts au compteur !

Quels sont les plus notoires, les meilleurs souvenirs?
Les meilleurs souvenirs ? Je dirais UNCO + DIRTY FONZY pour la tournée « Attack Of The Living Dead Punkers », Dead To Me, Mute, MXPX. Je ne faisais pas encore partie de l’asso à l’époque, je ne connaissais même pas les filles mais je faisais déjà la route depuis Périgueux ou Angoulême pour aller à ces concerts ! Je crois que nous devions nous rencontrer toutes les 3, et c’est arrivé !

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Ensuite, il y a les concerts auxquels j’ai participé côté orga : les 3 ans de l’asso avec Guerilla Poubelle, Charly Fiasco. The Menzingers avec Apologies, I Have None : il a fait teeellement chaud ce soir-là à l’Heretic Club (Bordeaux) !! Sons Of Buddha, 2 fois ! Fights & Fires à L’Antidote, vraiment pas grand monde ce soir-là, mais les mecs ont joué comme si la cave était remplie! Et puis encore un anniversaire : les 4 ans de l’asso avec Hogwash. Authority Zero cet été. J’en oublie plein, mais tout ça c’est des étoiles dans les yeux quand tu y repenses ! Comme je dis souvent : les concerts c’est la vie.

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Et quels sont les prochains sur la liste?

Oh, les prochains : Antillectual le 17 octobre ! Tellement hâte de les revoir… On fait aussi The Kendolls, Water Mane et nos copains de Shut Up ! Twist Again en novembre !

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Je vois que je ne me suis pas trop plantée dans ma petite surprise visuelle. J’ai l’impression que vous faites souvent jouer des potes… peut-être me trompé-je, hein?! Est-ce juste un lien de cause à effet, ou vous vous faites de petits plaisirs?
Ah oui, peut-être ! Après on essaye vraiment de faire plaisir à tout le monde, à nous, comme aux gens qui viennent aux concerts. Et puis y’a des groupes, si c’était pas des copains, ils le deviennent avec le temps…

Tu écoutes essentiellement du punk-rock? Cite-moi tes groupes pref’ français, et autres…

Oui, essentiellement du punk-rock ! J’écoute d’autres styles parfois, comme du post-rock/expérimental (style This Will Destroy You, Explosions in the Sky, Immanu El, etc.), des trucs tout mignons/tout calmes genre Cocoon ou Of Monsters & Men. Mais j’en reviens toujours aux mêmes groupes, et aux mêmes styles : punk-rock / pop-punk / punk mélo / hardcore mélo / indie rock. Mes groupes préférés ? LA question qu’il ne fallait pas poser parce que demain on y est encore ! Non, j’vais essayer de faire court Uncommonmenfrommars pour commencer, même si le groupe n’est « plus d’actualité », ils restent mes préférés ! Ensuite je dirais les canadiens de The Flatliners, vu 3 ou 4 fois en concert ! J’aime vraiment beaucoup ce que fait Forest Pooky (non, c’est vrai ? On n’avait toujours pas compris.) et évidemment Sons Of Buddha, Not Scientists. Dans les français, y’a aussi les Dead Pop Club et les Flying Donuts. Mes chouchous que j’écoute beaucoup depuis cette année ou l’année dernière : Real Friends, I Am The Avalanche, Iron Chic. La liste est encore tellement looongue !

Ok, je constate qu’il n’y a pas beaucoup d’idoles féminines, des trucs type L7, Hole, les groupes de Portland, les Pussycat Dolls !

Parlons maintenant un peu de tes activités annexes, même si elles sont très liées finalement à ces concerts… La photo d’abord, je vois qu’il t’arrive d’exposer, en tout cas tu m’as bien l’air de ne jamais te déplacer sans te camoufler derrière ton objectif.

Oui, effectivement ! Tout tourne plus ou moins autour de ça. La photo oui, une grande passion ! 7 expos déjà ! Le temps passe tellement vite.

