Alright, This Time, Just The Libraries

Feast your eyes, Feed your delight.

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THIS IS HOW WE DO

Vous avez remarqué combien il est cool aujourd’hui de se nipper « comme un bibliothécaire » ?

Exit les clichés du combo chignon / air grincheux du personnel de type féminin affairé au rangement de ses fiches rédigées manuellement… Ces personnes ont-elles d’ailleurs réellement un jour existé ? Même dans les « bibliothèques pour tous » tenues par de dévotes bénévoles, je n’en ai personnellement jamais connu (les bouquins tout pourritos, ça oui, en revanche).

Je ne mens pas, tapez « librarian fashion style » dans votre moteur de recherche préféré, vous verrez !

Et que celui n’a jamais acheté de lunettes « pour le look » me jette la première pierre, Pierre.

Vous avez dû constater ça en matant toutes sortes de films et séries américaines. Ça ne rate jamais !

En voici quelques illustrations, mais je ne crois pas qu’il existe un teen-movie, une série, un film d’aventure sans qu’au moins une scène se déroule en bibli. Et chaque fois de m’exclamer « Ah, tu vois !!! » (même si je suis seule ou que la personne n’est pas au courant que je recense leurs apparitions).

On peut donc en déduire que ce n’est pas uniquement pour draguer les vampires que Buffy allait à la bibliothèque la nuit tombée, et j’ai encore vu l’autre fois Eastwood bien avancer dans son enquête dans ‘Créance de sang’ grâce aux postes informatiques dotés d’accès à Internet 56K.

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Ci-dessus : Don ‘t come back alive et Terror at Northfeld (Hitchcock), Diamants sur canapé, La belle et la bête, La famille Tenenbaum (quel chouette nom), La légende de Despereaux, La voleuse de livres, Le nom de la rose, Les ailes du désir, Love story, My fair laday, Seven, Le silence des agneaux, SOS Fantômes, The breakfast club et les séries Portlandia, That Seventies show ou encore les Simpson, mais comme je le mentionnais, il est plus rapide de compter les films SANS qu’AVEC biblis.

Mais les comics ne sont pas en reste.

Ici, des strips que j’affectionne particulièrement, mais vous en trouverez pléthore sur la toile, qui sont souvent assez cocasses :

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(Gemma Correll, Charles M. Schulz, Bill Watterson, Sarah Andersen)

ET SURTOUT, CE QU’ON ADORE TOUS… j’ai nommé… LES GOODIES!

Des patches, des stickers, des badges, des tote-bags, des mugs et des tish par milliers.

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Rien qui vous choque ? Hé oui, ma bonne dame, tout ce que je vous présente est anglo-saxon. La France n’aimerait-elle pas ses bibliothèques ?

Dans les films, elles sont encore présentées comme des spots cafardeux (ou des hauts-lieux d’exception et de recherche, dans lesquels le commun des mortels n’aura jamais le droit d’introduire un orteil), dans les séries elles sont simplement inexistantes (comme les bouquins d’ailleurs), je ne vois simplement jamais de BD qui évoqueraient leur présence dans la vie de la cité, et les sacs offerts sont fabriqués en toile de jute, comme les slips de la pub.

Heureusement qu’il reste les blogs, hein.

blondie

Kahloisme

Salut!

Vous aimez Frida Kahlo? Moi aussi, et GROSSE CHANCE, elle est en méga-vogue actuellement, ce qui fait qu’on peut trouver énormément de documentation et goodies sur elle! Enjoy.

Des BD!

Je n’ai lu aucune de celles-ci, juste feuilleté celle de Flore Balthazar et ‘Le perroquet de Frida Kahlo’ (qui a l’air d’être aussi amusante qu’elle ne parle pas de FK, en revanche!). Vous pouvez m’offrir n’importe laquelle:

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Des bio à prix modique et l’indispensable journal de la peintresse mexicaine (tous à la maison) :

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Du tattoo!!!

Beaucoup de tatoueurs s’inspirent du personnage de Madame Kahlo, mais j’ai choisi de vous présenter uniquement les pièces de Nicoz Balboa sur le sujet. Ain’t she nice?

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Du shopping tout sauf inutile, directement à l’effigie de l’artiste : des autels 4 étoiles, de la piñata , des socks, des marionnettes, du bigo, du coussin, et même de petits bijoux exquis :

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Si vous souhaitez les références, contactez-moi, car je ne suis pas là pour faire de la pub à ciel ouvert non plus.

Ah, et on n’oublie pas la gamme de superbes produits dérivés de Benjamin Lacombe-de-l’Ecole-Française :

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Ni tous les petits objets mexicains, de la vaisselle à la blouse, qui vous feront vous sentir une vraie Frida dans l’âme. Je vous ai dit que ma mère s’est mariée dans une robe mexicaine? Eh bien ma mère s’est mariée dans une robe mexicaine.

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C’est bien beau tout ça, mais et l’art de Frida, on peut en voir un peu? OUI. Vous pouvez soit vous rendre sur Google Images, soit aller voir une expo. Cherchez bien, autour de chez vous, en vacances, il y a TOUJOURS un événement en rapport avec. Par exemple, j’ai totalement loupé l’expo à l’Orangerie, mais ce n’est pas grave, puisque j’avais eu la chance, à Istanbul, de voir « Frida Kahlo & Diego Rivera from the Gelman Collection » au Pera Museum. Et il me reste un peu de temps à vivre, ainsi qu’à vous, probablement.

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Mais si je peux vous conseiller un truc magique, c’est d’aller voir une représentation théâtrale. Comme donc, j’ai été absolument occupée visiblement durant les 3 mois durant lesquels ‘Attention peinture fraîche‘ a joué au théâtre Déjazet, je ne peux pas vous la conseiller (d’autant que c’est trop tard). Mais il se trouve que j’ai été invitée par ma maman à voir Frida, il y a genre 4-5 ans, et que j’ai trouvé l’interprétation (en sus de l’histoire de FK, évidemment), alternant jeu et danse, absolument somptueuse. Bande de veinards, ça joue toujours. Checkez cette vidéo :

HASTA LUEGO!

