Dreamgirls

Sa-Lut !

Ces jours-ci, j’ai interrogé un panel de femmes, minutieusement sélectionné pour leur originalité, leur émancipation, leur réflexion et/ou leur classe. Girls next door, femmes discrètes ou habituées aux spotlights, elles se sont toutes dévoilées, un peu, beaucoup, m’ont parlé de leur enfance, de leur rapport à l’image de la Femme, et de celles qu’elles sont aujourd’hui, à travers une question unique : Quelle a été ta première idole femme ?

[Je me rends compte maintenant qu’il aurait été tout à fait judicieux et enrichissant de poser la même question à des hommes, et sans doute vais-je m’y atteler dans un deuxième temps.]

L’interrogation me semblait simple et rapide à traiter : « La réponse est Madonna parce que ceci-cela. » Hop, c’est bouclé en trois lignes. Mais non, presque toutes n’osaient pas répondre « car je n’ai jamais eu d’idole, car ça a été un homme, car j’en ai trop, car je ne peux pas répondre ça, la honte, quand même ! ». Et ça donne la plupart du temps lieu à une introspection inattendue, qu’elles ont bien voulu me livrer. Effectivement, pour ma part, je n’aurais su choisir aujourd’hui entre la madone, Beauvoir, Frida, Olympe,  Donita-Courtney-Kim-Debbie, Laura de Nicky Larson, Veil, Joplin, Nina Simone, ma grand-mère, Calamity Jane, Despentes, ou Ruth Bader Ginsburg… la liste est longue, à chaque jour suffit sa peine et elles sont toutes des modèles pour des raisons aussi diverses que variées.

Je trouve qu’on en apprend pas mal sur les petits personnages qui vont s’exprimer après cette nécessaire introduction. En tout cas, une chose est certaine, les gamines qu’elles étaient ne rêvaient pas d’incarner la pub du parfum ‘Anaïs Anaïs’, ni d’être des jeunes filles rangées. Born to be wild. Poupées aux dents de lait, aux dents de louves.

Voici leurs histoires (tin din… !)

 

Sasha Andrès, arrière-petite-fille de Martha, petite fille d’Emma et d’Eve, fille de Yolande, nièce d’Yvonne, cousine de Rachel et sœur de Nadine. Poèmes et voix dans Heliogabale et A shape. Comédienne pour Siegrid, Virginie et quelques autres : C’est une question qui a l’air simple mais que je ne m’étais jamais posée… Qui fut la première femme que j’ai admirée… Je crois que j’ai toujours détesté l’idée d’être fan de quelqu’un de public, enfin, quelqu’un que j’aimerais sans le connaître humainement… Je crois que du plus loin que je me souvienne, j’étais encore en amont de l’idée de «Kill your idols»!…c’est à dire, ne pas en avoir m’évitait de les tuer!… J’avais par contre (je sais les gens corrigent régulièrement par «en revanche» mais moi je préfère «par contre»!! ) une grande admiration pour certaines femmes de ma famille… celles dont j’entendais l’histoire quand des souvenirs étaient évoqués, des femmes incroyablement humbles et fortes, qui s’étaient battues pour leurs pensées, qui avaient écumé les camps en France puis fini dans ceux de Dachau, toute une part de ma famille où les femmes avaient vraiment été des héroïnes et qui avaient osé des trucs de fous…Il y avait des histoires de pigeons voyageurs dont l’une s’occupait, de communisme et de résistance, et en même temps, l’une avait chanté dans des cabarets et avait, disaient ceux qui l’avait connue, une voix insensée, et je me disais que j’aurais voulu les connaître en vrai, et cette part magique m’a toujours accompagnée… Et aussi ma mère, qui était sortie de ce champ de bataille et qui a connu à l’adolescence l’horreur de l’inceste  et qui s’est battue pour nous et contre ça avec les armes de l’amour… Sa sœur qui avait connu la même merde et qui a foutu sa vie en l’air ensuite aux États-Unis, en prenant ce qu’il fallait pour ça… d’une de ses filles, ma cousine donc, qui s’est fait violer plusieurs fois et a fait de la taule pendant des années pour avoir osé tirer sur un de ses agresseurs… Ou encore ma sœur, qui est pour moi une entité d’une générosité folle et qui s’oublie totalement dans toutes les donnes de la vie, une sorte de sainte moderne… Enfin, voilà pour moi celles que j’ai admirées et qui me donnent de la force…  Après, à la maison, il y avait bien Billie Holiday, Juliette Greco, Maria Callas sur le tourne-disque de mes parents, qui me faisaient de l’effet, et aussi trois livres dans lesquels je me plongeais souvent et dont les mots et les images me fascinaient… Un sur Camille Claudel avec sa vie et des photos d’elle à différents âges, et je la regardais pendant des heures, plus que ses sculptures d’ailleurs, et je me sentais une grande proximité d’âme avec elle… L’autre livre était sur Hildegarde von Bingen, et là, j’adorais le mélange de tout ce qui était sorti d’elle… les plantes, les poèmes, les chants, les recettes, les dessins, enfin, elle me faisait l’impression d’un grand vent à l’intérieur, d’une grande liberté très communicative…et d’une chose très moderne, qui me donnait envie d’être mille ans avant, avec elle, à inventer des formules magiques, à écrire des cantiques et à aller les chanter sous des voûtes ultra hautes… Le dernier livre c’est ‘Alice au pays des merveilles’…là, pas besoin d’explication… juste comme un écho onirique… Voilà ma Clémence ce que je peux te dire de plus intime sur les femmes qui peuplent mon réel et mon imaginaire depuis le départ… Je ne sais pas ce que je fais pour leur ressembler, rien je pense car je n’aime pas l’idée, mais j’essaie de me comporter intuitivement de façon à ne pas leur manquer de respect dans tout ce que ces femmes ont pu laisser de leurs élans, ce qu’elles ont donné de leur vie pour permettre aux autres après elles, dans ce qu’il y a eu de force et de don, d’amour et de lutte, de visions, d’inspiration, enfin, ce qui a fait d’elles des âmes fortes.

 

Julia Kat, 29 ans, musicienne et danseuse, Lyon : A 5 ans, j’ai découvert ‘Cry Baby’, je ne sais plus comment, et je suis devenue accro de ce film jusqu’à ce que mes parents me confisquent  » la cassette ».  J’avais envie d’avoir une robe rouge comme Allison, et de chanter sur une voiture pendant que mon mec était en prison et se faisait raser la tête. Ça chantait, ça dansait… il y avait une mise en scène de fou ! Ça m’impressionnait ! Puis j’ai revu le film ado, et j’ai trouvé ça nul ! Mais ça ne m’a pas empêché de faire du rock’n’roll.

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Dunia Miralles, écrivaine, metteuse en scène et performeuse, Suisse : La première femme que j’ai admirée, vers l’âge de 8 ans, pour s’être imposée, en tant que chercheuse, dans un monde d’hommes, est Marie Curie, mais c’est de Colette, découverte un peu plus tard, vers 13 ou 14 ans, dont je me suis sentie proche, lorsque je me suis aperçue que j’étais bisexuelle. Vers la fin des seventies, personne ne parlait de ce possible. On baignait dans des eaux clairement hétérosexuelles dans lesquelles se distinguaient parfois quelques gays et de plus rares lesbiennes, forcément « bûcheronnes ». On n’évoquait pas la bisexualité, du moins pas dans les médias ou dans les familles lambda. Cela ne m’a jamais posé de problème. Je croyais que tout le monde était comme moi, mais que chacun se taisait pour des –stupides- motifs moraux et culturels. Quand j’essayais mon charme auprès des filles et me ramassais systématiquement un râteau, je supposais que mes copines étaient trop pudiques ou conventionnelles pour s’amouracher ou désirer d’autres filles. Je ne comprenais pas, et continue à ne pas  comprendre, du moins viscéralement, sans réfléchir ni entrer dans des hypothèses et déductions déplaisantes, le pourquoi de tous ces tabous autours de la sexualité. Comme j’aimais les deux sexes, je me rabattais sur les garçons, plus faciles à séduire. Quand j’ai découvert l’œuvre et la vie de Colette, ça m’a fascinée. Elle avait vécu, à une époque particulièrement répressive envers les femmes, ce que j’avais envie de vivre. Hors mode, hors-normes, sans chercher à militer ni à s’engager dans un mouvement, elle était devenue écrivain, journaliste, avait brûlé les planches, les esprits, l’hypocrisie ambiante de son temps,  avait eu des maris, des amants et des maîtresses au vu et au su de tous, avait disposé de son corps et de sa vie comme elle l’entendait, sans se soucier de la morale qu’imposait la société ou la religion. Bien qu’il y ait quelques similitudes, je n’ai jamais cherché à calquer mon existence sur la sienne. Elle n’a eu aucune influence sur mes choix, mais savoir qu’une femme comme Colette a vécu, et s’est affirmée, entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècles, a quelque chose qui, encore maintenant et d’une certaine manière plus que jamais, me rassure et m’encourage.