Cette passion t’es venue il y a longtemps, laisse-moi deviner, vous aviez une chambre noire avec ton papa?
J’ai commencé à aller voir des concerts en 2007 et j’ai commencé à prendre des photos au même moment. J’ai voulu une guitare à l’âge de 17-18 ans, j’en ai eu une et puis rien. Jouer de la musique ce n’était pas pour moi, je préfère regarder/écouter ceux qui savent et sont doués pour ça ! Et non, Papa n’avait pas de chambre noire à la maison. D’ailleurs ils étaient plus tournés vers le sport chez moi, donc les concerts tout-ça, un monde totalement inconnu. Je me rappelle quand mon père venait me chercher après ces concerts justement, en sortant de son entraînement de rugby du vendredi soir. Je faisais semblant de ne pas voir les appels de mon père pour rester un peu plus longtemps. Mais chuuut, faudra pas lui dire ! Du coup, la photo m’est venue un peu plus de ma maman, je sais qu’elle a toujours fait, et ça depuis tout petits avec mon frère. C’est d’ailleurs son compact numérique que j’empruntais pour faire des photos pendant les concerts.

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C’est finalement une activité qui t’a permis de te rapprocher des groupes en légitimant ta présence constante?

Tout juste : la photo m’a permis de me rapprocher des groupes, de pouvoir dire : Hé j’ai fait quelques photos de vous, super concert ! Tu pourras les voir sur mon Myspace ! Ah ah, petite adolescente timide que j’étais ! (que je suis encore un peu ? Timide hein, pas ado)

Bref. C’est con, mais d’évoluer dans ce milieu m’a tellement apporté ! Et ça depuis « mon apprentissage » dans la famille Some Produkt.

Le graphisme maintenant : j’aime beaucoup ce que j’ai pu voir de tes créations, notamment les affiches et pochettes de disques… Est-ce que ton job est lié à ça?

Merci, merci ça fait toujours plaisir d’entendre ça ! Je suis graphiste multimédia pour une chaîne de magasin de jouets (300 magasins copaaiiins!), c’est beaucoup moins fun que de faire des affiches et pochettes de disques ou vinyls, mais bon. J’ai bien compris que ce serait plus que difficile d’en vivre, surtout dans ce milieu-là, alors je garde ça pour mes soirées et week-end, comme la photo !

‘Flowers & Bones’, c’est une boîte, ou simplement une vitrine d’exposition de ton univers des plus délicieux?
Flowers & Bones, c’est un « pseudo » que j’ai adopté y’a de longues années déjà via la photo et maintenant pour mes réalisations graphiques.

Un petit lien vers mon portfolio/ma délicieuse vitrine…

Evidemment, petite impatiente, j’allais le partager avec les lecteurs, c’est par là !

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J’ai cru aussi apercevoir un petit zine papier, ‘Kids of the black hole’… finito? Participes-tu à d’autres publications du type?

Oui, l’aventure n’a duré que quelques mois. Par manque de temps principalement. Et… non, rien d’autre dans ce délire-là.

Des émissions radio?
Pas d’émission de radio non plus !

Too bad, je pense que tu as pas mal de choses à raconter, des concerts à annoncer, des secrets de rockeuse de diamant à partager.

Delphine. Tu es une fille du Grand Ouest, de celles qui respirent la santé avec leurs joues roses fouettées par le bon air de l’Atlantique… J’ai vu que tu avais vécu à Périgueux, Angoulême, and now Bordeaux…

Et oui, alors j’ai grandi à Périgueux et je suis partie pour mes études : lycée professionnel sur Bordeaux puis mon BTS en alternance à Angoulême. Ensuite, je suis revenue sur Périgueux pour bosser 2 ans et me voilà à Bordeaux.

Tu as une petite préférence?
Je dirais Bordeaux, plus j’apprends à connaître cette ville et plus je m’y plais.

Et tu te vois où d’ici 5-10 ans?

D’ici 5-10 ans, peut-être encore ici. Ou pas du tout. Qui vivra verra.

Pendant qu’on en est à parler géographie, je sais que tu pars très bientôt faire un petit séjour à Bruxelles. J’ai comme l’impression que la Belgique est ‘the place to be’ en ce moment, ou est-ce mon côté monomaniaque…

Ouuiii la Belgique ! « The place to be », je sais pas trop, personnellement j’y vais pour voir mon petit frère ! Il y fait ses études depuis 2 ans maintenant. Ce sera mon troisième séjour là-bas, j’ai hâte ! De changer d’air le temps d’un grand week-end et de passer un moment en famille parce que ce n’est pas souvent.