PS : J’ai bien conscience que certaines images sont sous-titrées de l’indispensable mention Olympus Digital Camera, mais cela fait partie des mystères irrésolubles de la Vie.

blondie

Billy the Kill : In Bed with BTK

Mardi 21/10/14, 22 PM, In Bed

Entretien avec Fred Allérat, aka Billy the Kill.

Salut Billy!
Mets-toi à l’aise, hein.

Jeune femme, joli chauffe-lit.

Ça démarre bien. Comme c’est la nouvelle coutume, tu as droit à ton petit montage personnalisé. J’ai visé juste, sachant que j’ai décidé de limiter à 9 images?

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I like it!  Merci pour cette petite attention!  Je crois que l’avenir du visu branché se trouve dans ton logiciel. Ça nous changera des triangles, skulls et têtes de cerfs. Alors faisons un rapide tour de table où se trouvent la plupart de mes idoles. Une sorte de liquide amniotique de ma petite culture musicale on dirait!
RENAUD, c’est le social-gauche des années 80 dont j’ai bien peur d’être le produit, le subversif avec un air de pas y toucher, un humour poétique, l’argot, le verlan, une certaine dose d’humanisme et de sens de la justice,… Ouais c’est pas dénué de charme, et je peux t’assurer qu’il fonctionne encore dans mon petit cœur de grand con.
METALLICA/MEGADETH: J’ai appris la guitare sur les riffs de Metallica, assurément une bonne école, avec un prof qu’avait une guitare pointue, putain! C’est un peu plus tard que je me suis plongé dans les disques de Megadeth, indissociable des four horsemen (puisque Mustaine a été co-fondateur du groupe avant de se faire virer de celui-ci pour quelques histoires de conflits internes (le truc classique d’une bande de potes classique qui passent leur temps ensemble). Malgré mon attachement à la bande à Hetfield, je trouve Megadeth bien meilleurs musiciens et plus expressifs.
MORRISSEY, pure madeleine! C’est mes grandes sœurs qui l’écoutaient, avec les Smiths évidemment. J’étais minot, ce son typique 80’s et le lyrisme du Moz ont enchanté mes jeunes années. C’est un truc triste et gai à la fois, sans mauvais jeu de mots. Du coup mon cerveau est littéralement codé à ce son! C’est le nostalgique qui est en moi qui parle, même si j’ai adoré et vécu au présent trois de ses derniers albums. Je n’ai pas encore écouté le dernier, par contre. Personnage entier et complexe, j’aimerais bien être briton parfois pour mieux le comprendre, et contextualiser un peu plus.
HUSKER DU: Piège! En fait je suis pas super fan (question de son, de jeu) même si je reconnais leur importance et que je peux encore écouter « Zen Arcade » sans m’arracher les cheveux. J’ai découvert la power-pop avec des trucs comme Samiam, Mega City Four ou Jawbreaker, Hüsker c’était un tantinet rétro au niveau du son, quoi. Mais en tout cas je suis un inconditionnel ou presque de SUGAR et la période solo de Bob Mould des années 90’s/early 2000. De grosses guitares, de gros arrangements, des ambiances quasi-médiévales, une ouverture musicale plus présente que ses derniers albums que je trouve plus classiques et moins singuliers qu’auparavant. J’ai été bien content aussi que sa bio fusse généreusement traduite en français (par ma pote  Marianne Peyronnet) : pas de délire de rock-star, lucide sur sa carrière et l’industrie de la musique, ses échecs et réussites. Le mec est typique  du genre re-born. Une auto-bio qui fait bien le point.
NIRVANA, ouais bon ça marque plus ou moins mon autonomie en matière de choix musicaux, moi qui étais plutôt dans le sillage de mes aînés. C’est tombé au bon moment, au bon âge et en plus ça venait de toute évidence du punk-rock que j’appréciais déjà beaucoup (la vague 77/80). C’est à peu près tout ce que j’ai à en dire, tout le monde a fait le tour de la question, je crois. Une balle dans la tête, une icône dont j’ai pu observer le déclin.  C’est sûr, ça fera de belles histoires à raconter à nos petits-enfants!
POSIES/LEMONHEADS: En voilà, 2 bons groupes post-Nirvana qui sont intéressants! L’un qui s’inscrit dans l’héritage pop rendant hommage aux grands des 60’s avec un côté power-pop, et l’autre un peu plus pop pour hippies, plus grungy dans le délire, révélateur d’une génération un peu plus mollassonne et désenchantée après la disparition de Cobain, justement. ll y a aussi beaucoup d’influences issues des grands mouvements US type country, americana et folk.
BURNING HEADS, ils correspondent avec ma découverte du punk-rock indépendant à la française vers 96-97. Ouais, tout un truc méga cool! Un délire accessible dont on comprend tout d’un coup le discours, et BH représente à merveille cette scène effervescente de l’époque et ils sont encore là depuis 92! Tu sais qu’on les appelle les patrons! C’étaient les wagons de tête qui emmenaient dans leur sillage Seven Hate, Portobello Bones, Condense, Bushmen, et j’en passe! Tout un petit monde à portée de fanzines, de concerts à côté de chez soi, c’est eux qui ont montré la voie a pas mal de groupes, c’est indéniable!

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Je ne me suis pas auto-piégée, mon grand, évidemment, il s’agissait de te faire causer !

Bon, comme j’ai bien envie de mettre un peu de piment dans cette douillette rencontre, je vais CARREMENT inverser l’ordre des questions. Ah! Donc je vais tout de suite t’interroger sur les tatouages de ton bras droit. D’abord, ils sont relativement récents à l’échelle de ta vie. Qu’est-ce qui t’a fait basculer du côté des gros durs?

