RENAUD : Best of, vol.4

Saluti!

Je reviens finalement pour un ultime épisode sur Renaud, beaucoup plus copieux mais qui a l’avantage d’être seul. J’ai vu avec votre boss, il vous accorde une pause-dej’ plus longue que d’habitude, pour l’occasion.

Profitez-en aussi pour jeter un coup d’oeil aux objets dérivés vus dans « L’argus énervant Renaud » que j’ai pu feuilleter à la BPI. Je ne suis pas nécessairement fana du merch à tout prix (type coussins Claude François, pour se blottir contre son héros), mais il y a tout de même quelques patchos, T-Shirts et badges qui me font du wink.

Un axiome m’est apparu, c’est que les profs d’allemands adoraient Renaud. Va comprendre pourquoi ils nous font chanter Nena, alors.

Ma prof de 6e-5e, à Pau, à qui il n’avait pas échappé que j’étais plus enthousiaste au sujet du chanteur que du gérondif (chantais-je en cours?), a commencé à m’entreprendre sur le sujet, et comme pas mal de mes condisciples avaient plutôt l’air branchés ‘Dance Machine vol.4’, elle nous a fait tout un speech sur le fait que la passion primait sur la justesse de la voix, et qu’il était important d’avoir des convictions et de se battre pour les défendre (sous-entendu d’autres croyances que ‘le rythme de la nuit’).

Puis j’ai eu un nouveau prof de germain en 4e-3e -davantage préoccupé d’ailleurs par le fait de nous envoyer jouer au foot ou fumer dans la cour que de nous en apprendre sur Stephen et Uwe ou sur cette vague histoire de Mur- qui avait proclamé haut et fort qu’aucun chanteur ne valait Renaud ou encore Gogol 1er, « le seul artiste à pouvoir déféquer sur scène! ». Merci, mec.

Allez, zou, les zouzous.

Si vous prenez la marche en route :         

RENAUD : Best of, vol.1                     RENAUD : Best of, vol.2                        RENAUD : Best of, vol.3 safe_image.php Je suis une bande de jeunes

Le pitch : Renaud constitue donc à lui tout seul une bande de loubards, vu que ses potes sont soit en taule, à l’armée ou à l’usine. Qu’à cela ne tienne, sa bipolarité lui permet d’endosser tous les personnages. Il s’engueule parfois, mais il se défend aussi, il dirige et obéit, enfin, une bande ça nécessite une bonne gestion RH.

LA RIGOLADE, sans rire, réécoutez-là! « Quand j’débarque au bistrot du coin, et pis qu’un mec veut m’agresser, ben moi aussitôt j’interviens, c’est beau la solidarité. Quand je croise la bande à Pierrot, Y sont beaucoup plus nombreux, ça bastonne comme à Chicago, c’est vrai qu’dans sa bande y sont deux. » Moi aussi, j’aime bien être une bande à moi toute seule. J’me marre. En revanche, il faudra m’expliquer pourquoi le producteur de ‘La bande à Renaud’ a choisi de coller un trio sur ce titre, ça n’a absolument aucun sens.

Jonathan

Le pitch : Un vibrant hommage à Johnny Clegg, spécialisé dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Gloire à l’égalité entre les hommes, quelles que soit leurs couleurs de peaux. « Entre le noir et le blanc, Jonathan n’a pas choisi, Car depuis la nuit des temps, Il sait aussi, Que tous les salauds sont gris ». Avec une petite intro pigmentée « U jonathane uyi judana, Uyi sihlanyana, U’mngisana uhi nzulana, Kodwa u jonathane u m’afrika, Nge nzalo, Irebele, elehlaza elemile », en ndébélé je crois, une langue qui vient du zoulou.

Encore un fois, Renaud se pose là où les profs d’histoire ne s’aventurent pas… Je pense que pour pas mal de gamins des 80ies, Clegg était surtout un mec qui chantait des textes incompréhensibles en dansant dans son futal bariolé. Je voyais bien sur les murs de la prison de Villefranche-sur-Saône s’étaler les mots « Libérez Mandela », mais j’imaginais alors que c’était un petit braqueur enchristé là pour cause de vol d’autoradio… Cette song m’a aussi permis de gagner des tranches de camembert assez jeune au Trivial Poursuit quand il s’agissait de trouver le nom du plus célèbre ghetto de Joburg… Et maintenant, quand mes collègues bibliothécaires boivent du thé ‘Asimbonanga’, je repense toujours à « Jonathan ». wir.skyrock.net Laisse béton

Le pitch : Les déboires vestimentaires d’un p’tit loulou au bar. Le type, tranquillou-gillou, une sorte de Lucien qui jouerait au flipper dans son rade de quartier, se fait progressivement dépouiller de ses santiags, son perf’ et sa paire de blue jean’s.