 

Lena, 39 ans, assistante d’un bureau d’étude, Montreuil 93 : A l’âge de 8 ou 9 ans, Jeanne Mas est la première femme qui m’a impressionnée. Je la trouvais belle et imposante. J’admirais son maquillage, sa coiffure et son attitude en général. Pour moi, elle sortait de la norme.  Je chantais en me dandinant devant le grand miroir de ma chambre en veillant bien à ce que personne ne me surprenne. J’étais très timide et je n’avais vraiment pas envie que mon frère se moque de moi ! C’est par timidité que je n’ai jamais voulu l’imiter. Cependant, je me rappelle avoir répété des paroles de sa chanson à mère un jour où elle me parlait de choses que je devais surement trouver ennuyeuses. « J’m’en vante » lui ai-je répondu. Je me souviens encore de sa mine déconfite et de son conseil de ne plus jamais recommencer.

lena

 

Sarah, #Nichonspower #ChattesHebdo : En fait je me suis un peu creusée les méninges pour écrire ce truc et être le plus sincère possible, alors j’avais expliqué que ma première icône femme était Vanessa Paradis dans ‘Elisa’, j’avais 10 ans, puis je me suis sentie obligée d’ajouter toute une liste de noms féminins pour pas passer pour une inculte. Et pourquoi me suis-je sentie obligée de justifier d’une culture ? Certainement parce que ça n’est pas enfant que j’ai découvert Patti Smith parce que mes parents écoutaient. Bref, c’est un encore un autre sujet ! Aujourd’hui, ce complexe de milieu social et culturel est loin derrière moi, je ne m’en suis pas si mal tirée. J’ai fait du chemin depuis Vanessa Paradis. Je sais qui je suis et les gens peuvent bien penser ce qu’ils veulent. Toujours est-il que je me suis souvenue par la suite que ma première icône féminine fût une sœur de mon père,  j’avais 5 – 6 ans. En vacances chez mes grands-parents. J’étais confrontée pour la première fois à la beauté, la féminité, la coquetterie. Ma mère étant une femme faisant peu de cas de l’apparence, c’est cette femme qui m’a donné envie de prendre soin de moi, de devenir une femme. Évidemment des icônes célèbres il y en a eu plein par la suite, de Vanessa Paradis donc, à Simone Veil, passant par Juliet Lewis ou Charlotte Rampling. Toutes ces femmes, au-delà de leurs actions, représentent au final la même chose ; indépendance, force et fragilité ; des qualificatifs qui raisonnement en moi et m’inspirent. Enfin, il y a les icônes du quotidien, mes chattes, entendre mes « pines-co », qui sont autant de femmes différentes et inspirantes. Love ya girls !

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La Louve, 43 ans, créatrice de bijoux  et peintre free lance, Montreuil 93 : Ma première idole « femme », si je crois me souvenir, c’était Brigitte Bardot. Je la trouvais incroyablement belle et sexuelle. Je ne pense pas avoir essayé de l’imiter car je me pensais bien en-dessous ! J’ai peut-être copié le bandeau dans les cheveux qu’elle portait parfois. J’aimais bien son côté animal et femme fatale. J’accrochais des photos d’elle sur mes murs, je devais avoir 8 ou 10 ans. J’adorais ‘Le mépris’, ‘Et Dieu créa la femme’, et aussi ses chansons de Gainsbourg. J’ai cessé de l’aimer quand j’ai compris ses penchants politiques et aussi qu’elle véhiculait une image de femme-objet. J’aimais aussi Jane Birkin…

 

Alexane, journaliste, Besançon : Question difficile car je crois que Madonna et Marilyn Monroe sont arrivées en même temps dans ma vie ! Elles m’ont clairement inspirées. Madonna pour sa liberté. Petite, je l’imitais par ses coiffures, son maquillage, ses vêtements créés par Jean-Paul Gaultier, sa façon de danser qui faisait halluciner mes parents, je trouvais que c’était une femme qui n’avait peur de rien, qui se fiche de l’opinion des gens. Et je voulais devenir chanteuse pop comme elle. Aujourd’hui, je ne dirais pas que je l’imite mais la liberté fait partie des valeurs que je défends plus que tout au monde, en particulier celle des femmes. Je pense qu’elle a fait partie des personnes qui m’ont initiées à cette valeur au début de ma vie. Côté Marilyn Monroe, c’est pour sa beauté. Je trouve que son corps était, et reste la perfection. Je l’ai beaucoup imitée lorsque j’étais plus jeune, en faisant un faux grain de beauté. Par ta question, je viens de me rendre compte que je me maquille chaque jour depuis plus de 10 ans comme elle : eye-liner noir, mascara noir, rouge à lèvre rouge. En fait je l’imite chaque jour !

 

Nini Patenler, apprentie écrivaine en libre mouvement dans sa mi-trentaine : Alors j’ai bien réfléchi et je ne sais pas vraiment qui et si j’ai vraiment eu une première idole/icône féminine. J’ai pensé à Mimi Cracra (j’aime toujours autant marcher dans les flaques avec mes bottes en caoutchouc), à Punky Brewster, et à la dessinatrice de ‘Tom-Tom et Nana’, Bernadette Després qui était venue pour un atelier dans ma classe de CE1 si je me souviens bien. Ensuite, j’avais voulu créer une héroïne et lui inventer des aventures. Je ne suis pas allée plus loin que le dessin de la protagoniste !

 

Giovanna, professeur d’anglais au lycée et à l’Université, traductrice et interprète, Italie : Ma première icône a été Jem parce qu’elle était « truly outrageous ».  J’adorais l’allure rock des Hologrammes (et des Misfits, grâce auxquelles j’ai découvert mon amour fou pour l’heavy metal-lifestyle), leurs vêtements, le fait qu’elles jouaient, forcément – et que c’était un groupe de femmes. J’ai toujours aimé la musique et je joue de la guitare basse, donc peut-être qu’elles m’ont inspirée. La joie, la musique, magique!

giovanna

 

Lisa, 33 ans, graphiste, Bordeaux : La première femme icône qui m’a vraiment marquée, c’est Tina Turner. J’avais la cassette « Simply the Best » avec son maillot de bain hyper sexy noir, et je connaissais tout par cœur, chaque parole, chaque break, chaque mélodie de synthé… quand j’écoutais, j’étais Tina ! J’avais 7 ans et je venais d’arriver en France. J’avais une copine, Amandine, quand elle venait chez moi, on faisait semblant d’être sur scène dans ma petite chambre… Ma corde à sauter verte et rose fluo c’était notre micro, et on travaillait des chorégraphies… Je me souviens à quel point c’était sérieux, le travail devait être bien fait et il fallait qu’on soit en place. Amandine avait la gentillesse de m’accompagner dans mes délires mais je crois que l’adoration n’était pas tout à fait au même niveau…lisa

 

