Les musiciens du métro

Ce court billet pour rendre grâce aux musiciens du métro parisien, qui égaient nos cœurs, nous émeuvent, nous font passer le temps, et nous agacent parfois.

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Dans la vraie vie – comprenez la rue – je ne suis pas une fanatique des troubadours du pavé. Tout dépend du contexte.

Si je suis en excursion touristique, je m’arrête TOUJOURS pour écouter ce type à la guitare sèche, qui, invariablement, reprend Oasis ou Police. Quel que soit son talent. Rarement on peut lui reprocher de manquer d’énergie.

Quand, en bas de chez moi, un groupe de six joueurs de flûte de Pan mirlitone du Joan Baez à heure régulière avec LA MÊME FAUSSE NOTE tout aussi assidûment depuis des années, il PEUT me prendre l’envie de malencontreusement renverser un pot de fleur. Vous imaginez, une fête de la musique quotidienne sous vos fenêtres ?

Dans le métro, c’est différent. Pourtant, je n’ai jamais croisé Keziah Jones incognito  , ni même le violoniste virtuose Joshua Bell, puisque je ne vis pas dans une vidéo Youtube.

Je n’ai évidemment pas ce problème d’être dérangée dans mes discussions téléphoniques (si vous me surprenez un jour à user de ma voix au bout du fil, c’est qu’un drame est arrivé, passez votre chemin), ni de devoir profiter des transports pour réviser des exams ou encore remplir mes papiers CAF. Quand tu prends le métro, il vaut mieux être préparé à partager un petit bout de vie avec les autres, sinon tu clamses. Plutôt que de risquer la mienne sur un vélo, j’ai « choisi » cette option.

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Toujours est-il que, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas RAVIE de passer 7h30 par semaine, hors loisirs, dans mon tube souterrain. Je ronchonne, je peste, je reçois (et donne parfois, okay) de petits coups de coudes agressifs en toute discrétion, je surveille les places en fin stratège, je fusille d’un regard impitoyable.

Et il m’arrive d’être affable. Car de petits miracles auditifs naissent de temps à autre, au détour d’un couloir ou d’une rame…

Il y a ces vieux tziganes accordéonistes, qui soufflent des standards révolutionnaires italiens ou traditionnels de l’est.

Il y a celui que j’appelle Jean-Michel Saxo, je vous laisse deviner de quel instrument il joue. Tous les matins je le retrouve et il m’envoie un bon vieux ‘Heal The World’ , qui est un morceau que je connais par cœur depuis 1992, mais que j’ai du mal à interpréter, vu que c’est assez compliqué d’entonner le lead, les chœurs et la voix parlée en même temps. Merci pour ta collab’ Jean-Mi.

Il y a cette gitane du sud avec ses bandes-son playback un peu dance, qui te tire une larmichette à chaque fois.

Il y a Mohamed et son clavier sur la 2, à qui n’importe quel être humain décernerait la médaille d’or de la poésie et du bouleversement.

Il y a cette dame-Cyrillus qui gratte son violon. Il y a une jeune fille qui entonne des airs lyriques. Il y a ce monsieur aveugle, qui, s’il ne fredonne pas, diffuse tous les matins sur ma route, tantôt Aznavour, tantôt Brassens. Il y a ces jumelles blondes atomiques qui font semblant de jouer et de chanter du Dolly Parton, mais personne ne se rend compte de rien, étrangement. Il y a ce jeune couple bellevillois un peu énervant qui a débuté il y a quelques semaines et qui prend doucement ses marques en duo. Il y a ce rasta qui chante et joue comme une casserole mais qui t’accueille avec bienveillance quand tu rentres de vacances, comme un ‘Welcome in Paris, dude !’ sur une mélodie qui s’habille en reggae.

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Il y a les autorisés et les fraudeurs, mais nous on s’en fiche un peu, finalement.

Il y a surtout l’ami Franck Almana , qui a d’ailleurs remporté une médaille aux Métro Music Awards 2016, grâce à son clip ‘Sailor’.

MERCI DONC A VOUS, MESSIEURS-DAMES, POUR TOUTES CES HISTOIRES QUE VOUS NOUS CONTEZ.

(A Barcelone, des emplacements sont prévus pour les musiciens dans les couloirs du métro, mais je n’en ai vu pratiquement aucun. Paris, c’est mieux, t’as vu.)