Je ne vais pas forcément m’attarder sur cette chanson, qui est excessivement connue, et qu’on rangera à côté de ‘Marche à l’ombre’… En fait, j’ai réellement l’impression de lire une BD en l’écoutant : CLAC une beigne, PAF un marron, VLAN une châtaigne. Et puis la victime désignée, qui a pourtant tout du parfait rocker, et qui finit par refiler tout son attirail, ça m’amuse. (Sujet qui m’avait beaucoup moins réjoui quand une bande de filles m’était tombée dessus dans une ruelle  pour me chouraver mon Harrington, mais je vous rassure, personne ne parvient jamais à repartir avec mes affaires).

Ma chanson leur a pas plu

Le pitch : Renaud écrit plusieurs tubes, qui ne lui collent pas, alors il essaie de les refourguer à Capdevielle, Lavilliers et Cabrel, mais il est prié de se les garder. A la fin, il en a assez et décide de composer une chanson rien que pour lui, à base de clé à molette, de canette de bière, de mort et de taule.

Chaque couplet est rédigé « à la manière de », ce qui donne un rendu pour le moins cocasse, et ne faites pas semblant de n’avoir jamais chanté ‘les pierres nu au fond du jardin’ avec l’accent de Cabrel, merci. A chaque fois qu’une chanson lui est refusée, Renaud décide de la remettre dans sa culotte (sous-vêtement qui devient donc un juke-box à la fin), et cela me fait rougir à tous les coups, un peu comme quand j’avais 4 ans et qu’on chantait la souris verte qu’on mettait dans la culotte. Et puis, les chanteurs, ça ne porte pas de culotte. 7756238934_morgane-de-toi Manu

Le pitch : Renaud console son pote Manu qui vient de se faire lourder par sa p’tite. Le Manu est censé être un dur, mais il a beau porter son armure de loubard, il n’en reste pas moins vulnérable. Le chanteur essaie de lui faire entendre raison, en mettant en évidence le fait que les gars sont faits pour vivre seuls ou entre eux, mais pas en couple. Sachant que les nanas sont assez viles et perfides.

Alors, il a été dit que cette chanson s’adressait en fait à lui-même, Manuel étant le second prénom de Renaud, lorsque sa gonzesse avait à faire un choix entre deux amoureux (l’autre étant, on l’a bien compris, Gérard Lamb… Lanvin). Je ne sais pas si c’est la vérité, il en reste que cette chanson ne réconforte pas du tout quand on a une peine de coeur, mais qu’elle accompagne judicieusement nos larmes, et c’est tout ce qu’on lui demande. Un peu comme écouter ‘The saddest song’ de Morphine.

Marchand de cailloux

Le pitch : Sur un air dublinesque (vous pouvez me faire confiance, puisque je n’ai absolument aucune compétence en musicologie), Renaud donne à nouveau la parole à Lolita, qui s’insurge contre les scélératesses de ce monde. Les cailloux lui serviraient à faire justice. A la fin, c’est Renaud qui va prendre des cailloux sur sa guitare, pour lui apprendre à parler à sa place.

Comme je l’avait dit sur ‘C’est quand qu’on va où?’, je ne suis pas absolument transportée par le fait de faire de la ventriloquie avec sa fille (il y a des choses pires, ceci dit), mais certains vers résonnent particulièrement dans ma conscience, comme le fait d’être humain avant d’être un bon chrétien (la chrétienté pouvant être remplacée par n’importe laquelle des religions, bien entendu). Just to say, on vous a vu, vous là-bas, vous galvaniser de prières et vous affranchir du denier du culte, sans pour autant avoir une attitude très charitable au quotidien, ou exempte de xénophobie. Non, je ne m’aGresse pas à vous, chers lecteurs. D’ailleurs, un truc qui est sympa chez Renaud, c’est qu’il fait passer de sacrés messages de sagesse sans qu’on se fasse tirer dessus à bout portant comme avec Bernie Bonvoisin. Ca n’empêche pas de se coller un petit Trust à 4 dum’s, pour le plaisir. mqdefault2 Marche à l’ombre

Le pitch : un petit patron de bar teigneux fait l’inventaire de ses clients, qu’il jette tout naturellement un par un, pour cause de gueules qui ne correspondent pas au standing du saloon : le baba-cool, la starlette, le rocker, le punk, l’intello, personne ne trouve grâce à ses yeux.  Puis il se rend compte qu’il est « épais comme un sandwiche SNCF », et qu’il pourrait aussi bien y passer si sa prochaine victime s’avère plus balèze. Mais alors « Si la mort me paye l’apéro, D’un air vicelard, Avant qu’elle m’emmène voir la haut, Si y’a du monde dans les bistrots, J’lui dirai, Toi tu m’ fous les glandes, Pis t’as rien à foutre dans mon monde, Arrache-toi d’ là t’es pas d’ ma bande, Casse toi tu pues, Et marche à l’ombre « .