Tu as déjà des idées de visites, musées, shop, concerts? Des présupposés bons plans à partager?
Des idées de visites et autres, justement il faut que je prépare un petit programme car je ne connais pas encore bien la ville et je suis sûre qu’il y a de quoi faire, à part évidemment le passage au Délirium pour déguster quelques bières…

Oui, la ville ne se résume pas aux bières et au chocolat, fort heureusement. Je suis certaine que tu vas dégotter un concert au Magasin4 ou au DNA (j’ai raté Sons of Buddha au Spione à quelques heures près, figure-toi), des petits disquaires, des boutiques vintage et de jouets bien buenos, des bars du côté de Ste Catherine…
Bon, bon, bon, comme je suis une fille très constante, je vais te demander de me raconter une petite anecdote ou un bon souvenir de bibliothèque, ainsi que ton spot préféré en la matière…
Ca tombe plutôt bien parce que mon père travaille dans une bibliothèque ! Mais ce n’est pas une bibliothèque comme les autres car elle n’est pas ouverte au public, c’est une bibliothèque départementale de prêt destinée donc à toutes les communes de la Dordogne.

J’y ai passé pas mal de temps à l’époque du collège, avant d’aller en cours le matin et à la sortie le soir. J’adorais parcourir les rayons, fouiner dans telle ou telle partie du dépôt à la recherche de bouquins et CD. Même que s’ils ont des disques comme Foo Fighters, Green Day et toute la discographie de Blink-182 c’est grâce à (ou à cause de) moi !

Rarement remis les pieds dans une bibliothèque depuis ce temps-là je l’avoue, mais puisque mon père pouvait me rapporter à la maison n’importe quel livre ou autre, j’en ai profité quelques années !

I KNOW ! J’ai raconté des petits souvenirs de bibli ici , et j’évoque ce type de bibliothèques que je connais bien. J’ai aussi fait acheter toutes les discographies qui m’intéressaient. Malheureux ceux qui n’y ont pas un accès direct.

Allez, le meilleur pour la (presque) fin, LES TATOUAGES, vous en avez pas mal, jeune fille! Où trouves-tu le pognon? Kiddin’…

Ah ah ah ! Oh oui, quelques uns…

Parle-moi de l’un d’entre eux, et donne-moi sa raison d’exister, ou une aventure qui te serait arrivée avec lui…

Hmm… Lequel vais-je choisir … ? Difficile ! La signification d’une de mes pièces est un peu triste donc on va éviter ça pour le mot de la presque fin !

Allez, celui que j’ai sur le haut du bras : ma « demoiselle aux fruits rouges » comme j’aime l’appeler. Réalisé par la talentueuse Virginie B., elle est apprentie chez Dimitri HK mais ouvre son propre shop début janvier près de Paris ! C’est ma plus grosse pièce pour le moment ! Je dis « pour le moment » parce que tu te doutes bien que je ne compte pas m’arrêter là. Hé hé ! On s’est inspirées d’une illustration que j’ai chez moi, que j’avais acheté à Virginie quelques années plus tôt : une jolie demoiselle entourée de fraises. Elle a retravaillé le dessin avec mes indications, je voulais en plus des fraises, des cerises, des framboises, des myrtilles, enfin toutes la famille des fruits rouges quoi ! Sa raison d’être ? Simplement parce que je raffole des fruits rouges, surtout dans les muffins tout-ça, enfin tu as compris.

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J’ai tout à fait compris, et j’aime beaucoup le travail de la demoiselle que l’on peut retrouver ici

Merci ma grande, et juste avant que je ne te laisse aller engluer la ville de tes affiches, balance-moi un titre de livre et un album à se procurer absolument. Comme tu l’as bien compris, la promotion amicale est prohibée. Sorry, les amis de Delphine.
Ah ah, bon ok, désolée les copains. Alors je dirais le dernier de The Copyrights : « Report », je l’écoute juste en boucle !

Et un bouquin ? « Explosions textiles » de Nasty Samy. Je l’ai à peine commencé, mais ça me plaît déjà ! Un paquet de gens cool (musiciens, journalistes, illustrateurs, etc.) parlent de leur premier t-shirt de groupe. Hyper intéressant !

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Au passage, j’en ai moi-même une sacrée collection ! Plus de 100, si si c’est vrai. Oups. Une centaine de t-shirts, mais tu mets toujours les 3-4 mêmes ! Ah ah !!