Alors oui, premier tattoo il y a 2 ans. Un tatouage comme une alliance, juste là, en haut de mon avant-bras droit, tu vois ? Encré en doublon avec cette alliée. Un vrai truc de « A la vie, A la mort », rien qu’entre nous. Plus sweety que gros dur.

Tu as toujours trouvé ça « à la coule »?
Tout ce truc autour du tatouage aujourd’hui m’a toujours un peu gonflé. Que la pratique marque ta différence ou qu’elle se démocratise, je m’en fous un peu, l’avenir d’un monde meilleur ne se profile pas avec l’acceptation ou non du tatouage. J’ai bien remarqué que tout le monde en portait, avant d’en faire un. Il y a autant de connards que de gens fréquentables qui se tatouent, toutes catégories sociales confondues, c’est comme tout, ça fait pas de nous des êtres exceptionnels! Petit dauphin ou ancre marine, même combat! Bon il se fait qu’à un moment moi aussi j’ai eu une histoire à raconter et par le tatouage, j’ai trouvé un bon vecteur d’éternel et d’assumation.
C’est pas avec des propos comme ça que tu feras la une du Tattoorialist, mon petit père. Bref, tu en as plusieurs, tous voisins. Pourquoi les avoir couchés ainsi? Tu en prévois d’autres, ou tu centralises les informations sur ton avant-bras, comme le ferait une puce sous-cutanée? Qui, du coup, serait épidermique, en fait. Pas de secret pour les voyeurs.
Après le premier, j’ai observé, et même carrément ressenti un déséquilibre visuel sur ma peau, un peu comme si tu écrivais ton nom et la date en haut de page et que tu rendais copie blanche! C’est tout naturellement que j’ai fait piquer les quelques idées que j’avais autour du prem’s. Sur l’avant-bras, ça se voit aussi mais si je me fous d’avoir l’air d’une personne à la cool comme tu dis, j’aime autant qu’ils puissent se voir. Il y en aura d’autres mais rien de super pressé ou de vital pour mon épiderme doux mais néanmoins frissonnant.
Parle-moi de l’un de ceux que tu as, soit son origine, soit une petite anecdote qui y serait liée, réaction extérieure, séance chez le tatoueur ou autre…
Sans hésiter, mon tatouage fauteuil roulant. Tout simple, sans effet stylistique, orthopédique-style (selon mon souhait, dessiné par Jimi, un bon pote connu à Brighton, avant qu’il ne devienne tatoueur).

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Une partie TRÈS importante de ma life car entre 7 et 8 ans j’ai passé plus de 12 mois immobilisé, plâtré des deux jambes. Des chevilles au bassin, avec une barre au milieu, hyper freaky! Un accident de croissance qui s’appelle exactement ostéochondrite de la hanche (1 cas sur 750 chez les garçons). J’ai remarqué qu’il était jamais évident de s’exprimer sur cette expérience de handicap oralement, non pas que ce soit encore une plaie ouverte mais de fait compliqué à contextualiser dans une conversation, ça peut aussi vite casser la bonne ambi! C’est donc très lié à mon histoire personnelle et on ne peut plus concret comme signification! Ce handicap momentané a été une expérience qui a été, je présume, décisive pour mon évolution, bien plus que de se le faire tatouer évidemment. Le tatouage n’est rien à côté, ni transcendantal, ni un bonus d’expérience. Le gros dur n’est pas l’homme tatoué mais l’homme handicapé!

Héros. Sinon, tu dois savoir, comme tout bon lecteur, que je m’intéresse également d’assez près au sujet des bibliothèques.

Oui, la bibliothèque c’est ton dada, ton angle d’attaque sur quiconque tu interviewes! Bonne approche!

Well, toi que le batteur de Second Rate proclame comme la plus grande crapule du R’n’R (on va relativiser et limiter ça au début des années 2000 en France), j’ai bien envie que tu me racontes une histoire de voyou qui te serait arrivée en bibliothèque. Une ou plusieurs en fait, car bien que mes précédents invités aient pu s’exprimer sur le sujet, je trouve qu’on n’a peut-être pas assez approfondi ce sujet passionnant qui nous anime évidemment tous. Balance, ainsi que le meilleur spot selon toi.
La plus grande crapule du rock’n’roll ? Ouvrons le dico: Crapule/définition littéraire/dictionnaire Larousse: Ensemble des gens qui vivent dans la débauche et la malhonnêteté. Ou encore: un groupe de Rock.
Donc pas loin mais tu le sais, je suis un repenti de la mauvaise action. Mais pour l’histoire qui va suivre, tu dois m’accorder ton pardon. Au nom de toutes les bibliothèques du monde.
Là où j’ai grandi il y avait un centre culturel qui regroupait musée, café-concert, scène nationale de théâtre, et bibliothèque donc. Elle était assez modeste mais avait son importance au sein de la commune. Je me souviens encore de l’odeur et du silence (enfin des petits bruits qui passent PAR-DESSUS le silence) qui y régnaient. Durant certaines journées, une des meufs du service public aimait bien aller se ressourcer dans le café-concert d’à côté, laissant la bibli ouverte aux quatre vents. Pas de protocole, plutôt cool la gonzesse, elle devait s’emmerder en plus d’avoir pas mal la soif, tu vois! Je la revoyais à chaque concert le samedi soir, improvisant de longues danses shamanisantes toute en crinière. Une originale, comme il se disait sur son passage… Bon, je devais avoir 10 ou 11 ans quand j’ai été initié à l’art du goupinage, de la fauche, du chipage, bref de la pêche aux vinyles, tout droit au fond du sac et tchao! Ah ah! Elle se rendait compte de rien, la nénette, ça recommençait chaque mois et des années durant, je le sais de source sûre! Signalons qu’à l’époque les emprunts étaient gérés par système de fiche et de tamponnage, et les 33-tours avaient pas l’air d’être magnétisés. De toute façon, il n’y avait pas de portique. Suffisait d’attendre qu’elle aille retrouver son demi, et le larcin était presque tellement naturel! Servez-vous, c’est une bibliothèque, c’est gratuit, ah ah!
Voilà c’est ma première représentation d’une bibliothèque, un monde dans lequel tu n’as plus qu’à te servir! Il y a toujours un peu de ça, mais j’ai appris à RENDRE!
Ah, l’autre anecdote bibliophile en lien avec mon métier de chanteur de charme, c’est d’avoir fait un concert à la Médiathèque de Limoges il y a 2 ans, et ça, c’était vraiment cool! Dans un petit auditorium, en solo, c’est le bon mood, le bon endroit. Le gig était couplé avec expo et atelier de sérigraphie, plus quelques collations entre gens bien! Le dream quoi! J’ai pu inviter quelques membres de ma famille qui habitent Limoges et auxquels d’habitude j’interdis toute visite dans les bars qui jouent des coudes, ça pourrait être chan-mé, les gens ont plus de respect, tu vois bien.