PS : Ah, et MERCI à mes lecteurs du monde entier! Je vais essayer d’être plus prolixe…

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I’m a poor lonesome cowgirl / I want you in solitude

Qui ne s’est jamais senti en territoire inhabité, comme le figurait Alphonse de Lamartine (oui, le type avait un prénom, comme De Gaulle), dès lors que sa créature favorite s’est éclipsée?
A 3 ans, vos parents décident qu’il est temps pour vous d’avoir une vie sociale, et vous vous retrouvez à temps-plein à la maternelle, sans eux ou votre nourrice préférée, jusqu’ici vos seuls amis, tout au moins des compagnons certainement plus fiables que ce Patrick, qui décide instantanément de voler vos lunettes de soleil (impunément, je le précise).
A 6 ans, vous larmoyez le samedi midi quand vous devez quitter votre BFF Julie pendant exactement 44 heures et 30 minutes, jusqu’au lundi matin.
A 13, c’est Laure qu’il faudra abandonner, entre le dimanche soir et la reprise du turbin. Vous avez réussi à réduire le temps de viduité en dormant les uns chez les autres.
Puis vient le moment où tous ces êtres sont remplacés par une personne d’exception, celle qui fait vibrer votre coeur nuit et jour. On n’a pas dit que ce serait la même toute la vie, je préfère prévenir d’éventuels lecteurs de 17 ans.
BREF, mettons que vous ayez l’impression d’être engagé pour de bon, en tout cas en avez-vous l’envie. Mettons que cette personne soit amenée à partir régulièrement pendant plusieurs nuits d’affilée, pour des raisons diverses, par exemple, si elle est représentante de commerce, ou musicienne en tournée. Ah!

J’aime être seule mais seulement lorsque je l’ai décidé, comme finalement pas mal de trucs dans la vie, hein.
Comme c’était souligné dans ‘High Fidelity’, on n’a toujours pas déterminé si c’était notre tristesse qui nous engageait à nous morfondre en écoutant des chansons d’amours déchues, ou si c’était l’inverse (que font les chercheurs?), il n’empêche qu’il ne vient à l’idée de personne, en cas de manque ou de rupture subie, d’écouter la Compagnie Créole.

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D’abord, une petite sélection de 20 bouquins (et une BD) qui vous rappelleront que vous êtes parfois bien seul au monde. Infiniment.

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Sortez les mouchoirs.

Voici maintenant une petite playlist de reclus, volontaire ou non.

Vivement la sélection de St Valentinos, qui promet d’être plus gaie.

The Ataris

‘Make it last’

Bad Religion

‘Incomplete’

Barbara

‘La solitude’

Beck

‘Blue moon’

Black Sabbath

‘Iron Man’

Chet Baker

‘Born to be blue’

Daniel Johnston

‘Loner’

‘Tears stupid tears’

‘Story of an artist’

Dolly Parton

‘Single women’

Elton John

‘Empty sky’

Elvis Presley

‘Are you lonesome tonight

‘Suspicious Mind

Face to face

‘Do you care

Flogging Molly

‘Don’t let me die still wondering’

Hank Williams

‘I’m so lonesome I could cry’

Heliogabale

‘Wednesday morning in a parking’

Hole

‘Northern Star’

Homeboys

‘Here she comes’

The Kills

‘Last day of magic’

L7

‘Me, myself & I’

Lagwagon

Change despair’

Leatherface

‘Never Say Goodbye’

Magazine

‘Shot by both sides’

Metallica

‘Wherever I may roam’

Morphine

‘The saddest song’

The Muffs

‘Saying goodbye’

Pantera

‘Live in a hole’

Pennywise

‘Bro Hymn’

Poison idea

‘Just to get away’

Police

‘Message in a bottle’

‘So lonely’

Rival Schools

‘Travel by telephone’

Samiam

‘Sunshine’

Sleater Kinney

‘One more hour’

The Smiths

‘Hand in glove’

‘How soon is now? »

Social Distortion

‘Don’t drag me down’

Spoken

‘Sleep well tonight’

Stevie Nicks

‘Landslide’

Suzi Quatro

‘Lonely is the hardest’

Three Fish

‘Solitude’

Timothy Victor

‘This is my city’

Tom Petty

‘Runaway trains’

Mais tout ça n’a que peu d’importance, car je vais retrouver mon représentant de musique sur deux de ses dates, à Toulouse et à Lyon. Hop, promo :

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Haunted Library for Halloween

C’est Halloween, on voit pousser des pumpkins pas encore smashées un peu partout, et aussi dans les bibliothèques!

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Et comme cette année, la fête tombe exceptionnellement pendant le week-end, pourquoi ne pas danser un peu sur quelques freaky melodies ? (classées bien entendu par ordre alphabétique, et ne m’ennuyez pas avec les articles ou les prénoms, that’s my style, et on n’appelle pas les gens Zombie, Rob.)

CLICK OR THRILL!