Tu es une petite tricheuse car je suis certaine que tu connais un peu le Maître de cérémonie. En tout cas, j’espère qu’il pensera à toi pour un Tome 2 : si le book est effectivement passionnant, il manque cruellement de témoignages féminins. Nous aussi nous habillons. Girls just wanna have fun wear band tees too.

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Carolyne Missdigriz : Infiltrate the system

Rencontre avec Carolyne Missdigriz, jeudi 02/10/2014, 2.22 AM

Dans sa chambre entre deux opérations coup de poing.


Salut Carolyne,
Tu m’excuseras mignonne, on se connaît peu, aussi, ce qu’on va faire, c’est que je vais te livrer ce que j’ai l’impression de connaître de toi, et on va tout reconstruire, okay?

Ok, Cool, pour une fois que je suis de l’autre côté d’une interview !

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Mon plaisir. J’ai découvert tes créations Missdigriz en septembre 2009, quand mon frère m’a offert un magnifique étui à lunettes fait de bulgomme (ndr : les nappes en caoutchouc strié dans lesquelles on aime enfoncer ses ongles chez les grand-parents) et de tissu skully… C’était assez original pour l’époque, toutes les nanas du monde n’avaient pas encore un stand attitré dans les vide-greniers vintage… Qu’en est-il aujourd’hui? Tu as toujours le temps et l’envie de bosser là-dessus?

J’ai effectivement porté un petit moment la casquette, ou le bob en bulgomme, d’humble artisane créatrice d’accessoires « fous, futiles et colorfull », pas mal à base de matériaux de récup hasardeux et détournés sous la griffe « Missdigriz Factory ». Ce fut une période assez drôle, improbable…et joyeusement précaire durant 5 /6 ans, qui finalement a englobé la faste période où j’ai vécu dans la ville rose. C’était marrant de s’auto-exploiter pour enquiller les stands de France et de Navarre, du stand sur un marché d’un village perdu, où les âmes locales mataient avec une certaine circonspection tes shortys rose « Missdigriz Razorblade Pussycat », aux trucs plus gros comme les Japan Expo, où là, c’est toi qui te sentais légèrement comme dans « Lost in Translation », le tout avec les copinettes créatrices, souvent toulousaines, davantage punkettes à Kro que total kawaï ! A côté de ça, je ne dormais plus des masses et pour survivre, j’enquillais aussi jusqu’à parfois 3 jobs pas top à la fois, du bénévolat avec mes potes précaires du GAF (ndr : Groupe Amitié Fraternité), les chroniques d’une émission radio bien nommée « Backroom » et la fête, que je prenais assez sérieusement à cette époque. Je pense que ce regain de nostalgie répond partiellement à ta question initiale : En fait, j’ai pensé faire trembler Vuitton et révolutionner le monde de la mode à grand renfort de pochettes têtes de mort en bulgomme. De fait, j’ai traçé à Bruxelles pour entamer un Bachelor en modélisme et design textile, mais en milieu d’une course éreintante entre école et barmaid de nuit pour manger, la crise aidant, j’ai réalisé que mon plan de carrière était légèrement foireux, voire kamikaze. Mon corps commençait aussi à me dire merde et pour couronner le tout, mon blog qui condensait tout le cheminement parcouru et la vitrine de mon boulot a bugué et tout a disparu à jamais dans le vortex des Internet. J’ai pris ça comme un signe. J’ai raccroché sans jamais trop l’admettre, c’est passé d’activité prioritaire à un loisir de détente. J’ai toujours mon atelier en place, je propose notamment des colliers à base de récup’ détournée, j’ai étudié en cours du soir les rudiments de la bijouterie, je fais mon possible pour de temps à autre, proposer des minis collections-capsules, des customisations (durant une nuit de blackout, j’ai remporté une presse à chaud aux enchères sur Ebay, surprise et facepalm lors de la livraison) ou des créations sur commande. J’ai aussi une idée de projet-hommage aux 90’s qui s’appellerait « Nonante 4 » … Mais pour ma santé physique et mentale, c’est encore en stand-by dans les placards de mon atelier et de mon esprit.

