Oh my Darling, Clementine!

Comme le nom du billet ne l’indique pas, j’ai envie de m’intéresser un peu aux festivités de la Fête des Lumières de Lyon. Ce serait tellement bath que les Illuminations soient généralisées le soir du 8 décembre un peu partout! Personne n’ignore désormais que j’ai passé une partie de mon enfance à Lyon. Et j’y suis retournée pas plus tard que le 23 novembre pour célébrer un autre événement d’envergure, le Kicking Fest # 13. Hop, une petite vidéo ici en passant.
Bon, mais pourquoi ‘Clementine’, alors? Tout simplement parce qu’avec mon père, nous épluchions minutieusement des clémentines, de façon à en garder la moitié en forme de petit bol, tout en gardant la tige blanche centrale intacte, qui servait de mèche, pour en faire un lumignon (un tutoriel ici, parce que si je commence à tout expliquer, d’ici un an on fabrique joyeusement des corbeilles en macramé). Nous déposions ensuite les petites dépouilles de fruits lumineuses à nos fenêtres, comme la plupart des habitants.

Je ne sais pas vraiment si cette pratique était généralisée à Lyon, si nous étions trop pauvres pour acquérir des bougies chauffe-plats (moi qui ne recevais bien souvent pour Noël qu’un sac d’oranges et un triste jouet en bois, keuf-keuf), ou s’il s’agit d’une coutume germanique ancestrale.

L’origine de cette jolie fête, célébrée à cette date depuis 1852, est un hommage que les lyonnais rendent à la Vierge pour les avoir (soit-disant, car on n’est pas VRAIMENT certain que c’est elle, hein) débarrassé de la peste. Mais pour en savoir plus, vous pouvez toujours bouquiner ces deux livres aux titres aussi prometteurs qu’emplis de suspense :

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Et pour une fête digne de ce nom, je vous propose une petite playlist spéciale Immaculée Conception, étincelante, ‘shiny & new’ dans la froide nuit de décembre!

CLICK (FOR THE VERY FIRST TIME)

Aerosmith

Light inside

Bright light fright

Air

BO The Virgin Suicides

Alex Chilton

Hey! Little child

Alkaline Trio

Wait for the blackout

Anthrax

Now it’s dark

Bad Brains

Rock for light

Bad Religion

Turn on the Light

Beach Boys

Wonderful

Bee Gees
(The Lights Went Out in) Massachusetts

Billy the Kill (reprend les Smiths)

There is a light that never goes out

Black Sabbath

Neon Knights

Britney Spears

Kill the lights

Cat Stevens
Moonshadow

Deep Purple

Chasing Shadows

Dinosaur Jr.

Lightning Bulb

Dolly Parton

Old Flames Can’t Hold a Candle to You

 Light Of A Clear Blue Morning

Shine

Declan O’Rourke

Sarah (Last Night In A Dream)

Elton John

Candle in the wind

Spotlight

Elvis Costello

The big light 

In the darkest place

Elvis Presley
Moonlight Swim

Favez

The light is coming in

Flogging Molly

Light Of A Fading Star

Frank Sinatra

I’m Beginning To See The Light

Fugazi

Strangelight

GAS drummer

We got the light

Green Day

2,000 Light Years Away

Goo Goo Dolls

Different Light

Good Riddance

This is the light

Gwar

The Years Without Light

Hank Williams Sr
I Saw The Light

Iron Maiden

Lord of light

Joni Mitchell
Shadows and Light

Night in the city

L7

Moonshine

Leatherface

Daylight comes

Lenny Kravitz

Light Skin Girl From London

Madonna

Ray Of Light 

Like a virgin

  Maria Callas

Ave Maria

Metallica

Hit the lights

Enter Sandman

Millencolin

Light’s out

Ministry

The Light Pours Out Of Me

Nina Simone

In the Evening By the Moonlight

Nine Inch Nails

Lights in the Sky

Nomeansno

Blinding Light

Pantera

Avoid The Light

I am the night

Scorpions

Virgin Killer

The Smiths

Girl Afraid

Sonic Youth

Candle

Green light

Springsteen

I’m on fire

Tom Petty

Strangered In The Night 

Ah oui, et vous pouvez aussi concevoir des lampes sympa à partir de bouquins :
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Signé, signé : Luxi la Luciole (que je préfère personnellement appeler Lucy Luz)

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Library squatter

Aujourd’hui un petit article qui traite de mes souvenirs en bibliothèques. Je rappelle que ce blog n’a pas vocation à devenir une publication professionnelle traitant d’actu ou de débats brûlants, mais juste à raconter des tranches de vie, qui, par un heureux hasard, touchent parfois aux bibli. Retrouvez Lyon, Pau, Angers, Paris, Toulouse, Albi et Sarlat en guest-stars, ainsi que Michael Jackson et ENCORE Green Day.