Lucie, 32 ans, aide à la petite enfance et ambianceuse de soirées à coups de vinyles, Angers : J’ai choisi de te parler de Mary Poppins! Ce qui m’a séduit chez elle quand j’étais enfant, c’est évidemment, qu’elle pouvait ranger la nurserie des enfants en un claquement de doigts, qu’elle pouvait sauter dans des dessins, et qu’on pouvait descendre les escaliers en glissant sur une rampe. Pas facile à mettre en pratique, mais malgré tous mes efforts vains, je ne me suis pas laissée abattre pour autant! J’aimais évidemment les chansons, et aussi le côté farfelu et un peu absurde de certaines situations: le sac sans fond, le mètre mesureur etc. J’aimais surtout la légèreté et l’aisance qui se dégagent de ce personnage; rien n’a l’air compliqué ou insurmontable pour elle. La force tranquille, diraient certains! Je l’ai complètement oubliée à l’adolescence, ce que je trouve a posteriori bien dommage. Mais je l’ai redécouverte un peu plus vieille, et c’est là que c’est devenu intéressant. Au-delà de la légèreté un peu gnangnan qui se dégage d’elle, je me suis rendue compte de la force de cette nana. Tout en étant sensible, elle est autonome et libre. C’est elle qui dicte les règles dans sa vie. Ce qui est drôle, c’est que ce sont des traits de caractère que je retrouve dans les autres personnages féminins de fiction qui ont marqué mon enfance : Catherine dans ‘Jules et Jim’, la Fée des Lilas dans ‘Peau d’âne’ et Hannah dans ‘le Dictateur’ (ouai, mes parents m’ont fait regarder des trucs chelous). Ça, c’est pour le caractère, mais j’aime aussi son look : les chaussures avec les talons « Mary Poppins », le sac (j’ai moi-même un sac « Mary Poppins », oui oui), la vieille lampe qu’elle sort de son sac justement, le miroir etc. Même là-dedans, on voit l’apparence classique clean, mais avec le sourire en coin et le clin d’œil malicieux! Il y a quelques temps on m’a conviée à une soirée déguisée sur le thème des héros de notre enfance. Et regret éternel, je n’ai pas pu y aller… Je me suis rendue compte il y a quelques années de son influence sur ce que je suis. Elle représente un peu de l’esprit British pour moi et j’ai commencé par faire des études d’anglais. Je crois que malgré mon côté pessimiste, je garde quand même toujours en tête que prendre un peu de recul « aide la médecine à couler ». J’ai aussi l’impression que c’est tout simplement ce que j’appelle (et valorise par-dessus tout) « une belle personne », avec certes des défauts (coucou la mauvaise foi et l’agacement) mais elle a bon fond. L’ironie du sort c’est que je bosse maintenant en crèche et que je suis aussi un peu DJette à côté! En y réfléchissant bien, je me rends compte que c’est aussi un personnage très seul et qui refuse toute attache. Et même ça, ça me parle (mais je me soigne!). Comment une simple question te renvoie à tes interrogations les plus profondes…!

 

Vecteur Béa, 36 ans, marraine à Capital Filles , Toulouse : C’est marrant ta question parce que je me la suis posée récemment… En terme d’idole féminine, et ben justement, je me souviens que gamine, je me demandais pourquoi il n’y avait pas plus de femmes dans le sport, et ça m’embêtait vraiment qu’il n’y en ait pas beaucoup – j’adorais Carole Merle mais on ne pas dire que c’était une idole, c’était plutôt un peu la seule à l’époque. Et je me souviens aussi, petite, avoir été fascinée par une photo du groupe Téléphone parce qu’il y avait une femme bassiste, alors ça m’ouvrait de grandes perspectives, et aussi de grandes questions : Pourquoi elle ? Pourquoi uniquement elle ? Tu auras bien reconnu que je parle de Corinne Marienneau. Aujourd’hui, je fais partie de la fanfare du quartier, peut-être un peu grâce à Corinne ?

 

Je suis Dinny, Irlandias et j’habite a Paris depuis 8 ans, Je suis chanteuse and j’aime bien de me exprimer à travers le chant et l’écriture histoire de mes expériences de vie. Quelle a été ta première idole/icône femme ?  Björk. Pourquoi ? Pour sa voix, sa créativité, l’originalité, des vêtements incroyables et des vidéos uniques. As-tu fait en sorte de l’imiter, d’une manière ou d’une autre, à 5 ans ou avant-hier ? Oui, je l’ai imité en fin de mon adolescence et au début de la vingtaine, et non pas avec sa voix mais son mode.

dinny

 

Sabrina, 37 ans, comptable, Lyon : Mon inspiration : Madonna ! Je l’ai connue à 11 ans car ma tante était fan et avait des posters dans sa chambre. Je la trouvais très belle et fascinante. Magnifique chanteuse, et elle m’a fait découvrir la libération sexuelle ! C’est une femme qui assume ce qu’elle fait, et qui est très humaine. J’ai toujours rêvé de lui ressembler. Je suis son parcours tout le temps.

sabrina

 

Elsa, 28 ans, travaille dans le Rock’n roll, a les cheveux peroxydés, fume des Camel et boit de la vodka-pomme (sans glace), Belleville 75 : Ma première icône femme : Elsa Triolet. Car c’est la raison pour laquelle je m’appelle Elsa. On m’a parlé de cette femme très tôt, muse d’Aragon, dont mon papa est un inconditionnel. Son combat pour la résistance est évidemment admirable et je trouvais déjà infiniment courageux de s’afficher dans un courant de pensée communiste tout en dénonçant ses travers. Ça a été un point de départ pour moi, un signe fort de liberté. Plus tard, quand j’ai lu les poèmes qu’Aragon a écrits pour elle, j’ai trouvé leur histoire d’amour incroyable. En fait, c’est à travers ce personnage que j’ai commencé à croire (et ça ne m’a jamais quittée) qu’on peut être une femme, faire de grandes choses, être libre, avoir une conscience politique sans être obligée de s’enfermer dans un courant avec des limites imposées, et tout cela en étant éperdument amoureuse. Je crois que c’est vraiment ça. Cette notion de liberté.

elsa

 