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Plus récemment, j’ai bien kiffé traîner à la médiathèque José Cabanis de Toulouse. Je me faisais plutôt chier dans cette ville, alors le seul truc pour passer le temps était d’y rester de nombreuses heures à écouter à peu près tout leur fonds de CD’s! Casque sur les esgourdes au poste des lecteurs mis à disposition, offrant une superbe vue sur les allées Jean-Jaurès empruntées par les habitants de la ville rose. Ceux qui aiment le soleil et la fête, le costume 3 pièces débardeur/short/tongs, et souvent affublés d’une pointe de vulgarité au bord des lèvres.
Dieu merci, il y a aussi des gens en uniforme short en jean’s + Vans + porte-clés massif pour parfaire ce paysage. Revenons aux biblis… Qu’est-ce que tu penses de la sacralisation du bouquin? I mean, j’adore corner les pages, prêter et donner des livres, les trimballer un an au fond d’un vieux tote-bag, voire les découper… Quelle est ta pratique en la matière?
Je n’ai pas remarqué de spéciale sacralisation du bouquin…Ah, tu veux dire en général, pour ceux qui décident de le sacraliser ? Alors oui, non, comme tout le monde quoi, je suis courtois et essaie de ne pas abîmer ceux qui ne m’appartiennent pas, sauf contre-indications. Et ceux dont l’édition est plus luxueuse ou daterait genre du XVème siècle. En ce qui concerne les miens, généralement livres de poche, j’aime les façonner, les sculpter de mes propres mains et de mes propres yeux, comme une paire de chaussures dont tes pieds seuls vont être capables de leur donner la forme obtenue. Alors, je casse la tranche quand le livre est suffisamment entamé (oui, ça se mérite, d’arriver au point où il est envisageable de penser à casser la tranche), je corne petit ou je corne façon triangle isocèle, je marque-page mais jamais « marque-ta-page », j’humecte mon doigt pour y déposer ma salive purifiante au coin des pages, je fourre dans le sac, je l’emmène en ballade dans les transports, bref je lui fais vivre sa vie de bouquin. Car avant ça, impossible de le ranger la conscience tranquille. Lu=used.

Nice. J’ai toujours très peur des gens qui les considèrent comme de vénérables grimoires, qui te font remplir une fiche de prêt pour un Librio, ou te font un p* de scandale s’il y a un peu de sable inside. Allez, je pense que c’est le bon moment pour te demander de me conseiller un book. Comme tu l’auras compris, il est totalement proscrit de promouvoir ses propres oeuvres ou celles de ses amis.
JE, LA MORT ET LE ROCK’N’ROLL (Chuck Klosterman)

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Le mec est envoyé en mission sur les traces des morts du rock, jusque sur les lieux de certains accidents. Trentenaire issu des 70’s, il revient façon road-trip des Etats-Unis sur ses analyses musicales et personnelles. D’intéressantes théories sur Radiohead ou Led Zeppelin. Un mec qui aime bien réfléchir au volant de sa voiture.
Okay, now, un disque. Même tarif pour les consignes! Ou peut-être préférerais-tu que je te demande un top5, ah ah.
A moi de te faire un petit cadeau avec ce titre de Madonna! « You’ve got style, that’s what all the girls say ». A noter le petit arrangement de guitare de Nile Rodgers qui se distingue sur les refrains. Des petites cocottes dont le guitariste est spécialiste, délicieusement simple et catchy, je trouve ça irrésistible!

The Band ou le groupe qui me réconcilie avec la vie. Champêtritude, authenticité, vérité. Roots.

Merci pour le Madonna, tricherie puisque tu me fournis deux morceaux en guise d’album, mais tu es du coup tout pardonné.

Puisqu’on en est au sujet Musique… avec un M majuscule et une clé de sol sur la cravate du jazzman français.
Toutes tes activités lucratives (
est-ce que tout le monde pense à chaque fois comme moi à Lucrate Milk?) sont liées à la musique : groupes, journalisme, cours de guitare.
Est-ce que l’ensemble te permet de vivre convenablement? Ne rêves-tu pas secrètement de percevoir un SMIC de Gardien des clefs de locaux de repet’ de ta ville?

Disons que j’ai toujours privilégié la musique aux études, et n’ai acquis aucun diplôme, aucun niveau d’études décent et j’en paie un peu le prix aujourd’hui, à 32 ans. Donc voilà, c’est système D et calculs d’apothicaire. Il arrive après certaines tournées de rentrer avec une somme d’argent satisfaisante. Malheureusement, ce n’est pas systématique, ces groupes évoluant dans un système DIY, fragile financièrement et/ou auto-suffisant. La passion est le moteur de ces projets, faute de mieux, ce qui est déjà pas mal.
Donc pour m’en sortir je dispense des cours de guitares, et cela depuis plusieurs années. De particulier à particulier et à domicile quoi. Les tarifs parisiens qui se pratiquent permettent de faire de cools petites entrées au bout de quelques cours, ça laisse voir venir. Je complète par les concerts, quelques piges et une dose de RSA. Bref, je bidouille.