Bon. Après ces tumultueuses années où tu étais en plus, je te rappelle, projectionniste dans un ciné d’arts & essais à Toulouse, aujourd’hui te voilà repartie pour apprendre le journalisme d’investigation !
Explique-moi la différence fondamentale entre le journalisme classique et celui qui t’intéresse… Si c’est une histoire de durée d’enquête, tu penses que les types qui bossent pour l’émission ‘Strip-Tease’, et dont on sait qu’ils restent parfois jusqu’à deux ans chez les sujets pour capturer les meilleurs instants et le plus de naturel, font du journalisme d’investigation? A ce propos, j’aimerais savoir si tu penses que cette émission, bien souvent notée de TTT par Télérama, est fondamentalement différente des programmes diffusés par NRJ12 ou TF1 (« Tellement vrai » et autres joyeusetés)?

Avec le journalisme, tout comme la littérature, la musique ou discipline que j’adule, j’ai une approche très humble. J’ai presque peur de m’y coller par crainte de mal faire et par respect. Je n’ai plus la télé depuis plus de dix ans. Je ne pourrais définir globalement ce qu’est le journalisme, surtout actuellement, où il subit une totale mutation mais en tous cas, pour faire de l’investigation, il fait avoir des idéaux, oublier la notion d’objectivité, utiliser toutes les informations, data ou pas, en open-source ou pas, créer une et des hypothèses, « peupler son village » de protagonistes, suspects, victimes et faire son possible pour dénouer une histoire. Faire de l’investigation, c’est savoir raconter une histoire, ne pas aimer l’impunité et ne pas avoir peur de bien ramer avec subtilité pour arriver à ses fins, tout en étant malin comme un singe (ou Colombo).

Pour ‘Strip-tease’, c’est vrai que souvent, la star était un certain pathos mis en exergue souvent grâce à la proximité du tournage, aux personnalités choisies et au montage, mais de là à comparer ça à ‘Bienvenue chez les Ch’tis’, quand même !

Je te titillais, ainsi que toute la Belgique réunie. Revenons-en à nos chatons… Sur quel type d’investigation tu aimerais être missionnée?

J’ai déjà démarré une investigation. Je ne peux trop en dire mais en gros, l’impunité me débecte. Je me penche beaucoup sur la question d’utilisation d’armes sub-létales par les organes de la sécurité intérieure. Tout ça est lié à la loi LOPSI, en France en tous cas.

Dis-moi, Secret girl, quels grands journaliste t’inspirent?

Dans mon idéal de journaliste, ce serait un mix improbable de Hunter S. Thompson pour ce côté si affranchi, novateur, aventureux, borderline et génial, Edwy Plenel pour la moustache et l’efficacité, et April’O’Neal pour son réseau sous-terrain si cool et sa salopette jaune plutôt seyante.

J’irais me renseigner sur cette histoire de salopette, pour les deux autres j’étais certaine que tu les citerais ! Sinon, tu as un blog, tu es journaliste gonzo autoproclamée, tu animes une émission radio, tu peux me parler un peu de TOUT CA?

Oui donc après cette longue phase plutôt manuelle, palpable et artisanale, je suis revenue vers mes fondamentaux ici à Bruxelles : L’écriture, l’observation, les chroniques, l’introspection. Le pouvoir du stylo Bic noir encre fine. Après une longue phase d’écriture compulsive à tendance introspective, j’ai eu la chance d’offrir de mon temps et d’ouvrir de nouveau ma plume en chroniquant pour la rubrique subculturelle d’un feu webzine Bruxellois nommé « Feever, la culture sans vaseline ». J’ai croisé et interviewé de géniaux cinglés : Les Toy Dolls, Liu Bolin, Otto Von Schirach, Jimmy Pantera Seth Gueko … Pour ces entrevues et pour les revues de concerts, c’était plutôt une approche gonzo revendiquée. On peut retrouver tout ça sur mon blog , avec d’autres travaux rédactionnels.

La radio, c’était il y a quelques années sur Toulouse, pour Radio Occitanie. L’émission, 2 heures hebdo de direct s’appelait « Backroom, l’émission gay des précaires décadents » Un pote qui devait reprendre une émission gay sur radio Occitanie. Déjà, dit comme ça, c’est tout un programme. Il a voulu éviter le côté guetto gay et a ramené les potes dont je faisais partie. Après le direct de la première émission, on était certains de nous faire virer sur le champ mais au contraire, l’audimat a explosé et la direction nous a encouragé à nous lâcher sans autocensure. Ca a été 3 géniales années de chroniques on ne peut plus barrées entre potes, des moments d’intenses émotions aussi, de la moquette murales, des jingles débiles podcastés sur Myspace avec un mini-disc, de l’amateurisme empli de stupre et d’amour dégenré sans limite, et des chroniques utiles comme « les fétichistes du mohair, la typologie d’expulsions locales de squats LGBT ou la musculation du périnée ». Pour moi, il y a eu un avant et un après ‘Backroom’. Je dois énormément à cette aventure dans mon cheminement personnel.

