Long time no see

Salut la compagnie aérienne ! Ça faisait longtemps, hein.

J’avoue que je me pose parfois la question de l’utilité d’entretenir un blog, comme si j’avais déjà tout livré. En même temps, il est peu probable qu’à 36 ans on ait déjà tout dit, tout vécu, tout lu, tout bu.

Lorsque je me connecte totalement fortuitement sur WordPress, je m’aperçois avec étonnement (et ravissement, bien sûr), que j’ai encore pas mal de visites quotidiennes en provenance de all over the world. Le truc culpabilisant quand tu n’as rien publié depuis des jours et des jours et des années même (Pour que le Hip Hop tienne).

Je suis en réalité un peu fatiguée par la masse d’informations, d’avis, de débats, dans laquelle on se noie dès l’heure du thé à 8 dum’s, et ce jusqu’au moment où on s’apprête à dire adios à la journée, hop, un dernier check du portable, JUSTE POUR VÉRIFIER (et pas si le réveil est bien enclenché).

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Des notifications tout à fait dispensables pendant tes heures de job (hautement déconcentrantes), ou de loisirs : Facebook, l’anniversaire de Ludivine, Patrick Cohen est en direct, Punky t’a invité à un concert de crust dans le Larzac ; Jean-Luc  attend une réponse urgente sur WhatsApp ; quatre SMS qui ne t’ont pas passionnés sont encore en suspens ; tu as 615 pubs non lues sur ton mail ; Marcelin a aimé une vidéo Youtube ; Uber t’offre une prochaine course ; la tronche de Suzy sur Messenger que tu n’arrives pas à supprimer de ton écran ; la SNCF qui te rappelle qu’il faudrait peut-être bien penser à réserver ton ticket de train de Noël ; Télérama t’informe de ce qu’il serait bon que tu regardes ce soir à la télé ; Bobby a aimé ton épingle Pinterest ; Anatole a regardé ton profil LinkedIn ; tu as encore un panier Amazon à valider ; as-tu pensé à noter ton hôtel réservé via Booking ; tu possèdes plein de points H&M, il serait temps de les utiliser sinon ils seront perdus à tout jamais, etc etc.

Nous faisons tous le même constat, tout en continuant à nous demander si tel forfait ne serait pas plus avantageux quand on va se ressourcer à la montagne sans WIFI, ou si tel téléphone pour lequel on s’endette pendant deux ans fera de plus belles photos qu’avec le précédent. Tout ça pour y coller des filtres années 80.

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Bon, et il y a les élections. Une campagne aussi éprouvante pour moi que pour Penny et Benny, j’ai l’impression.

Ma conscience, le vote utile ou de conviction, l’abstention, les gros dégueulasses, l’idiocratie, le racisme-le sexisme-l’homophobie, la misère vs. le luxe, les analystes politiques, les sondages, les éditorialistes, les débats, les démagos, Mitterrand, « 5 ans c’est long », l’espoir, la guerre civile avec ton voisin, le tribunal populaire, toussa toussa.

Tout se mélange. La politique, c’est supposé se vivre au quotidien depuis l’âge où tu acquières un sens moral, et ça fatigue d’entendre les croquants donner leur avis à longueur de journée dès qu’ « on » entre en campagne. Surtout s’ils ne partagent pas tes idées sociétales, avouons-le.

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Et puis le travail. Tu décides de passer un concours pour bosser en bibliothèque, c’est censé t’apporter joie, bonheur, confort, tandis que tu te rends utile à la société. En réalité, entre les institutions publiques qui sont managées comme des entreprises du CAC40 (ça ressemble à CACAO) en terme de gestion RH, et certains agents qui font apparemment tout pour qu’on déteste les fonctionnaires (je ne vais pas établir le listing des petites irrégularités constatées au quotidien), tu pètes un boulax, parce que tu veux les défendre, oui, les fonctionnaires. Ils sont UN PEU UTILES en fait. Encore un truc qui rend schizo.

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Tired of all this shit !

Je m’aperçois que dans ces méandres, je suis devenue incapable de produire quoi que ce soit, that’s all confused, trop de paroles, moins de création, d’initiative. Quand vient le soir, les idées d’écriture me viennent en masse, j’ai le plan, l’argumentaire, les exemples, tout roule, et puis je me rends compte que tout cela est dicté par la fatigue, la rage, voire la haine.

Et je crois qu’on n’a pas tellement besoin de ça. Voilà pourquoi des gens de 28 ans finissent par porter un pyjama licorne en mangeant des cupcakes fluos. Voilà pourquoi je paie des like virtuels à ceux qui postent des photos de leurs délices et leurs sourires, parce que c’est peut-être « une vitrine du fake », mais moi, ça me fait du bien d’y croire 5 minutes. M’aigrir contre cette félicité réelle ou simulée ne fera pas tourner le monde plus rondement.

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AVANT (c’était mieux), je savais un peu dessiner, un peu coudre-tricotiner-tisser-cuisiner (c’était bien, les années 50), tripoter un instrument, couper les cheveux, j’avais envie d’écrire (on peut s’inventer tout un tas de trucs du passé, c’est l’avantage, puisque ce temps est révolu).

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C’EST POURQUOI j’ai décidé de partager avec vous cette magnifique affiche que j’ai réalisée avec des ciseaux, du scotch et une photocopieuse, comme en 1991, quand j’étais riot grrrl à Olympia. Aimez-la, riez-en, ça m’a sorti la tête du guidon 2 minutes, sachant que je sais à peine monter sur un vélo.

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Bises.