En attendant d’être téléporté à Lausanne ou dans une autre bibli qui fait rêver, le mieux est encore de profiter de celles qu’on a à proximité.
En général, je ne perds jamais une occasion, en visite quelque part, de me rendre à la médiathèque. Avouons que les collections y sont en général plus excitantes pour tout un chacun que celles des bibliothèques universitaires. Par exemple, je n’ai pas LA PASSION des manuels de maths ou des codes de droit du travail, chacun son truc. Cela ne signifie pas que certaines bibliothèques d’études ne renferment pas de petits joyaux, bien au contraire. Je trouve surtout leurs architectures fabuleuses, j’ai l’impression de rentrer dans de petits palais (où le silence se fait naturellement), et il arrive  qu’on y trouve des trésors type planches anatomiques, animaux empaillés, tableaux périodiques des éléments du XIXe s., enfin des bidules d’histoire naturelle qu’on paie un bras aux Puces de St Ouen.

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Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas choisi ce hobby : il s’est imposé à moi à ma naissance, puisque MES DEUX PARENTS étaient conservateurs de bibliothèque. La carrière, je l’ai choisie sciemment, en revanche, mais nous pourrons y revenir à l’occasion d’un autre billet doux.
Du coup, j’ai toujours « traîné à la bibli » tandis que d’autres baladaient leur puberté au centre commercial, et j’ai même bénéficié de certains avantages honteux, comme pouvoir emprunter (on ne « loue » toujours pas les livres, merci) largement le triple de ce qui était autorisé sur ma carte de lectrice. Quand bien même je ne l’aurais pas souhaité, on n’oubliait jamais de me rapporter mon petit carton hebdomadaire de romans, BD et disques. Tu demandes un skeud de Gainsbourg à ta mère et te voilà avec l’intégrale de ses albums, lives, faces B et enregistrements pirates.

Une des premières bibli dont je me souvienne précisément, c’est celle de la Part-Dieu, à Lyon. Je crois que c’est toujours ce qu’on appelle la Centrale (= la « chef » de toutes les bibli du réseaux lyonnais). En plus des « samedi aprem loisir », mon père m’y emmenait un peu dès que personne ne pouvait me garder, il montait dans son bureau et me laissait aux bons soins des bibliothécaires jeunesse (et pourtant, non, Parents, ce n’est pas une garderie). J’en profitais pour aller dépenser quelques francs au distributeur de Mars, et m’affaler avec toutes les bédoches du monde sur ce que j’appelais alors les Dinosaures = les fauteuils/sièges/coussins géants qu’on peut partager à 200 (ainsi que les poux). Parfois, les nanas m’ont laissé faire du prêt, et je peux vous dire que ça ne rigolait pas tellement à l’époque, à base de fiches auteurs, de fiches titres, de tampons, enfin ce n’était pas la petite douchette et le code-barre. Mon truc pref’ c’était vraiment de démagnétiser les bouquins. On allait déjeuner tous les deux en bons travailleurs de la culture chez Burger King (ouah!!! sauf qu’on s’en foutait en 1986, c’était juste un p* de vendeur de frites), et c’était reparti pour le reste de la journée à bouquiner en suçotant ses cheveux.

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Ensuite, une dans laquelle VOUS NE POURREZ JAMAIS ALLER, qui était un peu réservée à 4 nanas à lunettes, Dédé-le-chauffeur-de-bibliobus, mon frère et moi, squatteurs devant l’éternel, c’est une des annexes de la Médiathèque  Départementale du Rhône, à Limas, dans le Beaujolais (et non au Pérou). Celle-là était un énorme bâtiment, tout neuf, dans laquelle on aurait également facilement pu skater s’ils n’avaient pas eu l’idée nulle de mettre de la moquette partout. Ce genre de bib, pour faire très court, prête aux bibliothèques de petites communes et aux établissements scolaires, donc autant vous dire qu’au niveau « livres dont vous êtes le héros », collections Tom-Tom & Nana et compagnie, ça y allait sec! C’est aussi là que j’ai été complètement outrée de voir que Michael Jackson était classé dans le rayon Pop, alors que j’avais décrété que seuls les Beatles y avaient droit de cité. Eh oui, le type était assez populaire pour se trouver là lui aussi, voire même être le roi du bac. J’y ai eu aussi droit à un arbre de Noël (puisque vous vous demandez, j’ai eu Barbie Féérie) avec un Père-No qui distribuait des médocs aux gamins, un peu chelou, il faudra que je me renseigne un peu mieux.