« Barbara » : Quand on m’a posé la question quelle a été ma première idole ou icône femme, j’ai un peu regardé comme une vache quand il y a de l’orage. Ne me demandez pas, c’est une expression allemande et en gros ça veut dire que je n’ai pas dû avoir une expression de visage des plus intelligentes. Je suis née en RDA, et niveau idoles je trouve qu’on n’était pas méga méga-gâtés, même si l’état nous en offrait généreusement quelques un.e.s. Clara Zetkin, Sophie Scholl… mouai… Pippi Langstrumpf (‘Fifi Brindacier’) peut-être… ? Je l’admirais pour sa force, sa débrouillardise, sa liberté, son grand cœur, et je ne dis pas que je n’aurais pas sur-kiffé vivre avec un singe ou un cheval. Mais c’était en Suède (oui, quand il y a un mur, c’est peut-être cela qu’on trouve le plus insurmontable). En 1987, la télé ouest-allemande diffusait sa série de Noël « Anna » qui racontait l’histoire d’une ballerine enfant qui, suite à un accident de voiture et une blessure à la colonne vertébrale, perd l’utilisation de ses jambes. Elle perd donc logiquement tout espoir de pouvoir réaliser son rêve de devenir danseuse étoile et, je vous la fais courte, au final elle y arrive quand même, part danser à Paris etc. etc. Pas mal, han ? J’avoue qu’à 10 ans ça m’a fait rêver, mais les cours de danse n’étaient pas vraiment de rigueur dans ma ville de l’Est, Paris était très loin (le mur) et vu ma stature, je me prédestinais plus à la natation ou au hand, enfin, en tout cas pas à une discipline qui aurait demandé une certaine grâce.  Bref, même si cette histoire m’a certes emballée, je trouve que je n’y suis toujours pas. Avant de passer à l’idole, il faut aussi que j’évoque ma belle-sœur, la (désormais ex) femme de mon frère. Comme j’ai une grande différence d’âge avec mon frère, je l’ai connue alors que j’étais encore toute minot. Elle s’appelle Ilka, elle était belle, un peu grande gueule, libre (dans la limite du possible), ses parents étaient artistes. Et même si elle avait appris le métier tout à fait classique de cordonnier orthopédique (oui bon, dans les années 80, c’était classique), elle avait également des velléités artistiques. De ce fait, elle est aujourd’hui artiste peintre – sculptrice et vit à Londres. Elle avait des amis et de la famille à l’Ouest, récupérait des bandes dessinées d’Astérix et Obélix, et était probablement la raison pour laquelle je me brûlais les doigts à 11 ans en voulant allumer une clope en cachette. Mon frère et elle déménagèrent à Berlin en 1988, et elle était de toutes les manifestations qui ont amené à la chute du mur en novembre 1989. C’est elle qui m’a offert mon premier vinyle musical, un 33-tours de Rio Reiser pour contribuer à mon éducation musicale. Bon, j’avoue que par la suite, avec mon premier walkman, elle m’a également offert une cassette de Phil Collins. Alors, vous voyez bien pourquoi elle n’a pas pu servir d’idole pour cet article, n’est-ce pas ? Ceux qui commencent à se demander si mon idole n’était pas Angela Merkel, rassurez-vous, ce n’est pas elle. Mais la réponse à la question qui me semblait si compliquée, est au final assez simple. Mon idole ou la femme que j’admire peut-être le plus dans ma vie, c’est ma mère, ma maman, meine Mutti que – fut une époque, je m’obstinais à appeler « Mum » (certainement un basculement un peu trop radical vers l’anglophone après des années marquées par le russe et l’influence de notre ami soviétique). Cette révélation m’est venue sur le tard et malgré les différences qu’on peut avoir avec son parent, et que j’ai toujours, j’ai un très grand respect pour ce qu’elle a fait de sa vie qui n’a pas toujours été très simple. Il y a quelques années, j’ai traversé une période de ma vie que je qualifierais de noire, où j’avais l’impression de toucher le fond de la fosse des Mariannes (rien de sexuel dans tout ça, han !). Et alors, parmi toutes les directions dans lesquelles je me tournais pour voir comment m’en sortir, mon regard s’est posé sur la vie de ma mère. Née en 1937 elle a vécu la 2ème guerre mondiale, les chamboulements qui advenaient par la suite en Allemagne, la division de celle-ci… Ma mère a eu l’opportunité de s’installer à l’Ouest, à Francfort am Main, mais décida de revenir à l’Est de peur de représailles pour sa famille. Alors qu’elle n’y a jamais pu faire les études ou le travail qu’elle aurait aimé faire. Le fait que son père était artisan et sa mère employée, l’excluait de certains privilèges qui étaient réservés aux enfants de paysans et de travailleurs (la RDA était un « Arbeiter-und Bauernstaat », un état de travailleurs et de paysans). Ma sœur est née en septembre 1961, peu après la construction du mur, la grossesse de ma mère étant ponctuée par la peur qu’à tout moment une nouvelle guerre puisse éclater. En 63, mon frère naît. Ma famille vit, somme toute, une vie apparemment tranquille, mon père a même le privilège de faire quelques voyages d’affaires à l’Ouest. Il faut alors croire que dans leur couple tout se passait bien, car soyons sûrs que si la Stasi avait eu le moindre doute là-dessus, mon père n’aurait jamais pu franchir la frontière. Puis, un jour, on découvre un cancer chez mon père, on le guérit, et mes parents repartent pour de grands projets : la construction d’une maison, un troisième enfant, des études pour ma mère… Mais au final, c’est le cancer qui a eu raison de mon père et il mourra 4 semaines après ma naissance. Ma mère se retrouva alors en deuil, avec deux ados et un bébé, une maison à terminer (ce qui n’était pas une mince affaire en RDA), la famille de mon père qui la rejeta et enfin, ses études à terminer et à travailler en même temps. Wow. J’espère ne pas avoir oublié de détail, mais perso, je trouve que ça en jette déjà pas mal. Alors, pour le coup, je trouvais que ma fosse de Marianne ressembla soudainement, disons aux Alpes. Alors, bien évidemment cela ne m’a pas enlevé mon chagrin personnel, mais c’est alors que j’ai pris conscience de la vie qu’elle a pu mener et du courage qu’il lui a fallu pour continuer et avancer malgré tout. Pour autant, je ne tends pas à être comme elle, et comme tout enfant qui se respecte, j’aimerais peut-être plus faire le contraire, être différente d’elle, mais je l’admire pour la personne qu’elle est, et je lui suis reconnaissante de m’avoir aidée à devenir celle que je suis aujourd’hui. Qu’elle m’a laissée beaucoup de libertés et mis les limites qu’en cas de stricte nécessité et tout cela avec une bienveillance qui m’a souvent échappé sur le moment, mais que j’arrive à voir aujourd’hui. Alors, pour finir, je ne suis pas vraiment à l’aise avec la notion d’idole ou d’icône, mais je suis en admiration devant la force de ma mère qui m’inspire, à défaut que j’y aspire.

silke

 

Sarah, 29 ans, Paris : Ma première idole n’était pas une femme mais s’en rapprochait tout de même un peu, vu qu’il s’agissait de Marilyn Manson. J’étais en admiration devant cette créature. J’adorais son côté obscur, dérangeant et extrêmement provocateur.  J’étais également émerveillée par sa prestance, son intelligence et sa façon de voir le monde. Pour moi il représentait la rébellion à l’état pur. J’avais 13 ans et je ne cherchais pas forcément à l’imiter, par contre je rêvais d’être comme lui, un être étrange, cultivé et très charismatique.

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Mirabelle, bibliothécaire : Difficile d’évoquer « une » étoile de mon jeune temps… on n’avait la tentation ni des héros de la presse à photos, ni de ceux de la télé, auxquels on n’avait pas accès. Les vedettes étaient des personnages d’histoires dont on ne connaissait pas toujours les auteurs. A 5 ans, la Sophie-aux-malheurs me fascinait par son audace et son inventivité, quoiqu’une de mes grand-mères ait tenté (en vain) de me convaincre de sa malignité ! A 8 ans, Lili, celle de la bande dessinée aux allures américaines et follement modernes,  avait le goût de l’inconnu et du transgressif (ô combien peu, à l’aune d’aujourd’hui !). Mais ce n’est qu’en arrivant au lycée (en 6è à l’époque) que mes lectures se sont passionnées pour des personnages palpitants. Non pour les classiques scolaires, mais les lectures périphériques, ma famille me laissant puiser à loisir dans les ressources de la maison. Catherine des Hauts de Hurlevent et Scarlett d’Autant en emporte le vent (finalement, je n’aime le vent que dans les titres), Anna Karenine, Kate de Jules et Jim, toutes ces héroïnes m’éloignaient d’une vie (forcément) un peu plan-plan. Un peu plus tard, la lecture ou l’écoute de femmes à l’écriture profonde et la vie rebelle au conformisme, Colette, Beauvoir, Virginia Woolf, mais aussi Gréco, Barbara, Juliette tout court… sont devenues les idoles qui m’ont confortée dans la saveur de l’indépendance.  Et lorsque j’ai eu accès au cinéma, en direct ou via la télé, Audrey Hepburn et sa grâce éthérée et joyeuse, et Claudia Cardinale, son charme effronté, ne pouvaient qu’éblouir, sans espérer jamais approcher de leur capacité de séduction.  Comme il est dur de s’aligner sur une image hors norme !

 