Okay, cette chanson est vraiment marrante, mais un peu trop souvent entendue à mon goût. Surtout, je ne trouve pas qu’elle colle vraiment au personnage de Michel Blanc dans le film du même nom, mais plutôt à ‘la Teigne’, que nous irons visiter tout à l’heure. J’ai hâte.

J’ai écouté tout récemment la version d’Emmanuelle Seigner de cette chanson. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de sa soeur vulgos (elles ont la même voix, c’est comme les Bruni), et puis finalement j’ai adoré cette variante façon BB / Anna Karina, invectives canailles pour bouche pulpeuse. Du coup, c’est assez insolite quand elle dégomme la bêcheuse en « Collants léopards homologués chez SPA, Monoï et Shalimar, Futal en skaï comme Travolta », mais c’est un parti pris auquel j’adhère. Grave.

Me jette pas

Le pitch : Redemption song.

Bien utile pour invoquer le retour de l’être aimé quand vous l’avez trompé sans vergogne. a_02_renaud_ecriture La mère à Titi

Le pitch : Peinture d’un home sweet home « typique » de veuve italienne : napperons, fruits en plastoc, masques vénitiens et autres photos de chiens. Au milieu de ça, son fils Titi fait un peu mine de vouloir plier les gaules mais il est pas mal, au fond. « Etouffé mais aimé ».

Pour l’anecdote, le Titi, c’est Jean-Pierre Bucolo, le gratteux de Renaud (et Cabrel, Roda-Gil, Hallyday), et il a trouvé assez juste le portait de sa mamma…

Quand j’étais gosse, j’étais un peu délicate (ou du moins j’ai été élevée dans une famille qui faisait très attention au « bon goût » = le sien.), et je n’avais aucune envie de me retrouver à, mettons, prendre l’apéro chez cette bonne femme.

Lorsque j’ai eu 17 ans, pour les Francofolies, une maman-d’amis-d’amis a proposé de nous héberger avec un copain. Dans un HLM, son petit univers était tout pareil que celui de la mère à Titi : collec’ de poupées en costumes traditionnels, pour toute lecture un TéléZ qui conversait avec une encyclopédie jamais sortie de sa vitrine, accroche-clés mural et compagnie. J’ai eu envie de partir en courant. En même temps il eut été étonnant qu’elle écoute Tantrum et porte une paire de Vans. Aujourd’hui, ça m’émeut plutôt : l’influence de films comme ‘Le goût des autres’ sans doute, et la conviction que le bon costard, le bon diplôme ou la bonne situation n’a rien à voir avec le fait d’être une honnête personne. Et puis, maintenant que les canevas se vendent à prix d’or pour rhabiller les intérieurs, je peux vous dire qu’il y en a une qui serait au top de la hype.

Mimi l’ennui

Le pitch : C’est l’histoire de la Mimi qui s’en fout un peu de tout (comme Doudou), qui n’a plus d’illusions. Elle s’ennuie, Mimi.

Helloooo, this is MY song. Dingo, je peux me sentir bien à 100%, dès que je l’écoute, j’enfile le costume de cette nana, j’ai 14 ans à nouveau. « Elle aime rien même pas les copains, pis elle dit qu’elle est lasse de traîner sa carcasse dans c’pauv’ monde tout gris, dans cette pauv’ vie sans vie. Elle s’ennuie. Mimi… »

Bien à vous, Mimi Moss. RN-argot Miss Maggie

Le pitch : Dim dim dim dim (carillon de Westminster)… Ode aux femmes, exceptée Margaret Thatcher, et mise en évidence du fait que la plupart des pires violences de l’humanité n’impliquent que des hommes. La chanson a d’abord été pensée suite au drame du Heysel , provoqué par des hooligans. Et que vive le sport.

Pour rire, vous pouvez écouter la version anglaise, qui est particulièrement douteuse, et fait un peu passer cette charge anti-testostérone pour une vaste plaisanterie. J’ignorais tout du contexte de cette chanson, il faut dire qu’à 5 ans je ne me passionnais déjà pas pour le football, et pas encore pour l’actualité. J’ai tout de même saisi 2-3 trucs (un peu plus tard) sur la dame de fer (non, pas la Tour Eiffel), mais j’étais malgré tout un peu étonnée car elle m’avait l’air d’être tout aussi sympa que la Reine d’Angleterre. Mais c’est bon, j’ai rattrapé mon retard et j’ai bien remarqué que personne n’a de statuette humoristique de Thatcher agitant sa menotte en signe d’élégante salutation dans son salon.