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J’ai eu, plus tard, l’insigne honneur de déménager dans « la ville des militaires, des vieux et des punks à iench », j’ai bien sûr nommé Pau, et là, j’ai carrément HABITE DANS LA BIBLI, logement de fonction-style. Tout en haut, avec une terrasse à 360° qui donnait directement sur le collège. Assez pratique pour faire coucou le samedi matin aux dix classes de copains qui avaient cours de physique, du fond de mon pyjama en pilou. Je n’ai pas tellement de souvenirs des salles de lectures de la bibliothèque, plutôt du square dégueulasse devant, qui a servi de dernier salon où l’on cause en fumant d’un air tout à fait naturel ses Camel (ou Lucky pêche-abricot, selon les périodes) et en se déshydratant à la Kro. Il faut bien se détendre après ces grosses journées à base de théorèmes et de Genitiv. C’est aussi ici, une nuit, perchée en haut du bâtiment, que j’ai appris live in direct la mort de Cobain sur Fun Radio, ça ne rigolait pas tellement dans la chaumière.

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Jo la déménageuse, bonjour. J’ai atterri à Angers, ce qui finalement fut un bien : j’ai pu découvrir que le punk ne s’était pas arrêté aux Sex Pistols (le Béarn n’est pas très en avance sur son temps, ou était-ce moi?), bien qu’il m’ait fallu un moment avant d’encaisser que ces gamins aux cheveux bleus qui chantaient « Basket Case » soient de vrais rebelles (= ils avaient les dents propres). Revenons-en à la bibliothèque municipale… alors JE N’AI JAMAIS SU QUI C’ETAIT (qu’il se dénonce), mais le discothécaire avait un p* de bon goût, à savoir que la moitié de la salle était tout simplement consacrée au rock, à la pop, et à la noise des années 90. Oh em gee. J’ai malheureusement raté la braderie durant laquelle sa successeuse, plus férue de jazz et de classique, a balardé une bonne part des pépites. Par la suite, c’est ici que j’ai fait mon premier stage professionnalisant, mais on n’est pas tellement là pour parler de travail, je crois.
A Angers, j’ai aussi été bénévole à la bibliothèque anglophone, qui est un autre bon spot pour emprunter des DVD en VO, prendre des cours de langues (du russe et du japonais principalement, comme vous imaginez) et participer à des soirées pizzas-jeux de société, à deux mètres du Donald’s Pub, coucou les gens.

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Lors d’un séjour passé chez ma soeur à Paris qui travaillait activement à finaliser sa nouvelle collection textile, j’avais plutôt intérêt à ne pas me trouver dans ses pattes de petite couturière besogneuse. Et comme, ô surprise, il ne fait pas toujours un temps à se promener à moitié nu au Jardin des Batignolles, j’ai entrepris d’aller visiter l’âme des bibliothèques municipales françaises, j’ai nommé la BPI à Beaubourg. Une petite file d’attente et quelques minutes plus tard, me voilà avec mon petit sésame en papier qui me permettrait de me connecter à Internet. J’ai fait un petit tour du propriétaire, décidant finalement que le niveau 3 était celui qui me convenait le mieux : musique et arts sur disques, livres et revues. Il faut savoir qu’ici, on n’emprunte pas de documents, donc le lieu est consacré au squat et à la lecture sur place. Beaucoup de personnes sans domicile ou en rupture sociale retrouvent un semblant de dignité à la BPI, s’aidant des ressources disponibles ou faisant mine de s’affairer, aux heures de travail comme tout un chacun.  Vous trouverez ici un petit lien vers les différentes enquêtes réalisées par le service Etudes et recherches qui s’intéresse aux fréquentants de la BPI et des bibliothèques publiques en général.
Je vous conseille également de ne pas hésiter à y faire des suggestions d’acquisitions, le but étant d’éliminer (désherber pour les intimes) chaque année autant de documents que ceux qui seront achetés, donc il y a un sacré turnover. Et plus généralement, les bibliothécaires sont assez friands de propositions qui attestent de l’intérêt de leur public.