Madame Sosso, mère maquerelle, a fait naufrage à Lorient : J’ai toujours cru que le plus important pour moi était le projet capillaire de mes idoles féminines. Ce doit être mon côté superficiel.  Mais quand j’y réfléchis,  celles qui sont toujours là, ont quelques points communs. Ma  première-première? Celle dont j’ai accroché des posters quand j’avais 10 ans. Je me vois mal avouer à la face du monde que Mylène Farmer était mon idole, c’est quand même la MEGA honte.  Chanter en CM1: « Je suis libertine » dans jardin en tournant en rond n’a rien de glorieux ni d’enviable.  Et recouvrir les murs de sa chambre de posters de rousse canadienne avec des coupes de cheveux douteuses a moitié à poil, non plus.  Mais c’étaient les années 80. On pouvait tout faire. Bouffer des crêpes plastiques avec du Nesquik et du beurre dessus, voire le suprême: beurre Nutella. On n’en avait rien à faire de l’obésité.  Je préférerais donner de moi l’image plus glorieuse de celle qui a su s’affranchir de sa culture populaire pour s’ouvrir à d’autre chose. Mais, à quoi bon se mentir ? Ce n’est pas Simone de Beauvoir ni Natalie Dessay qui m’ont inspirées. Et promis, mes idoles ont eu aussi des problèmes capillaires existentiels qui ont parfois interrogé les lois de l’apesanteur. Finalement, se poser la question de qui sont mes idoles, soulève plus de questionnements que je l’aurais cru. Ça me ramène à des périodes très variées de ma vie. Question changement de cap, je suis pas la dernière !
De l’enfance, avec son inavouable culte à Mylène (et je le réécris) à l’adolescence avec Tori Amos qui a mis des mots sur l’envie de meurtre, l’horreur du viol avec sa voix et ses mélodies plutôt douces qui me renvoyaient à ma colère, mon désarroi de ne plus être physiquement, aussi forte qu’un garçon.
Je crois que le passage à l’âge adulte a été cette banale prise de conscience, que physiquement, je ne pourrais plus mettre de patates dans la tronche d’un mec sans me dire:  » s’il riposte, il peut me faire vraiment vraiment mal. » D’autant plus que le type  en question n’était autre qu’un prof de saxo libidineux de 50 ans. Alors, en rentrant à la maison, je me mettais quelques morceaux et chantais le plus fort possible. Et chanter fort, je le fais toujours j’ai juste changé de répertoire. Pendant longtemps, Tori Amos m a accompagnée. Je retrouvais chez cette artiste la déception face la religion. Je me projetais beaucoup.  Je fais partie d’une aumônerie et ce prêtre, qui me parlait de tolérance,  de pardon, tout en disant que l’avortement était un meurtre, a fini par me dégoûter des religieux. D’ailleurs, j’écoutais à la même période Alanis Morissette, qui chantait « You know how us Catholic girls can be ».  Inégalités homme-femme dans le microcosme des pratiquants. J’adorerais que Dieu soit une femme.  Pour bien faire chier les couillons quand ils se pointerons au paradis. J’imagine d’avance leurs mines déconfites. Et plus j’ai repensé aux artistes féminines que j’aimais (mis à part Mylène, mais bon), plus j’ai pris conscience que celles qui me suivent, me touchent, me parlent, ont exprimé ou ont vécu ce problème de différence de traitement injuste, cette inégalité physique ou pas. Ce traitement dans la société. Ce machisme ordinaire. J’aime Camille Claudel. Je trouve dans la poésie de ses sculptures l’implication de tout son être. Des Mendelssohn, ce sont lieders de la sœur que je chante.  Tina Turner, femme battue de notoriété publique, me donne du courage avec juste un: »We don’t need another hero« . De revoir Christiane Taubira lors des débats à l’Assemblée nationale pour le Mariage pour tous, me fiche la chair de poule, parce que la force est dans le verbe une fois encore. (Je parle pas de Simone qui s’était faite traiter de « Salope », mais qu’elle est admirable !). Mes idoles sont des femmes avec le verbe haut, des cicatrices, et ne sont certainement pas ce que l’on imagine au premier abord.

 

Agnès, Montreuil 93 : Donc ma première idole féminine a été Jane Birkin (hé ouais) et sa chanson « oh  Di Doo Di Doo Dah » …. Surtout parce qu’elle chantait qu’elle était plate comme un garçon, et aussi parce qu’elle disait « que c’est con ! ». J’aurais voulu être un garçon … mais ça ne t’arrange pas, hein, cette réponse !  Après,  je ne vais pas plus loin dans l’analyse de ce désir, ce n’est pas l’endroit ! Je montais sur la table lors des dîners en famille et je chantais en l’imitant, et j’avais enfin le droit de dire un gros mot et de revendiquer mon côté garçon manqué !!!! Mais j’étais petite, hein.

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Julie Nakache, professeur et écrivain, Angoulême : Trois icônes se disputent la première place ; bien sûr, sans vouloir fâcher Michel Onfray, que je respecte beaucoup par ailleurs, Simone de Beauvoir reste une figure marquante de ma construction en tant que femme et peut-être aussi en tant qu’écrivain. Comme elle, en hypokhâgne, j’ai honteusement triché lors d’une version latine ; j’ai essayé également de faire pipi debout ! Lorsque je marche en montagne, même encore aujourd’hui, il m’arrive de me prendre pour Simone (en modèle réduit et plus geignard mais quand même !). Ce n’est pas tant son féminisme, aujourd’hui décrié, qui me fascine mais « son vouloir vivre » qui rejaillit dans toutes ses œuvres et ce, jusque dans ses correspondances amoureuses (je verse encore de tendres larmes en relisant les soirs de déprime sa sublime correspondance avec Nelson Algreen). Marie-Jo Bonnet voit dans ses écrits « le mouvement d’une pensée angoissée dominée de la perte de l’éternité ». Chez l’essayiste, c’est certes une critique mais cette vision de Beauvoir n’est, selon moi, pas négative ; en plus, la pensée angoissée, ça me connaît !  Je voue une admiration sans bornes à Jana Cerna (fille de la célèbre Miléna de Kafka) ; Son engagement politique, ses réflexions d’ordre privé (les sentiments/la sexualité/l’activité intellectuelle) avaient tout pour plaire à la jeune fille de 20 ans que j’étais ! Lors d’une discussion alcoolisée avec des amis de l’époque, on m’avait qualifiée de fille raisonnable ! Suprême insulte si on prend le mot au sens que lui donnait alors l’écrivaine !!! Bref pour prouver que j’étais résolument déraisonnable, j’ai lu une citation de Jana Cerna ! Et j’ai continué à boire raisonnablement mon verre de vin ! Bref, elle reste mon idole mais j’ai encore un long chemin à parcourir pour devenir raisonnablement déraisonnable ! Björk, la surréaliste ! Pour moi, c’est l’artiste par excellence ! La femme ! Sans concession, en avance sur la beauté du monde, poétique et lyrique (mais comment fait-elle ???). Le personnage me fascine absolument ; ses audaces, son énergie, sa violence ; inimitable ! Bref une idole ; celle dont on ne parle pas parce qu’on ne la connaît pas, mais qu’on écoute religieusement dans le secret de son alcôve…

 

Agnès, 34 ans, coordinatrice de Projet Humanitaire chez MSF, Paris ou le reste du monde : Je ne suis pas sûre d’être la meilleure cliente pour ce type de questionnaire : petite, je n’avais pas vraiment d’idole, et je ne suis pas vraiment du type « fan »…  Par contre, si je dois nommer quelqu’un pour qui j’ai de l’admiration, je parlerais de Malala Yousafzai, qui m’impressionne tant elle a commencé son action jeune et dans un contexte dangereux pour sa vie. Son combat pour l’éducation en général, et celui des filles en particulier, est incroyable et me semble être une vraie leçon de conviction et de courage… C’est un courage extraordinaire dont elle fait preuve et une persistance fantastique face aux multiples menaces qu’elle reçoit…  Bref, je ne suis pas une féministe pure et dure, mais les convictions que j’ai sont proches de celles de Malala. Si on veut faire un parallèle avec ma vie, le fait que je travaille dans l’humanitaire vient aussi d’une volonté, à ma manière, de travailler pour améliorer un peu le quotidien des gens qui subissent les conflits, catastrophes naturelles… au moins pour un temps.  Bon sinon, j’avais pensé à la Petite Sirène, car j’adore plonger et la chanson ‘Partir là-bas’ est ma préférée de tous les Disney… d’autant que ça reflète bien ma passion pour les voyages ! Bah ouais, je reste avant tout une petite blondinette !