Et en plus de ça, tu créés des maquillages fantastiques …

Le grimage, c’est un autre item du couteau suisse que je m’applique à devenir : c’est plus récent. La Belgique possède un truc particulier, unique et formidable. Je ne parle pas de la sauce samurai mais de la formation continue démocratisée, notamment en cours du soir. Donc oui, après deux ans d’apprentissage aux Arts et Métiers avec un prof adorable nommé Stan, je peux prétendre à pouvoir réaliser des make-up FX et des grimages fun mais attention ! j’ai du mal avec les princesses et les papillons ! Plus sérieusement, c’est assez tripant d’avoir accès à un visage pour l’utiliser comme un tableau. J’aime beaucoup l’intimité et la proximité incongrue que cela crée.

Parlons dollars belges si tu veux bien, do you have an alimentaire job?

Actuellement, mon job est plus qu’alimentaire ! Je travaille comme responsable de projets éco-solidaire pour un organe de la région de Bruxelles qui s’occupe de la gestion environnementale. Ma mission, entre autre, est de développer une ressourcerie dans un futur écopole régional. L’air de rien, ça occupe quand même trente heures de ma semaine, et comme si ça ne suffisait pas, j’ai dealé des cours de communication environnementale en soirée. Mais bon, des jobs alimentaires, pendant près de douze ans, je n’ai fais quasiment que ça : de Pizzaïola à Lutin de Noel à psy pour alcooliques heu, barmaid, pardon !

Oui, je te remercie d’ailleurs d’avoir pu te libérer, et de m’accorder ce temps. Enfin, je vois que tu as des choses à dire ! Donc, en dehors de toutes ces activités, tu es une personne qui a une vision assez alternative de la vie en société, un peu germanique selon moi… Peux-tu me parler du projet « A récup' », que je connais toutefois un peu pour l’avoir pratiqué avec enthousiasme à Paris et Toulouse?

Germanique, je ne sais pas, ça me surprends parce que mon parcours est beaucoup trop foutraque pour ça, mais si, je pense comprendre : c’est vrai que les pays du nord de l’Europe sont assez au point avec la conscientisation éco-environnementale. Le projet A Récup’  est mon dernier (gros) bébé. C’est encore parti de manière improbable et anecdotique : Habituée à glaner dans la rue, j’ai constaté qu’il serait cool de communiquer sur les items si nombreux et en bon état à récupérer à un plus grand nombre de gens. De ce constat a démarré un bête groupe Facebook « BXL à Récup’ » et là, ça a décollé de manière totalement inattendue. Les gens ont vite souhaité aussi pouvoir y donner, demander ou échanger gratuitement des objets entre eux. Après un an et demi, il y a près de 17 000 membres Bruxellois et environs 25 000 adhérents entre les villes de France et de Belgique. Les 3 maîtres mots sont Eco-Solidarité, Altruisme, Bienveillance. Les cool feedback et la bonne énergie que cela génère m’emplissent de joie, c’est grâce à ça que j’ai actuellement un chouette boulot et là, je planche sur la création d’une plateforme internet dédiée… Mieux que d’en parler des heures, essayez !

Oui, essayez. Et tu prends part à d’autres activismes? Tu es une personne engagée dans un parti politique, ou tu penses, comme moi, que la politique est surtout une affaire de mode de vie, d’idéaux et de pensée, à vivre au quotidien?

Je pense que tout acte choisi dans sa vie, même le plus anodin est politique. Roland Barthes en parlait plutôt bien et de manière ludique, et Sartre disait « Vous êtes responsables en tant qu’individu ». J’aime bien me rappeler cette maxime. Donc oui, si l’on est doté-e de conscience et d’un soupçon de sensibilité, nous avons forcément des idéaux et des combats. Je ne suis pas affiliée à un parti, même si je préfère que la gauche soit au pouvoir, pour moi, c’est toujours un peu moins pire que le pire. Mais ces gens là ne me représentent pas vraiment et je me sens carrément plus proche des mouvements émergeants post-capitalistes ou de personnages assez radicaux comme Enric Duran (ndr : le Robin des banques). Évidemment, j’apprécierais aussi que l’on s’affranchisse de codifications genrées, que Coca-Cola fasse banqueroute, que les nanas ne soient plus contraintes de prendre des cours de Krav Maga pour survivre dignement en rue, qu’on arrête de créer des charniers humains en migration aux frontières de nos fastes pays, que Clément Faugier fabrique enfin des couvercles pour ses pots de crème de marrons…