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Toulouse possède certainement l’une des médiathèques les plus agréables et bien situées que je connaisse. Travaillant (en BU) à temps partiel, j’ai eu tout le loisir d’aller trimballer mes Converse et mon mec des après-midis entiers derrière les baies vitrées, indélogeables sur nos fauteuils d’osier, reliés à la chaîne hi-fi avec un stock d’autobio, de mag musicaux et consacrés aux tatouages. DO NOT DISTURB. C’est gratos et ça fait du bien. Pas mal d’animations sympa : expos type affiches de concerts sérigraphiées, concert de Patti smith (autant dire que je ne me suis pas déplacée au mini-auditorium de 50 places, car s’il y a bien une chose dont j’ai peur dans la vie, c’est un public de profs en furie)… Et j’ai pu me refaire une petite culture en romans policiers scandinaves et humour britannique.

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Une des annexes de cette BM est la Bibliothèque d’Etudes et du Patrimoine, dont je n’ai personnellement pas grand’chose à dire sur le fonds patrimonial, mais voyez plutôt la beauté du bâtiment :
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Mais LA petite perle toulousaine, c’est la médiathèque associative aka Les Musicophages, située rue de la Bourse. Ici, on loue (vraiment) des disques, plutôt orientés musiques actuelles. Toute personne qui aime s’acheter des disques en seconde main guette avec impatience les dates des braderies biannuelles, évite de trop diffuser l’info à ses potes, et se lève tôt pour une fois un samedi matin. J’y ai vu le boss de Kicking Records repartir avec 200 balles de disques, soit environ le même nombre en items. Quant à moi, j’ai pu récupérer quelques enregistrements qui me tenaient à coeur et dont j’avais dû me débarrasser pour m’offrir de la purée en temps de vache maigre. Le lieu accueille également de petits showcases acoustiques et fait office de Centre Info Rock, ai-je cru comprendre.
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Un week-end d’extravagance un peu soudaine m’a entraînée avec mon fidèle complice à prendre le TER pour Albi. Cela m’a permis de réaliser qu’hors beaux jours, mieux vaut ne pas avoir envie de faire de folies là-bas en soirée… En revanche, la ville est très mignonne, rose et pavée, et rien que le Musée Toulouse-Lautrec mérite d’y faire un saut. Mais il y a aussi une petite merveille, la ludothèque La Marelle, dans laquelle nous avons passé une matinée à retrouver les jeux et jouets de notre enfance, attablés sur du mobilier d’école maternelle. L’un de nous a un petit fessier, heureusement. Et l’accueil a été des plus cordiaux, comme c’est généralement le cas finalement.

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Histoire de passer un nouvel an dans une bourgade croquignolette découverte l’été précédent en plein coeur du Périgord Noir, direction Sarlat, où nous étions certains de trouver victuailles à hauteur d’un tel événement. Simplement, si la ville dégueule de touristes et d’agitation en août, autant vous dire que l’hiver est plus quiet. Que faire par temps de cochon et qu’on voudrait occuper son temps autrement qu’en visitant les 15 m² de la piaule d’hôtel? Suspense, suspense… La bibliothèque était ouverte le 2 janvier, bien planquée au premier étage d’un petit immeuble, mais suffisamment célèbre pour que les lecteurs y affluent. Dans une jolie salle d’étude, j’ai pu dévorer les 300 premières pages d’un Läckberg, que j’ai finalement acheté il y a peu pour le finir. Mon petit compagnon en a profité pour faire un roupillon, le foie gras, ça fatigue, et nous étions comme dans un cocon soyeux.
A noter qu’on trouve un peu partout dans la ville des boîtes à livres, où les gens prennent et déposent à l’envi des lectures de tout type. Un bouquin, ça se prête, ça se donne, ça se partage, combien de fois devrais-je le répéter?

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Les prochaines bibli sur ma must-see list sont la BILIPO (Bibliothèque de littérature policière) et la Médiathèque Musicale de Paris.
Can’t wait.

PS : Je n’ai rien à signaler sur les médiathèques d’Issoudun et du Mans, merci de votre compréhension.
PS2 : Les photos sont soit outrageusement volées aux sites des lieux en question, soit ce sont les miennes, et j’en ai fait des petits montages que vous saurez apprécier pour leur bon goût.

One book, one song #2

Comme vous avez semblé apprécier le #1 et que je suis une personne très consensuelle, c’est reparti mon kiki, en voiture Simone et en avant Guingamp!
Today : Metallica, Jimmy Eat World, Manic Street Preachers et Green Day (ENFIN REUNIS)
!

Encore une assourdissante surprise, les paroles de For whom the bell tolls (album Ride the lightning, 1985) de Metallica sont inspirées par… Pour qui sonne le glas d’Hemingway (1940). Bravo.
Maintenant, apprenons-en un peu plus.