 

Julie/ Mevah, 35 ans, chanteuse, future instit, jeune maman, sur le joli caillou de la Réunion : Alors la question… est un peu difficile car s’il y a des femmes que j’admire, je ne suis pas très portée vers les icônes, idoles… et je crois n’en avoir jamais vraiment eu. Mes imitations de femmes sont avant tout vocales …!! J’ai aussi imité Jeanne dans ‘Jeanne et Serge’ (« Aaaaattaque !! » et les cris poussés en frappant le ballon… de baudruche avec lequel je disputais des matches avec ma sœur) et les ‘Cat’s Eyes’ (en collant noir, j’ai plus d’une fois cambriolé la maison de mes parents en rentrant par la fenêtre dans la salle à manger), mais on ne peut pas vraiment parler d’idole à ce niveau… Cela dit, étant petite (CE1/CE2), je crois avoir eu une période avec une copine (c’est mieux d’idolâtrer à deux) où on était vraiment fan de Mylène Farmer. Je crois que ça tenait pour beaucoup à son impressionnante crinière rousse… que je rêvais d’avoir mais j’étais encore trop jeune pour faire une couleur… le temps que l’âge arrive, j’avais oublié la dame… Notre délire consistait à chanter ses chansons, acheter les 45-tours, et… je crois bien qu’on a inventé le merchandising à outrance avant l’heure ! On tripait en imaginant tous les objets à son effigie qu’on pourrait créer, le plus abouti de tous étant…. roulement de tambour… un tube de dentifrice où s’afficheraient, en lieu et place des banales rayures sur le dentifrice qui sort… des portraits de notre Mylène ! (on n’avait pas encore réglé les détails logistiques sur la réalisation d’une telle prouesse technique… nous, on était les cerveaux du projet, pas les petites mains). J’ai bien peur de ne pas être totalement dans le sujet.. Quoique d’une certaine façon j’y suis totalement…

 

Sam, 32 ans, Paris Paris Paris : Quand j’étais petite, c’est Marilyn Monroe qui était mon idole. Mes parents m’avaient offert la cassette vidéo de ‘Certains l’aiment chaud’ pour Noël et de là est venue ma passion. Ce qui et bien quand on est fan d’une actrice, c’est qu’on se passionne pour sa filmographie et qu’on a facilement plein de photos d’elle pour recouvrir les murs de sa chambre. J’avais aussi plein de livres sur sa vie que je trouvais palpitante, et j’ai même essayé de lire des bouquins d’Arthur Miller, c’est dire! Bien sûr je la trouvais belle, je la trouvais aussi fragile et sensible et puis elle était pas con! C’était la femme parfaite et j’avais du mal à comprendre comment elle pouvait être si malheureuse. Son côté croqueuse d’hommes était fascinant aussi, passer d’homme en homme en cherchant désespérément le grand amour. Je ne pense pas avoir voulu m’identifier à elle, je la trouvais trop sexy et trop pulpeuse pour vouloir lui ressembler, moi et le petit corps maigrelet de mes 10 ans mais elle me fascinait, c’était la plus belle du monde pour moi ! Après j’ai découvert Brad Pitt, mais c’est une autre histoire.

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Yädre Drums, batteuse et documentaliste :  Je ne suis pas très à l’aise avec le concept d’ « idole ». J’ai bien eu des « icônes  » qui m’ont marquées et que j’ai plus ou moins adulées pendant mon adolescence, mais elles étaient plutôt masculines que féminines. Des femmes qui m’ont inspirée, il y en a. La première à laquelle je pense, c’est Katie Jane Garside du groupe ‘Queen Adreena’. Elle m’a vraiment impressionnée à l’époque, par son charisme scénique. J’étais l’antithèse de cette meuf. Tout ce qu’il y a de plus ordonné et de normal. Petite jeune fille bien sous tous rapports. Pour autant, elle et sa musique me subjuguaient. J’adorais surtout la batterie parfois tribale (beaucoup de tom basse) et violente. C’était un groupe jusqu’au-boutiste fait d’énergie brute et sans complexe. On peut donc dire que, dans un certain sens, ils m’ont tellement marquée que j’ai forcément dû imiter leur énergie et l’imbrication des instrus avec le chant. Mais pas ELLE en particulier. Elle m’impressionnait mais me dégoûtait un peu aussi par son jeu de scène dépravé et ses relations malsaines avec le guitariste (elle lui tapait dessus). Bref. Ce groupe – par le biais de sa leadeuse – a contribué à forger mon univers musical. Dans le même genre, j’aimais bien écouter Janis Joplin de temps en temps. Une icône rock à laquelle on pouvait facilement s’identifier. Une meuf pas très belle mais bourrée de talent. Son chant m’a beaucoup émue. J’aimais son son rocailleux. On sentait qu’elle ne faisait pas de chichis : à fond dans son truc, elle faisait SON truc bien à elle. Musicalement, j’étais pas hyper fan, mais son énergie et son intention dans la musique sont, tout comme pour Katie Jane et son groupe, des choses qui m’ont marquées au point d’en faire un peu mon credo : rien à foutre de ce que les gens pensent de moi, je suis moi et je vous emmerde !

 

Camille, «dans le social, 2 filles, musique, couture et lectures »,  Angers : J’aurais vraiment envie de te répondre « ma mère », bien sûr, car je suis issue d’une  grande  lignée de féministes ! Mais pas sûr qu’un paragraphe sur ma maman intéresse tes lecteurs-trices ! Alors j’ai bien réfléchi, bien tout retourné dans ma petite tête,  et j’ai trouvé ! Depuis mon année de 4ème, j’ai une idole, une fille-femme à qui je voulais ressembler (j’ai perdu espoir aujourd’hui, hein), dont j’adore la musique, le charisme, la détermination, la voix, et j’avoue, son pays d’origine ! C’est Björk. Et pour tout te dire, j’adore toujours ! Bon les premiers albums surtout, ‘Vespertine’ est le dernier que j’ai acheté ! Elle m’a donné envie de faire de la musique autre que du classique (12 ans de conservatoire, pas facile de te détacher de ça…), d’expérimenter ma voix, de me faire confiance, de me dire que les filles aussi ont le droit de faire de la zik, sans pour autant attendre que les mecs viennent leur proposer de chanter ou de jouer la basse, PARCE QU’il y a moins de cordes (oui, oui, entendu !). Parce que moi je voulais chanter, jouer de la basse pourquoi pas, mais composer, écrire, être sur scène…  c’est vrai qu’avec Nécrofilles, c’était plutôt facile… le petit duo de féministes qu’on invite dans les Ladyfest… mais c’était vraiment une chouette expérience, et ça m’a permis de découvrir que je pouvais le faire, même si le niveau n’était pas là hehe… Aujourd’hui,  j’écoute toujours Björk, j’ai toujours envie d’aller en Islande (j’attends que mes filles grandissent et que mon porte-monnaie se remplisse) et j’ai toujours envie de faire de la musique… mais toute seule, face à moi-même, face à ma voix, seule et un violoncelle… un peu comme mon idole de jeunesse, qui n’a pas attendu la permission de qui que ce soit, au milieu  de sa grande île et qui a dû dire FUCK à pas mal de monde pour arriver là où ELLE avait envie d’aller…

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Carol, 37 ans, prof dans la vrai vie, punk rockeuse et créatrice de bijoux chez Grand Street Station : Ma première icône/idole femme… cette question a eu le mérite de me faire cogiter longuement avant de me rendre compte que depuis mon enfance je n’ai toujours admiré que… des hommes! Mazette! Il va falloir que j’aborde le rôle du père dans la structuration psychique avec mon psy! Puis quelques visages sont venus frapper à la porte poussiéreuse de mon lobe temporal… Lynda Carter et son mini-short bleu roi, Oksana Baïul aux Jeux olympiques de Lillehammer, Courtney Love scandaleusement grunge, Brigitte Bardot et Bibifoc, Lady Diana sous le pont de l’Alma… Bien, bien, bien, ce bilan n’est pas franchement glorieux…entre une adolescente rose bonbon, une vieille femme lepeniste et une chanteuse camée, les références et modèles qui m’ont aidés à me construire ne m’apparaissent pas comme probants. Et soudain, l’étincelle! Mais oui! C’est elle!! J’avais à peine 20 ans, fraîchement élue UNEF à l’Université de Poitiers, j’assistais à un meeting politique au printemps 2002. J’étais au premier rang pour écouter, comprendre, et me permettre de voter en mon âme et conscience. Au fur et à mesure des paroles, des propos, des idées, m’est apparue une femme forte, de conviction, convaincue et convaincante. Au détour de la scène, je suis allée la saluer, et ces divines paroles sont sorties de sa bouche « Ah mes pauvres enfants, je n’y vois plus rien, c’est TF1 ! Je ne comprends pas! Pourquoi toujours vouloir me maquiller ??! » Voilà. Arlette Laguiller. Ce tout petit bout de femme, simple, discrète, souriante qui m’a insufflée cette conscience citoyenne, celle-la même que mes parents se sont toujours efforcés de m’inculquer. A ce moment j’ai compris. Compris que l’engagement pouvait être au quotidien, dans mon mode de vie, de consommation, de pensée… Voilà, tout était devenu clair: l’engagement c’est le quotidien. Le rendre militant, censé et intelligible. Je n’ai pas adhéré à son idéologie politique, mais à sa générosité et à son humanité, qui ce jour d’avril 2002, m’ont aidée à apprendre à vivre dans cette société égoïste et inconfortable, et à réveiller ma conscience politique. (PS: merci pour cette petite question qui a permis à mon cher et tendre Ed Scientists de passer son vendredi soir devant le documentaire Kerrigan-Harding aux JO de Lillehammer…). L’autre femme marquante de ma vie est Nana Mouskouri (véridique), mais je préfère passer çadi sous silence.