Tu évoques ce que les nanas ont souvent à vivre au quotidien dans la rue. Plus généralement, tu te définirais, comme Despentes = féministe, ou comme Coralie Trinh Thi = antisexiste?

Je préfère le mot « Antisexiste » à celui de « Féministe » parce qu’il génère moins de confusion et il est plus compréhensible. Dans ce genre de combat, la vulgarisation est aussi importante que la sur-conscientisation mais j’aime tout autant Despentes que Trin Thi. Tout le monde a sa place dans la lutte pour l’égalité entre toutes les entités humaines que nous sommes. Je comprends toutefois davantage les queers que les mysandres.

Sérieusement, quel type de drogue utilises-tu pour tenir le coup et mener à bien toutes les missions que tu t’es auto-confiées?

Comme si je pouvais me permettre de, en plus, me charger le cortex et la mule avec des bidules ? Honnêtement, je pense que si j’en prenais, là, je pourrais gérer que dalle. C’est fun 5 minutes mais je n’ai plus trop le temps et le besoin de ça. En vrai, je me rends compte que je suis devenue une odieuse punk bobo reloue : je bois du lait de noisettes et du thé sans sucre, ne mange quasi plus de viande, ne bois plus d’alcool fort, ne fume plus de clope, fait 5 heures de sport par semaine, dors enfin pour de vrai et possède une fucking gourde à 20 boules avec un filtre à charbon intégré. Décadence, reviens et kidnappe moi à nouveau !

Sans vouloir avoir l’air de passer de la drogue au tatouage en sifflotant, j’ai vu que tu avais un chouette tattoo sur l’avant-bras… Je ne te connais malheureusement pas suffisamment nue pour savoir si tu en as d’autres… Peux-tu me raconter l’histoire ou un bon mot sur l’UN d’entre eux?

Oui, c’est un chouette petit moment passé avec l’adorable Léa Nahon. Ce que certains prennent pour une hache franc-maçonnique conspirationniste est en fait un simple stylo Bic, -mon arme préférée- à échelle 1:1, avec 2 capuchons et un petit mantra plein de jeu de mots que j’ai inventé pour l’occasion. C’est toujours un peu nul et gênant d’expliquer ce que signifie un tattoo mais le message est plutôt positif sur l’acte d’écrire, de la main gauche qui plus est. Bon, je ne suis pas obligée de parler de ces étoiles en haut du cul ou de cette molaire volante sur mon tibia, hein ?!
MDG2

Non, rassure-toi. Même si je kiffe les molaires.

Autre chose, mon petit doigt en forme de Missdigriz m’a dit qu’un de tes rêves était d’embrasser la carrière de bibliothécaire… Parle-moi de ton rapport aux bibliothèques, des souvenirs heureux (ou pas) qui y sont liés, et donne-moi, selon toi, le meilleur spot du monde en la matière?

Aie Aie Aie, on pourrait en causer toute une vie ! Plusieurs choses me l’ont d’ailleurs sauvée, tout au long de mon existence. Dans ça, il y a : les pogos dans les concerts punk, les cabanes dans les arbres et puis, les livres dans les bibliothèques. Tu me parlais de drogues tout à l’heure ? Et ben justement, le dénominateur commun à ces éléments est la déconnexion au réel. Ma première perche, ça a été en lisant mes premiers bouquins, dès que j’ai su lire. Dès lors, c’est devenu complètement compulsif, excessif, régulier …. addictif ! Môme, j’étais assez solitaire et je me suis créé un univers imaginaire trop cool par le biais la lecture (et les Tortues Ninjas). A l’école, après qu’une instit’ m’ait confisqué mes livres pour que je sociabilise, bosser dans une bibliothèque était devenu mon projet de vie, mon pseudo rêve de môme. C’est simple, je lisais tout ce qui me tombait dans les mains et j’avais déjà boulotté « Less Than Zero » de Bret Easton Ellis avant d’avoir effectué le fameux stage à 14 ans dans la médiathèque du coin, à Saint Juéry dans le Tarn. Et ben c’était pour moi un vrai havre : le calme, des gens éveillés qui t’estiment et te confient des taches intelligentes, comme des critiques de livres pour enfants, et des rayons entiers et infinis d’univers à portée de main, des CD’s de L7, des Beastie Boys ou des Butthole Surfers ! Le meilleur spot du monde. Et ça, pour chacun-e, c’est nulle part et n’importe où, on s’en fout ! A commencer par le bibliobus garé devant l’école. Mais perso, mon refuge mental est une cabane perchée en haut d’un arbre remplie de livres et coupée du monde.