Tu as eu, il me semble, d’autres cordes à ton arc, comme un job dans l’administration du spectacle, la comm’… Ça te plaisait? Tu as un moment envisagé ce type de carrière, parallèlement à tes groupes?
Effectivement, j’ai eu une petite expérience dans une asso qui était en fait l’antenne Printemps de Bourges de la région Franche-Comté/aide aux groupes. Oh tu sais, j’étais stagiaire un peu rémunéré, la boss était une pote, l’ambiance était relax mais j’avais pas vraiment de mission précise, on aurait pu tout à fait se passer de moi hormis pour le café et le courrier, quoi. Ce que j’ai aperçu de ce boulot en asso ou en salle/structure, ça m’a pas trop passionné pour le coup! Trop d’administratif aussi chiant que dans n’importe quelle boîte autant que de hiérarchie, trop d’officiel, trop d’intitulés et trop de blabla. J’ai jamais trop compris à quoi était payées certaines personnes et ce qu’étaient leurs missions, mis à part qu’ils soient souvent chargé de quelque chose. Je pense qu’à la base, ces boulots existent car il y a des musiciens, mais c’est encore eux qui galèrent le plus et qui prennent le plus de risques.

Les groupes justement. On ne va peut-être pas rentrer dans les détails historiques, sauf si tu le souhaites… Waterguns, Sleech, Lost Cowboy Heroes (quand je t’ai rencontré en 2004), Billy Gaz Station, Billy & the Devil, Billy The Kill, Second Rate, Napoléon Solo, Simon Chainsaw… Je te colle ça pêle-mêle, volontairement, car ce qui m’intéresse est de savoir ce qui est ‘en stand-by mais pourquoi pas’, ‘in progress’, et d’actualité? Des projets occultes que tu souhaites mettre en lumière ce soir? De futures collaborations, tournées, disques?
Ce sont des projets qui ont été montés sur ces 10 dernières années, tous plus ou moins sérieusement ou avec plus ou moins d’ambitions. Tous ont une ou plusieurs traces discographiques, du live et sans rentrer dans les détails de chacun, eu de bons retours et de petit succès encourageants, valorisants et enrichissants. Second Rate, Billy Gaz Station et ma configu en solo Billy the Kill représentent ce qu’il y a de plus faste dans mon parcours. Second Rate s’est d’ailleurs reformé ponctuellement cette année, 11 ans après le split, pour une salve de dates qui furent hyper plaisantes. Il y a encore de vrais fans du groupe en France, un chouette retour de médaille qui est bien boostant! Pour ce qui est de Simon Chainsaw, je l’accompagne sur la partie européenne de sa carrière. Il est Australien et partage sa vie entre son pays d’origine et le Brésil. On travaille ensemble sur ses disques et ses tournées en Europe. C’est agréable de travailler à ses côtés, même si ça demande une organisation particulière et à distance, et parfois très risquée. Le mec avance, fait des sacrifices personnels et, à 50 ans, garder la même motiv et le même positivisme, respect! Mon dernier disque avec lui est « Don’t kill Rock’n’Roll », du pur rock hi-energy, flamboyant et pas garage pour un sous! Au printemps dernier, je lui ai enregistré des guitares acoustiques pour un futur disque composé de chansons à la cool, et aussi refait des guitares sur ses vieux tubes des années 90. Pareil, un disque qu’il veut sortir pour notre prochaine tournée au printemps prochain. Plus récemment j’ai rejoint Napoléon Solo qui s’est retrouvé en rade de guitariste. Super groupe fait d’influences post-hardcore et noise des années 90. Le genre de musique où tu joues les pieds rentrés, tête penchée et les Converse un peu tordues sur tes pédales! Noisy et mélodique as fuck! Le groupe travaille à son rythme, disons 3 fois une semaine de tournée/an. Une ambiance de travail décontractée et là aussi avec des gens d’expérience (2 membres de Dead Pop Club, je retrouve aussi Jon de Second Rate et l’infatigable chanteur à la voix d’or comme Josélito, Forest Pookie). Il est prévu un petit tour en novembre avec eux, avant que nous enregistrions un futur skeud.

Et pour ce qui est de Billy the Kill, n’as-tu pas mis un peu de côté ta carrière solo?
Pour mettre les choses au clair, j’ai sorti un 3ème album en 2013 et il n’a pas reçu forcément l’accueil que j’en attendais. Je m’explique: c’est un disque assez éclectique dans sa production et les chansons qui le composent. Ça ne joue pas sur les codes de la folk actuelle (celle fragile et murmurée, avec une nana au glockenspiel et des fleurs dans les cheveux) ni sur le délire folk-punk (grosses voix, grosses barbes, et attitude de camionneur sans permis!). Je peux pourtant t’assurer que j’ai fait ce disque dans un esprit tout ce qu’il y a de plus punk-rock, c’est à dire libre d’y injecter plusieurs de mes influences, ce qui donne un truc plutôt 70’s pop un brin mélancolique et peut-être plus difficile à identifier, à compartimenter dans une case comme il est coutume de le faire aujourd’hui. C’est pourtant pas un truc hybride ou complétement novateur, ça reste de la pop avec des influences british et US, juste que c’est peut-être trop éloigné du credo du moment. Ya eu de bons retours et de bonnes chroniques si tu veux mais tout ça est resté un peu restreint, contrairement aux largeurs que j’ai mis dans le disque. C’est pas bien grave, l’important c’est de l’avoir fait. Je fais des shows  simplement accompagné de ma guitare, pas d’orchestrations comme sur le disque, ça me permet d’être plus free dans l’interprétation, moins rigide en fait. Donc ouais j’ai mis un bon frein sur les concerts, je me suis trop souvent retrouvé à devoir jouer sur des sonos pourries ou relayé dans le hall d’une MJC pendant que tout le monde prend l’apéro. Ça arrivera encore, c’est pas grave, mais bon ça m’a un peu fatigué un moment. Dans ce type de conditions pas forcément top confortables et d’un point de vue strictement artistique, le concert, il sert à rien. Je suis pourtant bien aguerri de prestas depuis 2005: milieu psychiatrique, maison d’arrêt et bars de quartiers infernaux comme autant de très bons endroits complètement adaptés! J’ai envie de te dire que je n’en suis plus à me tester. J’ai le trac au ventre mais peur de rien! J’ai fait mes armes mais voilà, c’est pas aussi facile qu’avec un groupe qui fait du bruit. J’ai besoin de bonnes conditions pour faire passer ce que j’ai à faire passer. Je reprends du gig cette fin d’année à Lyon au Ninkasi et puis un petit tour dans l’Est en février 2015.