 

Manue, 33 ans, Paris, touche à tout : Malheureuse ! Tu ne sais pas qu’il  faut éviter de me poser des questions par écrit… je suis en général beaucoup  plus loquace qu’à l’oral… j’essayerai néanmoins d’être brève… Me rappeler quelle a été ma première icône féminine… voilà une question bien pertinente pour une bisexuelle qui a encore parfois du mal à sortir de son placard ! Ne serait-ce pas celle qui, la première, à éveiller mes sens ? Ma mère ? Cela ne compte pas, je crois, beaucoup de petites filles ont commencé par admirer leur maman. (Et nos rapports ayant été très – peut-être trop – fusionnels durant mon enfance, cela fait bien longtemps désormais que je cherche plutôt à m’en différencier. Mais là n’est pas le lieu de mon auto-analyse…). Lorsque j’étais pré-ado, il y avait dans mon cours de danse (classique, s’iouplaît!), une jeune fille de quelques années mon aînée. Non seulement elle était très jolie, mais elle représentait aussi et surtout un idéal à atteindre dans ma pratique. Par sa grâce, sa souplesse, sa légèreté. Je l’ai admirée, je m’en suis inspirée. Peut-être mon premier grand amour refoulé ?… Mais je l’ai rencontrée alors qu’elle était adolescente, et perdu de vue au moment même où elle devenait jeune femme. Encore une fois, cela ne répond pas tout à fait à la question. Dita Von Teese ! Voilà peut-être ma véritable femme iconique. Encore une danseuse… de cabaret ! Pour sa féminité. Pour son art de porter le corset et les talons hauts (moi, fétichiste?). Pour la pin-up. Pour la performeuse et cette étrange vision du féminisme qui retourne les carcans imposés aux femmes par les hommes contre eux-mêmes, faisant de l’hyper-féminité assumée avec bon goût une arme de domination (massive). Pour son côté rétro indémodable. Encore une fois, je n’aurai pas la prétention de l’imiter, mais de m’en inspirer quand me vient l’envie d’essayer « d’assumer ma féminité ». En tous cas c’est la seule femme à avoir orné mon fond d’écran ! Mais ce n’est peut-être pas ma première idole finalement…  Entre ces deux danseuses, j’ai beaucoup admiré le travail d’Elodie Bouchez. Dans ‘La vie rêvée des anges’, ‘Louise (take2)’ et les films dans lesquels elle a joué aux côtés de Jean-Marc Barr notamment. Probablement parce qu’elle y interprétait des filles à la fois simples et complexes, plutôt paumées, auxquelles je pouvais facilement m’identifier. Et parce que j’étais en âge de pouvoir apprécier les performances et les choix de ces rôles en tant qu’actrice. Peut-être fût-elle ma première idole femme. J’en viens à me demander si j’ai vraiment eu une idole femme. J’aime les femmes. Je les idolâtres toutes. (Enfin… sauf les connasses !)
Sinon avant, beaucoup plus tôt, il y a eu Ariel la Petite Sirène, dansant dans l’eau avec une touche de pin-up, et assez tarée pour risquer sa vie dans une relation potentiellement dévastatrice ; pour un mec dont elle n’est même pas sûre d’être aimée en retour … Très fan aussi… Sans doute hors-sujet mais finalement assez prémonitoire de mes goûts à venir…

 

Josef Pinture, enfant antique, artiste : Mon idole quand j’avais 10 ans : Tove Jansson, auteur et illustratrice de ‘Moumine le Troll’, écrit pendant la Seconde guerre mondiale en résistance poétique.
J’ai décidé alors de ne jamais, ô grand jamais, devenir adulte. Ses textes et ses images m’accompagnent encore aujourd’hui.

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Cécile, mon lapin d’Alice : J’avais 14 ans quand Shirley Manson est entrée dans ma vie. En ce temps-là, Fun Radio était une radio rock et Laurence Romance présentait ‘Rock Express’ sur M6. En pleine époque grunge, à l’heure où se construisait encore mon identité, cette icône de la pop culture des 90’s s’est imposée à moi comme LA figure féminine incontournable. Plus discrète que la controversée Courtney Love, cette déesse à la crinière de feu se voulait à la fois repoussante et terriblement sexy. Avec sa bouche pulpeuse et son regard charbonneux, elle dégageait assez de virilité pour éclipser les trois autres gars qui composaient son groupe, Garbage, tout en caressant habilement nos conduits auditifs de sa voix suave et gémissante. A cette époque, je pensais alors qu’appliquer douze couches de crayon khôl sous mes yeux et arborer un rouge à lèvres mat couleur prune suffiraient à me procurer un air frondeur et désinvolte, comme celui de Shirley. Hélas, c’était sans compter les limites définies par l’âge ingrat, à savoir, un total manque de maîtrise de ma masse capillaire, quelques vestiges d’acné juvénile et une timidité contre laquelle je lutte encore 20 ans plus tard. Forcément, quand on combine ce look à un air misérable, un regard baissé et des genoux rentrés, ça ne renvoie pas exactement à l’image d’une rock star exposée sous les feux de la rampe. Au final, j’ai obtenu pour seule récompense, aux yeux de mes congénères, le statut de vilain petit canard mal dans sa peau. J’en ai donc rapidement déduit que je n’arriverai jamais à la cheville d’une Shirley Manson et que je pouvais, par ailleurs, trouver un autre moyen d’exister et d’être moi-même que celui de me mettre volontairement en marge de la société. Aujourd’hui, j’ai mis de la limonade dans mon demi et je me fais toujours un plaisir d’arborer çà et là un élément plus ou moins discret de ma panoplie de grunge baby-doll. J’ai intégré le fait que la provocation ne correspondait pas à ma personnalité et j’en retiens, malgré tout, que la musique tient et tiendra toujours une place importante dans ma vie. Et rien que pour ça, je remercie Shirley.

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UN MILLIARD DE MERCI A TOUTES. Et une bise à Chou.

(Retrouvez d’autres interview de filles super : Marie, Esther, Sabine & Naya, Sandrine -bien accompagnée, Delphine, et Carolyne.)

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Birthday & Social Success

I’m back.

Assez bientôt, c’est mon anniv’. Je suis née en 1980, ce qui signifie que j’ai 50 ans dans 15 petites bourliches. C’est apparemment l’âge où il vaudrait mieux que j’aie réussi ma vie, et éventuellement que j’arbore un bronzage orange.

L’an passé, j’ai parlé de Madonna, cette année j’opte pour une wish-list. Chacun sait que rien n’égale la satisfaction de barrer une liste de choses agréables à accomplir recevoir gracieusement de la vie.

DOMAINE & PARC IMMOBILIER

-Pour le quotidien, un simple duplex avec terrasse à Montmartre ou Pigalle ferait l’affaire. Vous noterez que j’ai annulé mon désir d’habiter Bastille ou Beaubourg, car c’est ici que je préfère pratiquer le pole-dance en étant rémunérée me promener, surtout le samedi en début de soirée, en toutes saisons. De la vie en pagaille, des recoins, des « villas », des bistrots, d’alléchantes échoppes, des célébrités en veste bleue… Et finalement, mis à part au pied du Sacred Heart, il y a plutôt moins de touristes que là où l’on trouve les boutiques branchées et/ou les franchises immondes.