En revanche, il y a toujours des fils de rien de holligans, et j’aime pas bien qu’ils viennent faire les marioles dans MON métro. 205059_10150146577491037_974028_n Mistral gagnant

Le pitch : Joe le nostalgique raconte à sa fille son enfance dans les 50-60ies, qui, visiblement, ne ressemblait en rien au film ‘Rock around the clock’ (1956), mais plutôt à la vie d’un Antoine Doinel bouffeur de bonbecs.

Merci la radio, merci la TV, vous avez encore bousillé un titre bigrement joli, à force de nous le servir à toute heure et à toutes les sauces mijotées au jus d’apprenti-chanteur en mal de célébrité. Donc, je ne vais pas davantage m’étendre sur cette chanson que tout le monde connaît.

Moi, elle me rappelle les bonbecs fabuleux que j’allais acheter avec mes petites pièces au bar-tabac-glacier des allées du Mail à La Rochelle. Elle a la saveur du repas des otaries de l’aquarium et les rires qui s’envolent des balançoires à cordes, les « Petits bateaux ».

Mon beauf

Le pitch : Sympathique portrait d’un hypothétique beau-frère, mais un vrai beauf, ça c’est certain. Légionnaire, ignorant des dernières nouveautés en terme de contraception, violent et infidèle, inculte et évidemment propriétaire d’un berger allemand, puisque chasseur. N’en jetez plus.

Tout est réuni pour dépeindre le prototype d’un dégénérescent mental. La song se termine par une allusion au beauf’ à la Cabu, salut l’artiste…

(Et bien sûr, n’oublions pas que le beauf peut revêtir tout type de costume, pas seulement un jogging de canapé.) mon-beauf-,-tome-1-567196 Morts les enfants

Le pitch : Douloureux bilan des crimes guerriers perpétrés sur la planète, vandalisme des entreprises capitalistes, actes de pollution chimique… dont les premières victimes sont les enfants. « Mort l’enfant qui vivait en moi, Qui voyait en ce monde-là, Un jardin, une rivière, Et des hommes plutôt frères, Le jardin est une jungle, Les hommes sont devenus dingues, La rivière charrie les larmes, Un jour l’enfant prend une arme. »

Magistral. Et encore une chanson, qui, si tu la décortiques, va pouvoir te filer des points chez Lepers, une fois que tu sauras placer Bogota, Bhopal ou encore Seveso, ce qui n’est pas gagné à 6 ans.

Je reviens sur la reprise de ce titre pour ‘la bande à Renaud’, qui, évidemment, est exécutée par Lavilliers, comment en serait-il autrement? Docteur ès-voyages et contestation, spécialiste de la réinterprétation de diverses musiques du monde, c’était bien l’homme de la situation, bravo.

Rien à voir, mais pendant que j’en suis à Bernard (une fois n’est pas coutume) j’ai juste envie que vous alliez écouter un peu de Balbino Medellin, qui est en quelque sorte son filleul dans la grande famille du show-biz. Régulièrement me prend une crise obsessionnelle sur ce type, qui m’oblige à écouter son premier album en boucle. Il a un truc de Renaud, un peu chanson, un peu rock, un peu punk, un peu gitan. Love.

Où c’est qu’j’ai mis mon flingue?

Le pitch : J’aime pas les journalistes, les faschos, les gauchos, les bourgeois, les flics, les politiques, les drapeaux.

  1. Et bordel, qu’est-ce que ça fait du bien.

 a_01_renaud_au_tableau La pêche à la ligne

Le pitch : Renaud part pêcher un dimanche matin, tandis que sa gonzesse dort encore. La journée se passe en parallèle pour les deux, et quand il revient, sa femme est partie.

Le chanteur se pose comme un anti-héros, il est fier, il est menteur. Il imagine sa nana, un peu ridicule, rêver à des acteurs, téléphoner à sa mère pour parler de futilités et de son grand amour pour lui, se maquiller alors qu’il n’est pas là… On comprend qu’il n’a justement jamais rien réalisé de sa psychologie, et qu’elle ne peut plus souffrir ses petites fourberies. Cette song est aussi chagrine que grotesque. Comme la fin d’un couple, quand on se rend compte de l’absurdité de la relation, entre souvenirs d’un romantisme passé et ridicule de la situation.

Ces mots résonnent aussi souvent dans ma tête : « Vouloir trop plaire, C’est le plaisir des moches’. Voilà, je vous assène ça sans prévis, mais c’est ‘Tellement vrai’, comme dirait NRJ12.

Le petit chat est mort

Le pitch : Le papa console sa fille de la perte de son chaton. Il souligne le caractère fondamentalement  libre des chats pour sécher ses larmes.