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Tiens, cette chanson des Posies, « Sad to be aware », tombe assez à propos…

Pour revenir à une ambi plus positive, qu’en est-il de tes compétences d’arrangeur en stud’? Il me semble que tu as fait le job correctement sur divers projets, comme Chris Vil, Simon Chainsaw dont tu parlais tout à l’heure… Des propositions, des pistes?

Effectivement, j’ai pris goût à ça après les arrangements que j’ai apportés au mcd de Chris Vil, « Go Away »  qui était plutôt un disque fait de ballades ou de trucs pop-punk, avec un univers bien acoustique, un projet qui le représente en tant que mec en solo quoi, c’est lui la vedette et je suis l’homme de l’ombre! Hop, une ligne de basse, un petit break de bastoche, quelques arpèges, une touche de backing-vocals, ça habille un univers qui n’est pas le mien au départ et ça reste un disque de Chris Vil.  J’ai aussi fait ça avec Laurent Paradot tout seul (aussi seconde moitié de Gâtechien) pour quelques uns de ses live dans un truc qui était encore plus éloigné de mes habitudes: chansons à textes un peu cabaret (il a revu sa formule depuis). Bien! Pourquoi pas ? J’aime ça! J’en veux encore! Découvrir, m’adapter, proposer, jouer au final! Dans le même esprit, c’est ce que je fais avec Simon Chainsaw, être « au service de« . Par exemple, il m’envoie des morceaux faits de quelques accords bien bruts et je ré-arrange le tout aux guitares dans l’esprit de son truc puis j’enregistre dans des studios en France, à ses frais et avec récompense! C’est ce qu’il me demande, je suis ok, c’est tout.

The same quand un groupe a besoin d’un guitariste ou d’un bassiste efficace, i can do the job. Le monde des musiciens fonctionnait comme ça dans les années 50! Aujourd’hui ça marche moins de la sorte, et c’est aussi une question de réseaux plus durs à infiltrer,  d’opportunités, mais ouais c’est clair, j’aimerais approfondir ce travail avec d’autres artistes ou groupes.

btk studio

Raconte-moi ta meilleure expérience de studio, soit par rapport au lieu, à l’ingé-son, au gîte, ou que sais-je?
Quant à des anecdotes particulières de sessions de studios, rien de vraiment glamour. Des journées de travail qui sentent bon le café et les pauses clopes. Je suis allé dans pas mal de différents, analogiques et numériques, en France et en Espagne. Le studio c’est une sorte de bulle, ça va être vachement dur de commencer à relater une anecdote, là, comme ça! Si, peut-être la fois où le maître des lieux du Kaiser Studio, le Kaiser donc, m’a fait croire que j’avais effacé la majeure partie de mon 2ème album solo en prenant une photo de la première bande utilisée avec mon putain de téléphone portable (une histoire d’ondes magnétiques malfaisantes)! Il a remis la bande volume à zéro en loucedé et là j’ai bien cru que tout était niqué! T’imagines l’angoisse! Sacré déconneur le Kais!

En même temps, tu grimpes si vite au cocotier qu’il aurait eu tort de se priver ! J’évoquais le journalisme, tout à l’heure… Tu peux me parler de tes collaborations avec les divers médias?
Depuis peu, je fais quelques piges dans le trimestriel BASS PART. C’est le rédac chef qui désirait une nouvelle rubrique un peu plus light, avec une approche moins « musicien qui s’adresse aux musiciens ». Un truc moins technique et moins axé matos en fait. Je signe des articles du genre « quels avantages tirer d’un instrument merdique » ou ce style de petits tuyaux. Ça représente une vraie fiche de salaire, mais j’ai compris que c’est pas avec ça que tu paies un loyer quand comme moi, tu fais 3 piges! Mais c’est cool quand même, c’est une opportunité que j’ai eue récemment et le monde de la musique est fait principalement d’opportunités! J’adore écrire mais je me considère carrément pas comme journaliste! C’est le fait d’être musicien qui m’amène parfois à cette activité.

Participation à des bouquins? Là, tu as le droit.
Oui j’ai participé un ouvrage assez fun sorti sous forme de livre dont le thème est le premier T-shirt de groupe porté! C’est Nasty Samy (musicien aussi avec Simon Chainsaw, entre autres) l’instigateur du projet. Il a fait appel à diverses de ses connaissances gravitant autour de la musique, du fanzinat ou autres activistes. C’était Metallica mon premier tish, s’il s’agit de briser le suspense! Comme à travers de ta petite postcard mignonne, ça pousse à jeter un regard en arrière, re-contextualiser et c’est un bon exercice d’écrire sur soi (et sûrement le plus facile).

Bon, donc, l’écriture est un dada qui ne date pas d’hier, chez toi, je crois. Tu avais, tout jeune, réalisé un fanzine, qui t’a ouvert pas mal de portes, tu peux m’en relater la story?