Alkaline Trio ‘Over at the Frankenstein Place’

Anthrax ‘Belly of the beast’

Bad Brains ‘Fearless Vampire Killers’

Bikini Kill ‘Alien She’

Björk/Plaid ‘Lilith’

Black Sabbath ‘After all (the Dead)’

Daniel Johnston ‘Casper the friendly ghost’

Dead Kennedys ‘Halloween’

Dee Dee Ramone ‘Making monsters for my friends’

Dio ‘Killing the Dragon’

Eels ‘My beloved monster’

Ella Fitzgerald ‘Ding Dong! The witch is dead’

Elton John ‘Love is a cannibal’

Elvis Costello ‘Spooky girlfriend’

Elvis Presley ‘Devil in disguise’

Fela Kuti ‘Zombie’

Fleetwood Mac ‘Rhiannon’

Flogging Molly ‘Devil’s dance floor’

Goblin ‘Suspiria Theme’

Guided by Voices ‘Cut out witch’

Guttermouth ‘Ghost’

Iron Maiden ‘The apparition’

Kiss ‘Freak’

Lagwagon ‘Alien 8’

Marianne Faithfull ‘Witches’ song’

Me first and the Gimme Gimmes ‘The Phantom of the Opera’

Metallica ‘The thing that should not be’

Ministry ‘Everyday is Halloween’

The Misfits ‘Halloween’

Modest Mouse ‘3 inch horses, two faced monster’

The Muffs ‘Red eyed troll’

New York Dolls ‘Frankenstein

Nine Inch Nails ‘Ghosts 1-I’

Ozzy Osbourne ‘Bark at the Moon’

The Pogues ‘Fairytale of New York’

Police ‘Spirits in the material world’

Quasi ‘The skeleton’

Rancid ‘Skull city’

Rob Zombie ‘Dragula’

Robots in disguise ‘Voodoo’

Shellac ‘Ghosts’

Siouxsie and the Banshees ‘Halloween’

SNFU ‘Voodoo doll collector’

Social Distortion ‘Mommy’s little monster’

Sonic Youth ‘Satan is boring’

The Specials ‘Ghost Town’

Stephen Malkmus ‘Witch Mountain bridge’

Suzi Quatro ‘Mind Demons’

Thin Lizzy ‘Banshee’

Thurston Moore ‘Wonderful witches’

Tom Petty ‘Zombie zoo’

The Vandals ‘Designed by Satan’

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One book, one song #1

Aujourd’hui, nous allons démarrer une mini-série qui lie une oeuvre littéraire à une chanson. Of course, pour un livre donné, j’ai sélectionné un morceau qui me plaît, car si, par exemple Barbelivien s’était inspiré des Fleurs du Mal, 1/ça se saurait 2/je n’aurais pas nécessairement envie de vous en parler, et je ne dis pas ça parce que je n’aime pas la Vendée.

Ô surprise, Ô suspense, c’est bien « Le fantôme de l’opéra », roman fantastique inspiré des mystères de l’Opéra Garnier, écrit par Gaston Leroux en 1910, qui a conduit le groupe de heavy metal britannique Iron Maiden à nous livrer cette épique chanson de 7 minutes, sortie sur leur premier album Iron Maiden en 1980. Première apparition d’Eddie the ‘ead, qui deviendra leur mascotte…

Line-up de l’époque : Paul Di’Anno (chant), Steve Harris (basse), Dave Murray (guitare), Dennis Stratton (guitare), Clive Burr (batterie)

« A skeleton in the closet », morceau d’Anthrax paru sur « Among the living » en 1987 tire ses sources de ‘Apt Pupil’, un court roman de Stephen King (Un élève doué, in French) paru en 1982 dans le recueil « Différentes Saisons ». L’auteur y décrit l’apprentissage du Mal par un jeune américain qui découvre que son voisin, un vieil Allemand reclus, s’avère être l’ancien directeur d’un camp de concentration nazi. Le garçon a subitement le désir de tuer, et cauchemarde qu’il n’y parvient pas. Il s’empare d’un fusil, et va shooter des gens sur une autoroute. Les policiers mettront 5h à le neutraliser (à l’abattre en fait).

Cet album, Among the living, sur lequel le morceau apparaît est dédié à la mémoire de l’ancien bassiste de Metallica Cliff Burton, qui fut tué dans un accident 6 mois avant la sortie du disque.
Anthrax a une grande passion pour Stephen King, et il se trouve que l’inverse est vrai. Bonne nouvelle.

Et maintenant, intéressons-nous à « Don’t stand so close to me », de Police, paru en 1980 sur « Zenyatta Mondatta ».
Cette chanson parle d’un prof qui est exagérément attiré par l’une de ses étudiantes. Sachant que Sting enseignait lui-même avant de jouer dans Police, beaucoup de spéculations ont pu être faites sur la part autobiographique de ce morceau, fait qu’il a toujours renié.


La phrase « Just like the old man in the book by Nabokov » se rapporte évidemment à Lolita, roman qui parle d’un homme attiré par les filles plus jeunes que lui. A noter cependant que le Humbert de Lolita n’était pas, à franchement parler, un vieil homme…

See you in da bus pour la suite!