Comme pas mal de gens ici-bas, j’ai perdu un chat (même plusieurs) : Moustique, un petit bâtard de gouttière, qu’on a finalement identifié quelques jours après son départ grâce à sa trace de peinture verte sur le flanc. RIP, Kitty-Dude.

Je me rappelle sinon m’être vraiment illustrée dans mon club de théâtre (à peu près autant qu’en danse ou en gymnastique) avec cette réplique ‘Le petit chat est mort’ tirée de l’Ecole des femmes. Ma pièce à moi était Le médecin volant (une ébauche du Malade imaginaire), je jouais un vieux crouton, et je pense que Molière n’avait pas beaucoup de tirades en stock pour l’avoir réutilisée. Comme si on n’allait se rendre compte de rien. Et ça a sa place dans la Pléiade!

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P’tit voleur

Le pitch : Un petit braqueur écrit, de sa cellule, à un ami. Il est là pour avoir « taxé Un putain d’vélo même pas en or ,Pi, deux trois conn’ries, Des trucs de pauvres, Des trucs pas beaux, Un auto-radio, Une montre ou un stylo. » Voyez le genre.

Scène de la vie ordinaire, le gamin a grandi dans une zone défavorisée, sans l’amour de ses parents, sans trop d’éducation. Vicious circle. Mais apparemment, c’est toujours le genre de parcours qui échappe aux juges et aux ministres-de-l’intégration-de-l’éducation-de-la-cohésion-sociale-et-de-l’égalité-des-territoires. « J’avais déjà purgé ma peine, Avant même d’être ici, toute ma vie, Z’ont pas compris ça, les teignes , Qui m’ont puni, Que la vie fut une chienne , Avec moi comme avec ceux, Qui ont dans les yeux, Trop d’amour ou trop de haine, Ou trop des deux. » Avec un émouvant salut à Manu, Pierrot et Angelo inside.

P’tite conne

Le pitch : Renaud s’adresse à une jeune tox qui vient de mourir. Il a du mal à trouver sa place dans le cortège funèbre, dégoûté par le fait que sans doute les dealers sont là, que la drogue semble un rituel tout à fait naturel dans son milieu. Il pense à la réaction de sa mère, surtout.

La chanson est dédiée à Pascale, la fille de la comédienne Bulle Augier, qui meurt juste avant ses 26 ans, à la sortie d’une soirée au Palace. Jarmusch lui a aussi dédicacé son « Down by law ». Contrairement à Michel et la Blanche, il s’adresse à une personne déjà trépassée. Renaud évoque le besoin de P’tite conne de rester jeune, mais « Qu’à pas vouloir vieillir, On meurt avant les autres […] tu voulais pas mûrir, Tu tombes avant l’automne juste avant de fleurir », ce prétendu élixir de jeunesse ne faisant en réalité qu’accélérer sa déchéance… Cette chanson est tout simplement somptueuse. J’avais tellement envie de rejoindre Renaud pour secourir la gamine, casser la gueule des ‘imbéciles mondains’, consoler la maman.

C’est sûrement pour ça aussi que j’avais appris à ma soeur, à peu près âgée de 4 ans, l’intégralité de ‘Cendrillon’ de Téléphone, et qu’elle était tenue de la chanter jusqu’à ce qu’elle la connaisse par coeur. Mais bon, je suis un odieux personnage qui ne lâche que lorsque mes interlocuteurs sont trop épuisés pour obtempérer. Ceci dit, elle n’a pas fini comme Christiane F., je pense qu’on peut me remercier au moins pour ça. 1979RenaudetJean-LouisCrimon Putain de camion

Le pitch : Dois-je? Bon. Un hommage à Coluche, décédé d’un accident de moto le 19 juin 1986. Il était aussi le parrain de Lolita. Rage et tristesse.

Well well well. J’avoue, je n’ai jamais été une grande fan de Coluche, que j’ai toujours trouvé un peu vulgos, et le biopic de 2007 ne m’a pas fait davantage apprécier le type. Okay, les Restos du coeur, Tchao Pantin, toussa. Pour info, à la même boum où Mélodie m’avait offert une K7 de Roch Voisine, Stéphane s’était fendu d’une VHS de ‘La vengeance du serpent à plumes ». Voilà, c’était ça les cadeaux au début des 90ies.

Cela étant, il était difficile de faire comme si cette chanson n’existait pas, et il faudrait avoir une sacrée mauvaise foi pour ne pas louer ce témoignage d’amour. From a friend to a friend.