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-Pour les grands week-ends ensoleillés et les années sabbatiques, je me propose (sympa) de loger à Barcelone. Barri Gòtic ou Barceloneta, mon cœur balance. EN PARLANT DE CA, je souhaiterais que soient tout simplement éradiqués de la surface de la terre (ou au moins des restaurants) les plats, au profit des tapas. Ça limiterait à la fois les « risques » de trompage dans le choix, et éviterait de faire ressembler l’humain à un animal obnubilé par le contenu de sa gamelle lors d’une sympathique sortie entre gens civilisés.

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-Pour mes vieux jours, donc après ma retraite vers 85 ans, j’achèterais bien un petit pied-à-terre dans une ville balnéaire de l’Atlantique. Je m’y promènerais en grand pull laineux, fesses à l’air, bravant les vents et les embruns.

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-Je posséderais bien aussi un potager-verger magique. Il s’approvisionnerait SANS AUCUN SOIN de tous mes végétables préférés. Parce que si quelqu’un a la main verte, c’est peut-être le Géant, mais certainement pas oim.

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BIENS MATERIELS

-Une lampe Tiffany. J’ai développé une sorte d’attirance-répulsion pour ces loupiottes qui font un peu flippax, un peu comme pour le couple Balkany. Enfin, le même genre de relations qu’entretiennent les redskins avec les membres du FNJ, vous voyez. Je pense qu’en avoir une m’est nécessaire, une sorte de raison d’être.

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-Le lit du calife Haroun El Poussah dans Iznogoud. Un truc bien rond pour pouvoir se tourner dans tous les sens, garni de mille et un coussins. J’y lirais des BD le dimanche en mangeant des loukoums à la rose.

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-Un bon d’achat illimité dans toutes les librairies du monde. Pas un bon FNAC, hein, parce que je suis une personne qui aime autant les fenêtres qu’assez peu l’uniforme. Du coup, je veux bien aussi être pistonnée pour recevoir toutes les nouveautés de lunetiers comme « Pour vos beaux yeux » ou « La fabrique de lunettes ». (Des yeux verts seraient trop demander, je pense.)

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-Une cave pleine de vin qui ne fait jamais mal à la tête, ainsi que des cigarettes qui ne tuent pas. Passions (avec les gros mots. Note pour plus tard : caler des vacances avec Florence Foresti).

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-Une petite voiture mignonne. De celles qui ne nécessitent pas d’être un aigle de la route pour faire un créneau. Évidemment, j’aurais plus la classe dans un break américain, mais en ai-je vraiment besoin ? Non.

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ÊTRES VIVANTS

Petit personnel :

-Un chauffeur à disposition pour le soir. Un type sympa et fiable. Qui s’appellerait Simone. En voiture !

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-Un lecteur qui me raconterait la suite de mon livre quand mes yeux disent non mais que mon esprit ne souhaite pas attendre le lendemain pour connaître le dénouement de l’histoire.

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-Un travel-planner, qui saurait ce que j’aime faire quand je pars en voyage, le genre de quartiers que j’apprécie etc. Il ne me choisirait pas un vol à 6 dum’ à Beauvais, par exemple (à moins que Simone ne se dévoue pour m’emmener), ni un hôtel en zone indus au milieu des crackés.

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-Un tatoueur personnel bénévole, dont il ne faudrait pas attendre 6 mois les disponibilités, et qui serait tout à fait enthousiaste à l’idée d’encrer toutes mes petites lubies. S’il pouvait également s’avérer être médecin, ça lui permettrait de me prescrire une drogue anti-douleur bien que non addictive. Hey kids, no hope in dope !

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(-Éventuellement une personne qui serait de corvée de shopping, car on aime bien être beau, mais pas souffrir.)

Personnes gratuites :

-Des amis qui seraient les mêmes qu’aujourd’hui, mais disponibles exactement en même temps que moi, ça permettrait de se voir. Si toutefois ceux-ci étaient totalement overbookés (la vie, toussa.), j’aurais des amis de spare : Gwen Stefani, Madonna, Debbie Harry, Courtney Love, Virginie Despentes. Et Renaud car je ne suis pas misandre. Et Amy Winehouse car j’aime aussi les brunes, et les personnes décédées ne comptent pas pour des prunes. En revanche, quand Mado voudrait nous embarquer pour une séance de training intensif, on lui jetterait des trucs à la figure. Comme les bons potos marrants qu’on est.

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-J’adopterais un chat British Blue, qui ressemble à un Popples gris, et un bébé labrador. Autant d’amour que si nous étions trente millions d’amis. Mabrouk.

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TRAVAIL

-Je n’ai pas l’air, comme ça, mais je veux bien travailler. A mi-temps, du mardi au jeudi, ou AU MOINS démarrer à un horaire acceptable ne commençant donc pas par le chiffre 0, et dans une médiathèque if possibeul, Dieu. Une bibliothèque comme celle de St Ouen (Persepolis), sur 4 niveaux, lumineuse, et presque aussi accueillante que son personnel : des tatoués, des blondes peroxydées, des amateurs de Yo La Tengo, des passionnés de documentaires, des foldingues qui passent Slayer à fond les ballons. Avec des BD par milliers, des automates de prêt qui – ô miracle -fonctionnent, des possibilités d’emprunt qui semblent infinies, à environ 4 cm de mon chez-moi actuel. Daydream.

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Elle me plaît un peu plus qu’une Rolex, ma liste. Je m’y vois déjà comme dans une boule de cristal. J’avais peur de voir trop grand, au début, genre Paris Hilton, mais c’est bien.

Vous noterez qu’il n’est pas question de musique, de disques ou de concerts dans ce petit inventaire. Primo, j’ai presque 50 ans, donc on va se calmer un peu, les gars. Secundo, je garde cette partie secrète, exceptionnellement.

Allez. Joyeux non-anniversaire à tous.

ET MERCI DE ME LIRE DEPUIS UN AN!

Chère Dunia Miralles …

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Chère Dunia Miralles,

Je n’ai pas pour habitude de faire des critiques de livres, d’autres ont ce talent, l’expérience, et l’argumentaire adéquat.

C’est par un concours de circonstances, aussi pur que fortuit que j’ai repensé à ‘Swiss Trash’, et que je me le suis re-procuré, d’occase, me rappelant l’avoir lu (dans tous les sens du terme) avec délectation il y a … 15 ans. J’ai vu par hasard qu’il avait été un best-seller (en Suisse ?). J’ai découvert que tu avais écrit d’autres bouquins. Disponibles dans UNE librairie à Paris, ou sur le site de l’éditeur. Pas sur les plateformes habituelles, jamais en tête de gondole, toujours absent des rayonnages des bibliothèques, chez nous en France.

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J’avoue ne pas trop comprendre, j’ai lu ‘Inertie ‘, et je ne vois pas en quoi ton écriture susciterait moins de passion qu’une Virginie Despentes (que j’adore, truly), en tout cas il est certain que les ventes ne sont pas les mêmes. Une histoire de notoriété (quid de l’œuf et de la poule), d’attaché de presse, de maison d’édition, ou de rentrée littéraire, c’est la vie, c’est dommage.

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Sache que j’ai encore lu celui-ci avec appétit, émotion, ivresse, rage, tendresse, tristesse. Avec amour et aversion pour tes personnages et notre société, si impeccablement campés. Je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai versé des larmes à la lecture d’un roman. Je suis passée par l’anxiété, la quiétude et l’effroi.

J’ai envie d’envoyer cette chanson à Prune et à sa maman, tu comprends bien pourquoi. Et je vais dénicher ‘Fille facile’, en attendant un nouveau livre. Vite.

Merci et bonjour à La Tchaux.

Bien à toi,

KillMoss

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement la lecture des books de Dunia Miralles, que vous pourrez retrouver par ici ou encore .

Ne voulant pas trop en dévoiler sur Inertie, je vous livre simplement la 4e de couv :

« Béa, sans travail, vit grâce à l’assistance sociale. Enfermée dans son appartement, elle ne sort que pour acheter des cigarettes et parfois de quoi manger. Au rythme de son inertie, entre les pensées obsessionnelles qui traversent son esprit déprimé, on découvre son passé, les motifs qui l’ont plongée dans cette situation et les personnes qui l’entourent. »

Bonne lecture !

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