Yes yes, j’ai rédigé un fanzine qui s’appelait BRAINLESS quand j’avais à peu près 14 piges vers 96/97, 4 ou 5 numéros. Avec mon pote Guillaume, qui s’occupait aussi de la partie graphique, on en lisait plein d’autres pour se tenir au jus des scoops de la scène! On était fans du zine Earquake qui était bien punk mais bien titanesque, autant de Kérosène et Abus Dangereux, qui étaient hyper cleanos.  On a eu envie nous aussi d’exister et de faire partager notre passion, notre admiration pour la scène indé française. Car c’était d’elle dont il s’agissait, mais on avait 14 ans et on vivait dans un trou! Ça passait le temps aussi et ça nous permettait de légitimer le fait d’aller vers les autres, de les interviewer ou de faire leurs chroniques de démos. On était isolés en Creuse par rapport à tout le mouvement, et ça nous a permis de s’ouvrir et de dire  « Salut on est là, on vous kiffe! » même si on avait l’air de 2 crétins reulous et boutonneux! On attendait la reconnaissance d’un monde qui était loin de nos préoccupations de collégiens, mais auquel on voulait appartenir. C’est marrant parce que c’est comme ça que j’ai connu les Second Rate avec qui j’ai joué par la suite, et d’autres musicos et activistes que je croise encore. Mais sinon, localement dans notre bahut, on n’avait aucun poids, si ce n’est d’avoir refilé quelques skeuds de punk mélo a 2,3 potes!

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Tu as aussi rédigé il y a 3-4 ans une sorte de journal de bord de BTK, tu envisages de remettre ça? Ça pourrait intéresser ta fan-base. Et ta famille.
Après avoir enregistré « Inferno Attack! » de Billy Gaz Station en 2010, j’avais relaté la session studio ainsi qu’une tournée avec un autre groupe dans un format mini-zine en papier, que je dispatchais à mes concerts. Ouais, faudrait que je refasse un truc comme ça, ya toujours des trucs à raconter, mais le temps que je me dise ça, le temps est déjà passé. Gros branleur-style!

Sinon, globalement, tu prônes une grande ouverture d’esprit en ce qui concerne la musique en général. Je ne te rappellerais certainement pas les chroniques de Tryo ou de Portobello Bones (voix parlée en français sur ‘Leyla’) que j’ai pu lire signées de ta plume à l’époque de Brainless, et je veux même croire en ta sincérité, vois comme je suis courtoise. Tout est bon à écouter, alors? Es-tu parfois surpris de tes propres goûts?

C’est vrai que je me suis affranchi de certaines barrières de genre. Le rock’n’roll, qui est ma culture première, englobe déjà pas mal de courants très différents, suffisant à combler ma soif de diversité. Par contre il y a toujours ce petit truc d’appartenance à un style ou un autre qui m’a toujours gonflé, je trouve ça absurde. Je veux dire, c’est intéressant d’analyser les codes propres à tel ou tel mouvement, mais je suis tombé sur d’autres trucs, que ce soit des vieux disques de blues/jazz, de la musique malienne, des trucs varièts pas dégueu, de la soul, des sons plus électroniques, des trucs en français, le reggae, ouais j’adore aussi, tu vois, pas mal de choses. J’ai pas besoin de m’identifier à tout ce qui passe entre mes oreilles, il y a toujours plusieurs niveaux d’écoute, de toute façon. Je fais partie de ces gens sensibles, voire ultra-sensibeul donc une mélodie, un son, une phrase ça peut me causer bien au-delà de ce que le genre représente en lui-même. Je suis bien conscient qu’il y a de la soupe mainstream pas très fréquentable mais je vais pas tirer sur l’ambulance et en l’occurrence, quand un morceau est bon, ça fonctionne plutôt pas mal sur moi. J’essaie d’écouter sans filtre, je marche à l’affect. « Quand on tourne le bouton de la radio, on trouve toujours l’air qui vous trottait tout au fond. » Là, je te paraphrase éhontément Leos Carax parce que c’est tout à fait le sens que je voudrais te donner. Quand mes goûts s’éloignent du rock, je trahis pas la cause, c’est pas du poison! Je vois des gens, sur les réseaux sociaux par exemple, qui n’expriment leurs goûts qu’à travers ce qu’ils n’aiment pas, ou dès que c’est un peu différent, ils entrent en détestation totale! Mais putain c’est quoi, le souci? On sait que vous avez les meilleurs goûts de chiottes de l’univers les mecs!! Faut essayer de comprendre le bien-fondé de certains trucs, parfois. Beaucoup de gardiens du temple donc, de postures, mais wow, les gars ! c’est que de la musique! Perso ça me rend heureux d’aller vers un peu tout et d’apprécier à pleine mesure. Je sais d’où je viens et je sais où je vais.

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Pendules remises à l’heure. Il y a bien certains trucs que TU NE PEUX PAS ENCADRER?
Après il y a des effets de mode qui m’horripilent sur le moment, ça sera peut-être bon d’y revenir plus tard, mais sur l’instant on dirait que tout le monde se clone, c’est insupportable! Bon, c’est en lien serré avec la marketing et ça s’apparente surtout à ce qu’il est devenu commun d’appeler les « musiques actuelles » (je demande une explication sérieuse et objective sur le sujet!) ou tous ces trucs rétros aussi chiants qu’à leur époque, je capte pas l’excitation. C’est monté en épingle et ça dure en général 3 semaines, mais on dirait que tout le monde gobe la mauvaise pilule et court après de nouveaux phénomènes tous les 4 matins. Et ça aussi en indé je veux dire, y a du lavage de cerveau parfois! Faut quand même rester distancié quand tout a l’air d’être très vite consommé.
Donc tu vois avec ma manière d’envisager les choses, je risque pas de me faire niquer avec de la mauvaise came.

Obviously not .

Parlons géographie now : tu as pu remarquer que j’ai livré sur KillMossStars mes impressions, tout à fait partiales et partielles, sur les diverses villes où j’ai vécu.