Le retour de la Pépette

Le pitch : La Pépette (qu’on avait rencontré près des auto-tamponneuses), comme Doudou, part en vacances au camping. Elle rêve du grand amour, et remplit sa valise de toutes sortes d’ustensiles assez utiles, type tenailles et poisson surgelé. In fine, elle manque de se noyer en faisant de la planche dans une mer pleine de pétrole, se tape des coups de soleil, et arrive après la fermeture du Macumba à 5 dum’. Elle rencontre tout de même son âme soeur pour quelques heures, qui réussit à la planter en embarquant la valise.

Un peu de fun! L’autre jour en faisant du shopping, j’ai dégotté une robe jaune, ce qui m’a totalement emplie de joie, car j’avais l’impression d’avoir trouvé le costume de la Pépette. Je l’ai embarquée aussitôt, ravie à l’idée de partir passer de charmants congés payés grâce à elle. La vie est pleine de petites allégresses. 10425120_10152466786441037_1482239971548071362_n Rouge-gorge

Le pitch : Hymne au Paris d’avant les promoteurs immobiliers, celui de Robert Doisneau, l’homme (l’autre) au foulard et au coeur rouges.

Just another ‘To Paris with love’ song. Plus fort que les amoureux du ‘Baiser de l’Hôtel de Ville’ est le petit peuple de Paris et de Doisneau : artisans, clochards et autres gamins des rues… mrXmipJg9DpJ-QYGx8g8s2w Salut manouche

Le pitch : Renaud le gadjo s’adresse à un pote gitan, plus admiratif de sa vie que véritable complice, d’ailleurs.

Ah je l’aime presque autant que ‘Deuxième génération’, celle-ci! Allez, adjugé, le même nombre d’étoiles que ‘Baston’. Une vraie jolie peinture gipsy : le vieux Saviem, les caravanes, la famille nombreuse-famille heureuse, les rempailleurs de chaises et le cigarillo, le mort-aux-vaches tatoué, tout est réuni pour s’émerveiller, ou bien faire peur. J’ai toujours adoré le passage où le type donne à Renaud son vieux peigne, une vraie preuve d’engagement fraternel, trouvé-je.

Ado, attablée devant mon petit crème au ‘Café du Parc’ de Pau, j’avais repéré un magnifique gitan, chevelure luisante, veste de daim et sourire enjôleur, qui passait ses journées au comptoir. Finalement, mon appareil dentaire et moi-même n’avons pas donné suite, sachant qu’il devait frôler l’âge critique de 25 ans. Enfin, il m’a toujours fait penser au bohémien de la chanson. Tout comme sa famille me rappelle les gitans de St Ouen, ou encore ceux de « Grâce et dénuement » d’Alice Ferney. « Toi ta famille, tes chiens, tes mômes, tes cousins, tes frangins, tes poules, c’est comme une grande bouffée d’ozone, quand ça déboule. »

Si t’es mon pote

Le pitch : Joe la mauvaise foi! Il triche au Scrabble, tient à rester jusqu’à la fermeture du rade quand son pote est fin rond, l’empêche de retrouver une gonzesse qui pourrait les séparer tous les deux, et lui demande de mourir avant lui. « Mais faut tout m’pardonner, parc’que d’main j’peux crever, c’est la vie, Jamais tu t’en r’mettrais, et qu’est c’qui t’resterait , comme ami ? » Il promet de fleurir son copain de chrysanthèmes toutes les semaines.

Géniale!!! Cette chanson, c’est un peu celle de ma pote et moi, qui nous lancions tous les challenges du monde, plus ou moins catholiques, en démarrant par « Tu voudras jamais… », du coup, on était prises au piège et obligées d’accepter toutes les tocades de l’autre.

Société tu m’auras pas

Le pitch : Diatribe contre la société (surprise!), l’armée en première ligne, mais surtout contre d’anciens chanteurs engagés, selon Renaud récupérés et corrompus. Antoine, Dylan, rendez-vous, vous êtes cernés.

Une des chansons les plus fortes du répertoire, qu’il devait être assez amusant pour ma famille de voir chanter par une troll de 5 ans, coupe au bol de Ramones et robe à smocks.

Au lycée, je l’avais réécrite pour une copine qui avait ‘des soucis avec ses problèmes’ de coeur, et j’avais remplacé astucieusement les noms des chanteurs par ceux des indésirables. Je suis un peu l’Auvergnat, moi, je réchauffe les âmes, envoyez la Légion d’honneur.