Cool de parler des bibliobus, c’est aussi un super souvenir de lieu atypique où tu peux feuner de la nouveauté, tout en pensant que tu vas pouvoir partir à l’autre bout du monde avec ton butin.

Bon, parlons clairement, tu es une femme du sud (Midi-Pyrénées powa), tu aimes voyager… Penses-tu rester faire ta vie à Bruxelles, t’en revenir à l’ombre des murs roses, ou encore partir beaucoup plus loin? Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans la vie ici que tu n’as jamais connu ailleurs?
Rhaaa ! Le sudistan me manque tant. Je n’ai jamais été aussi chauvine du sud-ouest que depuis que je vis à Bruxelles. Du coup, j’ai la fâcheuse tendance à idéaliser La Toulousie et ses environs. Je pense que c’est dû à mon manque de vitamine D. En tant qu’enfant du soleil, j’en ai besoin pour photo synthétiser et je pense que toi-même tu le sais. C’est horrible mais je perçois davantage ce qui me manque ici : le pain au levain, le vin , le boursin (avé l’accent !) et puis la montagne, la famille, les potes, les Pyrénées, le P’tit London, la luminosité, la solidarité des précaires, la misère qui est moins pire au soleil …Bref, j’arrête là ou je vais refaire comme cet été dans le sud ou j’ai pleuré d’émotion en mangeant de la tapenade (mais elle était super bonne).

Sinon, si on oublie la bouffe locale, les transports publics la météo et certains autres aspects de totale désolation, Bruxelles est vraiment chouette. Ici, le truc, c’est que tu es en permanence destabilisé-e, surpris-e, tout peut une fois beaucoup plus arriver qu’ailleurs, en bien ou en mal, chaque jour en prenant ce foutu tram hors d’âge, le brouhaha des conversations des 4 coins du monde te font voyager en permanence. Mais définir la Belgique en trois mots n’est pas encore dans mes cordes, et ça, c’est plutôt bon signe (et je ne parle pas du Rockerill de Charleroi, hein !). Bon enfin, sinon, pour le fun, on pourrait dire «  Jupiler, Samossa et EBM ». Mais clair, comme disait Marie Curie « je viens du sud et par tous les moyens, j’y reviens ».

Okay, je croyais que c’était Chimène Sardou qui avait dit ça…

Well, merci, Missdigriz, pour finir, je vais te remercier d’égayer mes mirettes toujours en quête de visions capillaires hors du commun…

De rien pour les déclinaisons capillaires. Si un jour je me lance dans un projet de salon de coiffure, ça s’appellera « Sorry Mum ».

Oui, ou un salon de tatouages ! Et je vais te demander de me conseiller un bouquin et un disque, sachant qu’il est PROHIBE de promouvoir ses amis. Ah!

Pour le livre : « Polichinelle », le premier roman de Pierric Bailli. Récente cool découverte. Henry Miller reste un écrivain hors du commun à sans cesse redécouvrir, soit dit en passant.

Et l’album : ‘Boogadaboogadaboogada!’ des Screeching Weasel. Je sais, ça n’a plus d’âge ce disque mais j’ai eu le bol de les voir enfin en live cette année, et l’imbitable Ben Weasel (un mix entre Al Bundy et Dee Dee Ramones) avait vraiment la classe. Si ce n’est déjà fait, allez aussi check Mikky Blanco ou Death Grips en live, même si ces derniers ont splitté, dommage pour vous ! En fait, la musique, je ne l’approche plus qu’en concert, et donc même si j’écris encore des chroniques musicales, je suis larguée sur les sorties récentes d’albums. C’est peut être le signe que je deviens une vieille branche, non ?