Oui j’ai lu ça avec attention et plein de connivence, je me suis retrouvé dans beaucoup de tes paragraphes!

« Alors, Billy, Aubusson? » Kiddin’. Sans me retracer ton chemin, peux-tu me dire ce que tu as trouvé de particulièrement excitant à Limoges, Besançon, Angoulême, Toulouse?
On dit, dans une notion de schéma traditionnel, que c’est le rôle du cadet que de partir à la découverte du monde, tandis que les aînés restent à tenir la maison ou font perdurer une activité familiale. C’est exactement le cas chez moi, ceci explique cela.
J’ai passé l’adolescence dans une petite ville où j’ai pas eu envie de rester plus longtemps, j’ai pas ce sentiment de rattachement au départ.
Donc, ce qui est plutôt grisant dans le fait d’avoir habité dans des régions assez éloignées les unes des autres, c’est d’observer leurs différences, tout simplement. S’adapter aux autres en essayant de rester soi-même. On se découvre dans tous les sens du terme.
J’ai bougé à chaque fois par lassitude et l’envie d’aller voir ailleurs. Parce que j’en avais la possibilité, et aussi de nouveaux projets, un groupe ou un autre. Avec l’énergie et l’insatisfaction de la jeunesse!
Besançon a été un super point de départ pour monter des groupes, faire mes premiers gigs en solo dans tout son réseau de cafés-concerts. C’est une ville super agréable à vivre, de plein de points de vue différents (culturel, beauté de ses lieux, connexions entre les gens,..).

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Angoulos et la Charente se sont avérés bien différents, les gens, le climat, la ville en elle-même quoi. Normal, c’est un peu l’opposé géographique Est/Ouest. Bien accueillante mais un peu moins excitant au niveau du réseau local de musicos, les choses sont plus difficiles à faire bouger, quoi. Il existe quand même quelques petites scènes intéressantes (le Jarnac Sound par exemple). C’est un peu coincé entre Poitiers et Bordeaux, peut-être. Mais si t’as un projet qui roule, qui te permet de partir en tournée, c’est à la cool de vivre là-bas. Je suis un peu passé par Toulouse aussi, et là c’était situé beaucoup trop au sud pour moi! C’est un style, quoi. Et c’est pas mon style! Je me suis senti comme un putain d’étranger évoluant en terrain hostile. J’ai fait des efforts pourtant, mais je sais pas, je suis peut-être arrivé là-bas sans projet précis (musique je parle!), les connexions se sont pas faites. Ils ont dû détester ma gueule de creusois! En tout cas, musicalement parlant, chaque ville possède son histoire avec ce qui en découle de son, de couleur, d’attitude. C’est interesting à observer.
Donc tous ces fréquents mouvements constituent une force, autant qu’un handicap. Après avoir acquis une forme de reconnaissances auprès des différentes communautés, il s’est aussi agi de reconstruire un tissu social, d’avoir la force de recommencer les choses à zéro. Ce qui n’est pas chose facile quand tu commences a en avoir marre de raconter ta life pour la 50ème fois…

Je ne recommencerai plus, promis. Enfin, après ça. Dis-moi ce que ça te fait d’habiter maintenant Paris… tu pouvais l’imaginer?
Non je l’avais jamais envisagé c’est vrai. Ça me paraissait même être une sombre galère. C’est l’amour qu’on n’envisage jamais trop en avance qui m’a guidé ici, et ce pour le bien de la communauté! Bon j’aime bien Paris, je pense que c’est un grand mix de toutes les villes que j’ai connues. J’aime bien aussi le feeling de vivre entouré de choses d’époque quand toutes les villes ont tendance à s’uniformiser. C’est complétement charmant et souvent étonnant. On peut dire tout et son contraire sur Paname, y a des trucs bien reulous mais j’essaie de pas trop y faire gaffe. Je suis un solitaire qui n’aime pas me sentir seul. Paris est parfaite pour me donner cette impression d’être constamment dans le mouvement. J’ai compilé pas mal de connaissances d’un peu partout au fil des années, je me sens éloigné de rien ni de personne, je suis connecté!

Des envies particulières pour la suite?

Pour la suite, j’ai pris l’habitude de pas vraiment me projeter en fonction du lieu, mais plutôt de ce qu’il s’offre dans la vie. Pour l’instant je suis comblé et je me sens bien là où je suis.

Good to hear ! Okay, c’est presque la fin, et il est bientôt temps de penser aux cadeaux de Noël (et de la St Valentin). Tu es un grand amateur et feuneur de « goodies », comme on peut notamment le voir sur tes pochettes de disques. Montre-moi tes préférés!

Regarde cette photo de mon mini-cabinet de curiosité, j’ai à peu près tout regroupé dans une seule pièce qu’on appellera celle des commodités.

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J’en mets moins sur les étagères du salon, ça se casse toujours la gueule quand tu prends un  bouquin, c’est reulou. J’aime bien l’aspect plastique et coloré de ces machins, ça décore, c’est fun, ça crée un univers! Une manière aussi de pas lâcher un certain lien à l’enfance, ça mange pas de pain! Je claque pas trop de thunes là-dedans, c’est que du cheap glané dans des caisses de jouets genre aux Emmaüs, je reste à l’affût sur n’importe quel vide-grenier.

Mettons qu’une groupie veuille absolument te faire un petit plaisir (en plastique), qu’est-ce qui manque absolument à ta collection et qui te ravirait?

Je suis toujours à la recherche de Pez, je suis un pez-head comme on dit, alors si vous n’avez pas démarré une collec vous aussi, refilez-les moi en même temps qu’un petit passage au stand!
Bien, pendant que je les lance dans une chasse aux Pez, me voilà seule en quête de la mini-guitare Lucky Luke et du vélo Musclor. Et que chacun reste à sa place.

Well, pour finir, Billy, préférerais tu : adopter un ragondin ou rester dormir ici?
Je vais rester dormir ici et tenter d’adopter un petit hamster.