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Son bleu

Le pitch : Un type de 50 ans rentre à la maison, après ses derniers instants à l’usine. Communiste, il a été de toutes les luttes syndicales : son job, c’était toute sa vie, et elle part en fumée. Il se sent désormais bien vide, et repense à son fils, qui, lui, est parti faire la guerilla au Nicaragua (Sandinista VS Contras). « Merde aux hommes et merde à Dieu, Il dit en raccrochant son bleu, Mon enfant a compris mieux que moi, Le bonheur de faire péter tout ça. »

Etrangement, cette chanson fait douloureusement écho à ‘Il ne rentre pas ce soir’ d’Eddy Mitchell. Ici, il s’agit d’un type plutôt aisé qui se fait virer. « Fini le golf et le bridge, Les vacances à St. Tropez, L’éducation des enfants, Dans la grande école privée, Il pleure sur lui, se prend pour, Un travailleur immigré, Il se sent dépassé. »

Deux vies que tout oppose, mais finalement, si on n’est pas tous égaux face à la providence, il n’y a plus de rivaux dans l’infortune. Dans tous les cas, vous me permettrez de verser une larmichette en solidarité.

La teigne

Le pitch : Portrait d’un jeune gringalet, qui, certes, n’a pas eu trop de chance dans la vie au départ, mais qui est surtout un abject personnage avec l’ensemble de son entourage, tous sexes (ça fait 2) confondus.

Encore une de mes préférées! Ceux qui ont la joie de me connaître personnellement, et surtout mon petit compagnon, comprendront aisément pourquoi. « L’était bâti comme un moineau, qu’aurait été malade. A la bouche derrière son mégot, Y’avait des gros mots en cascade. L’était pas bien gros, c’t’asticot,  Mais c’était une vraie boule de haine, on y filait plein d’noms d’oiseaux. Même ceux qui l’connaissaient qu’à peine , l’app’laient la teigne. » Exactement la créature que j’ai rencontrée il y a une dizaine d’années, ça tombe bien, c’est comme ça que je les aimais. Je me plais à croire qu’il est un peu différent désormais, mais j’ai eu un choc lorsque nous l’avons écoutée ensemble la première fois, entre rire et effroi!

« Mais moi, qui l’ai connu un peu, Quand parfois j’y repense, Putain ! C’qu’il était malheureux !, Putain ! C’qu’y cachait comme souffrance, Sous la pâle blondeur de sa frange, Dans ses yeux tristes, dans sa dégaine., Mais j’suis sûr qu’au ciel c’est un ange, Et quand j’pense à lui mon cœur saigne. Adieu la teigne… » (Oui, le mec meurt à la fin)

Tiens tiens, à qui d’autre pourrait-il ressembler? mqdefault La tire à Dédé

Le pitch : Personnification d’une bagnole qui en a vu de belles, à travers son propriétaire Dédé.

Comme avec la Teigne et nombre des personnages contés par Renaud, on fait ici la connaissance d’un sacré olibrius, pas trop dévot, mais auquel on s’attache (et on s’empoisonne) nécessairement, parce que ce sont bien des types vivants comme ça qui t’aideront à te fabriquer des souvenirs, pas tes assommants camarades du catéchisme.

« Dédé l’avait fait r’peindre en bleu métallisé, Y disait qu’ça lui rapp’lait l’ ciel de son pays, On a jamais bien su où qu’ c’est qu’il était né, Vu qu’il était menteur comme tous ceux de sa race ».

Encore un qu’on est un peu affligé d’aller visiter au cimetière de Pantin. images Triviale poursuite

Le pitch : « Nouvel » état des lieux géopolitique des victimes de la colonisation en Palestine, en Nouvelle-Calédonie, en Afrique du Sud, à travers des questions thématiques du célèbre jeu de société : histoire, géographie, sport, sciences et nature, littérature. Renaud propose d’envoyer les coupables à la Vologne, rivière tristement célèbre pour avoir accueilli en son lit le corps du petit Grégory Villemin.

Eloquent, limpide, cinglant.

Tu vas au bal?

Le pitch : Où il est question que deux amis aillent au bal, aux putes, ou encore à l’église. Mais finalement personne ne va nulle part, d’ailleurs le pote meurt de froid. « Alors j’ l’ai enterré, Pis j’ suis allé danser, Avec les putes du quartier, Dans l’église ravagée. »

Défi-défilé : Chantez cette chanson, impossible. Je pense que l’auto-réputation de chanteur énervant provient de cette ritournelle.

Socialiste / Tonton / Welcome Gorby

Ces 3 chansons ont le goût des fruits de mon arbre généalogique, la silhouette des épaulettes de ma mère, le parfum composite de la laque Elnett et des petites cacahuètes du distrib’ au café, la résonance des apéros-concerts dans les librairies lyonnaises.

Elles ont le grain de cette photo de mon père et moi prise lors d’une manif par la presse locale, elles sont la secousse de la mort de Bérégovoy apprise en direct par un flash au milieu d’un épisode de Frou-Frou.

Elles sont mon embryon, elles sont Renaud et moi forever.

 

Okay, this is the end, my friends, then let’s keep dancing.