Le book, c’est l’histoire d’un jeune prof américain, Robert Jordan, envoyé en Espagne durant la guerre civile dans le but de faire sauter un pont qui était bien utile aux franquistes pour fomenter leurs petites affaires. Le type tombe amoureux d’une charmante résistante républicaine, Maria. Finalement, rien ne se passe comme prévu au niveau du timing, mis à part que le pont est bien détruit : on enregistre pas mal de pertes au compteur.
Ce roman est lui-même inspiré d’un vers du poème No man is an island, entire of itself…  de John Donne (1623 ou 1624, selon les sources, veuillez m’excuser d’être si évasive), voyez plutôt : ask not for whom the bell tolls, it tolls for thee, mais aussi de l’expérience d’Hemingway en tant que journaliste durant cette guerre.
La chanson, quant à elle, est une critique de l’absurdité de la guerre, en cela elle diverge du point de vue d’Ernest, qui est plutôt admiratif du Sens du destin espagnol. Elle démarre live par un long solo de basse, originellement interprété par Cliff Burton; ce solo est parfois pris pour une guitare, à cause de (ou grâce à) la « légère » disto utilisée par Burton. Il lui arrivait souvent de jouer cette partie à l’hôtel sur une gratte acoustique radicalement désaccordée, mais cela est une autre histoire, un peu technique dans laquelle je ne m’aventurerai pas : Kirk Hammett la raconte bien mieux que moi.
Le VRAI solo de guitare, lui, est une réinterprétation du final de Fairies wear boots de Black Sabbath, période Ozzy.

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Goodbye Sky Harbor, titre de Jimmy Eat World sur Clarity (1999), a été écrit dans un avion. Alors qu’il décollait de l’aéroport de Phoenix-Arizona (Sky Harbor, donc), Jim Adkins pouvait encore voir sa petite amie restée à terre, d’où you are smaller getting smaller but I still see you.

Cette chanson s’inspire d’un roman de John Irving de 1989 Une prière pour Owen (A Prayer for Owen Meany), qui raconte une histoire d’amitié de deux jeunes de la Nouvelle-Angleterre dans les 50s-60s. Et l’oeuvre d’Irving emprunte elle-même au roman Le Tambour de Günther Grass (1959). Tout le monde se pique des trucs, c’est comme ça.

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Ensuite, ensuite… Celle-ci est un petit cadeau pour un être qui m’est cher.
Motorcycle emptiness, sur le 1er album studio de Manic Street Preachers (Generation Terrorists, 1992) s’inspire du roman Rumble Fish (Rusty James in French), de Susan Eloise Hinton (1975). Vous la connaissez peut-être si vous avez lu The Outsiders.

L’histoire, c’est celle de Rusty James, donc, qui malgré son jeune âge, 14 ans, est un habitué du schnaps, de la drogue, des jeux d’argent et des combats de rue. C’est aussi celle de son frère The Motorcycle Boy, que tout le monde adore, passionné de moto et qui a les mêmes cheveux rouge cerise que Rusty James. Et celle de ses amis, ses ennemis, sa famille et sa petite amie, le tout sur fond de gangs de bikers.
Intéressons-nous à la chanson, maintenant, c’est un autre paire de manches : à la base, c’est un assemblage de deux anciennes songs de MSP, Go buzz baby go -dont elle reprend les accords ainsi que l’expression Motorcycle Emptiness– et Behave yourself baby, tirée d’une vieille démo . James Dean Bradfield a transformé ce petit monstre hybride grâce à un effet de guitare qui lui est venu en rêve. Les paroles critiquent les idoles de la pop culture, l’uniformisation des jeunes, et la vacuité du mode de vie et du consumérisme occidental. Les membres du groupe la décrivent eux-mêmes comme ‘une chanson de 6 minutes qui parle d’aliénation et de désespoir’. Certains vers sont tirés du poème Neon Lonliness de Patrick Jones, le frère du bassiste des Manic, Nicky Wire.
Sachez qu’une boîte de téléphonie US a réutilisé cet air pour une campagne publicitaire de 2003, ce qui n’a pas excessivement plu aux fans, qui avaient, eux, bien compris le discours anti-capitaliste qui se dégageait du morceau.
La chanson est une des premières que Wire et Edwards ont écrite ensemble : les types étaient obsédés par l’idée de bidouiller un mix de Rumble Fish avec une chanson de Jesus and Mary Chain, à la sauce biker. Ils y ont travaillé comme des dingos, mais ça reste un de leurs meilleurs souvenirs : c’est eux qui le disent.
Comme on ne parle pas sur ce blogz de cinéma, il ne sera pas fait allusion à Coppola, en revanche, je viens de voir que ces sacrés Green Day essaient toujours de s’infiltrer dans mes billets :