Merci à : Renaud, Johnny C., Manu, Titi, Mimi, Maggie, Pépette, Doisneau, Dédé, Tonton, Pierrot, Angelo, Michel, Doudou, Lolita et Dominique, Germaine, Gérard L., Willy B., Lucien, Slimane, et tous les autres.

« Maintenant je sais que l’homme est capable de grandes actions. Mais s’il n’est pas capable d’un grand sentiment il ne m’intéresse pas. » (Camus)

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I’m a poor lonesome cowgirl / I want you in solitude

Qui ne s’est jamais senti en territoire inhabité, comme le figurait Alphonse de Lamartine (oui, le type avait un prénom, comme De Gaulle), dès lors que sa créature favorite s’est éclipsée?
A 3 ans, vos parents décident qu’il est temps pour vous d’avoir une vie sociale, et vous vous retrouvez à temps-plein à la maternelle, sans eux ou votre nourrice préférée, jusqu’ici vos seuls amis, tout au moins des compagnons certainement plus fiables que ce Patrick, qui décide instantanément de voler vos lunettes de soleil (impunément, je le précise).
A 6 ans, vous larmoyez le samedi midi quand vous devez quitter votre BFF Julie pendant exactement 44 heures et 30 minutes, jusqu’au lundi matin.
A 13, c’est Laure qu’il faudra abandonner, entre le dimanche soir et la reprise du turbin. Vous avez réussi à réduire le temps de viduité en dormant les uns chez les autres.
Puis vient le moment où tous ces êtres sont remplacés par une personne d’exception, celle qui fait vibrer votre coeur nuit et jour. On n’a pas dit que ce serait la même toute la vie, je préfère prévenir d’éventuels lecteurs de 17 ans.
BREF, mettons que vous ayez l’impression d’être engagé pour de bon, en tout cas en avez-vous l’envie. Mettons que cette personne soit amenée à partir régulièrement pendant plusieurs nuits d’affilée, pour des raisons diverses, par exemple, si elle est représentante de commerce, ou musicienne en tournée. Ah!

J’aime être seule mais seulement lorsque je l’ai décidé, comme finalement pas mal de trucs dans la vie, hein.
Comme c’était souligné dans ‘High Fidelity’, on n’a toujours pas déterminé si c’était notre tristesse qui nous engageait à nous morfondre en écoutant des chansons d’amours déchues, ou si c’était l’inverse (que font les chercheurs?), il n’empêche qu’il ne vient à l’idée de personne, en cas de manque ou de rupture subie, d’écouter la Compagnie Créole.

hf

D’abord, une petite sélection de 20 bouquins (et une BD) qui vous rappelleront que vous êtes parfois bien seul au monde. Infiniment.

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Sortez les mouchoirs.

Voici maintenant une petite playlist de reclus, volontaire ou non.

Vivement la sélection de St Valentinos, qui promet d’être plus gaie.

The Ataris

‘Make it last’

Bad Religion

‘Incomplete’

Barbara

‘La solitude’

Beck

‘Blue moon’

Black Sabbath

‘Iron Man’

Chet Baker

‘Born to be blue’

Daniel Johnston

‘Loner’

‘Tears stupid tears’

‘Story of an artist’

Dolly Parton

‘Single women’

Elton John

‘Empty sky’

Elvis Presley

‘Are you lonesome tonight

‘Suspicious Mind

Face to face

‘Do you care

Flogging Molly

‘Don’t let me die still wondering’

Hank Williams

‘I’m so lonesome I could cry’

Heliogabale

‘Wednesday morning in a parking’

Hole

‘Northern Star’

Homeboys

‘Here she comes’

The Kills

‘Last day of magic’

L7

‘Me, myself & I’

Lagwagon

Change despair’

Leatherface

‘Never Say Goodbye’

Magazine

‘Shot by both sides’

Metallica

‘Wherever I may roam’

Morphine

‘The saddest song’

The Muffs

‘Saying goodbye’

Pantera

‘Live in a hole’

Pennywise

‘Bro Hymn’

Poison idea

‘Just to get away’

Police

‘Message in a bottle’

‘So lonely’

Rival Schools

‘Travel by telephone’

Samiam

‘Sunshine’

Sleater Kinney

‘One more hour’

The Smiths

‘Hand in glove’

‘How soon is now? »

Social Distortion

‘Don’t drag me down’

Spoken

‘Sleep well tonight’

Stevie Nicks

‘Landslide’

Suzi Quatro

‘Lonely is the hardest’

Three Fish

‘Solitude’

Timothy Victor

‘This is my city’

Tom Petty

‘Runaway trains’

Mais tout ça n’a que peu d’importance, car je vais retrouver mon représentant de musique sur deux de ses dates, à Toulouse et à Lyon. Hop, promo :

lyon tlse