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Le Meurtre vagabonde dans Paris

Salut la jeunesse sonique,

Une annonce qui pourrait bien faire plaisir aux amoureux de Paname et de la langue de Pivot, Bernard. Le Meurtre aka Billy the Kill aka FRED ALERA de son vrai nom – ou presque – se produira dans le plus mignon des repaires de Montmartre, le Petit Théâtre du Bonheur, vendredi 16 octobre, aux alentours de l’heure où l’on aime fêter les fins de semaine.

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Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?

  • Parce que c’est situé dans un superbe quartier résolument artistique et chaud-chaud-chaud, mes lapins
  • Parce qu’il y a de fortes chances qu’un délicieux nectar raisiné vous y soit gracieusement offert, sélectionné scrupuleusement par une spécialiste en la matière
  • Parce que peut-être serez-vous JUSTEMENT à Paris pour raisons professionnelles, à deux pas de là
  • Parce que vous vous demandez si Fred Alera portera une casquette gavroche, et s’il vous contera l’histoire du flic de Montparnasse
  • Parce que vous ne savez pas à quoi un hobo qui chante le blues peut bien ressembler lorsqu’il se transforme en vagabond qui célèbre le bleu
  • Parce que le son sera meilleur que sur ces vidéos :

Ça fait un certain nombre de bonnes excuses.

Bisous et à bientôt !

Cliquez ici pour voir l’événement

Et là pour voir la page de Fred Alera.

***

Édite, Édith :

Pour les plus impatients, et encore les amateurs de Pigalle/Montmartre, retrouvez Fred Alera le vendredi 09 octobre au sein de l’ancien Cabaret Madame Arthur, pour un show qui sera peut-être transformiste, ou peut-être pas, who knows? J’ai pu découvrir en avant-première ce magnifique ‘club en français’ fresh-ment rénové, le French Collection.

Mate-moi ça, le jeune :

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Et inscris-toi par ici !

Et ne dis pas que tu es pris les deux vendredis qui arrivent, car soit 1/tu mens 2/tu viens aux deux concerts? Merveilleux.

Oui, on se tutoie maintenant.

Birthday & Social Success

I’m back.

Assez bientôt, c’est mon anniv’. Je suis née en 1980, ce qui signifie que j’ai 50 ans dans 15 petites bourliches. C’est apparemment l’âge où il vaudrait mieux que j’aie réussi ma vie, et éventuellement que j’arbore un bronzage orange.

L’an passé, j’ai parlé de Madonna, cette année j’opte pour une wish-list. Chacun sait que rien n’égale la satisfaction de barrer une liste de choses agréables à accomplir recevoir gracieusement de la vie.

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-Pour le quotidien, un simple duplex avec terrasse à Montmartre ou Pigalle ferait l’affaire. Vous noterez que j’ai annulé mon désir d’habiter Bastille ou Beaubourg, car c’est ici que je préfère pratiquer le pole-dance en étant rémunérée me promener, surtout le samedi en début de soirée, en toutes saisons. De la vie en pagaille, des recoins, des « villas », des bistrots, d’alléchantes échoppes, des célébrités en veste bleue… Et finalement, mis à part au pied du Sacred Heart, il y a plutôt moins de touristes que là où l’on trouve les boutiques branchées et/ou les franchises immondes.

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-Pour les grands week-ends ensoleillés et les années sabbatiques, je me propose (sympa) de loger à Barcelone. Barri Gòtic ou Barceloneta, mon cœur balance. EN PARLANT DE CA, je souhaiterais que soient tout simplement éradiqués de la surface de la terre (ou au moins des restaurants) les plats, au profit des tapas. Ça limiterait à la fois les « risques » de trompage dans le choix, et éviterait de faire ressembler l’humain à un animal obnubilé par le contenu de sa gamelle lors d’une sympathique sortie entre gens civilisés.

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-Pour mes vieux jours, donc après ma retraite vers 85 ans, j’achèterais bien un petit pied-à-terre dans une ville balnéaire de l’Atlantique. Je m’y promènerais en grand pull laineux, fesses à l’air, bravant les vents et les embruns.

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-Je posséderais bien aussi un potager-verger magique. Il s’approvisionnerait SANS AUCUN SOIN de tous mes végétables préférés. Parce que si quelqu’un a la main verte, c’est peut-être le Géant, mais certainement pas oim.

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BIENS MATERIELS

-Une lampe Tiffany. J’ai développé une sorte d’attirance-répulsion pour ces loupiottes qui font un peu flippax, un peu comme pour le couple Balkany. Enfin, le même genre de relations qu’entretiennent les redskins avec les membres du FNJ, vous voyez. Je pense qu’en avoir une m’est nécessaire, une sorte de raison d’être.

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-Le lit du calife Haroun El Poussah dans Iznogoud. Un truc bien rond pour pouvoir se tourner dans tous les sens, garni de mille et un coussins. J’y lirais des BD le dimanche en mangeant des loukoums à la rose.

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-Un bon d’achat illimité dans toutes les librairies du monde. Pas un bon FNAC, hein, parce que je suis une personne qui aime autant les fenêtres qu’assez peu l’uniforme. Du coup, je veux bien aussi être pistonnée pour recevoir toutes les nouveautés de lunetiers comme « Pour vos beaux yeux » ou « La fabrique de lunettes ». (Des yeux verts seraient trop demander, je pense.)

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-Une cave pleine de vin qui ne fait jamais mal à la tête, ainsi que des cigarettes qui ne tuent pas. Passions (avec les gros mots. Note pour plus tard : caler des vacances avec Florence Foresti).

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-Une petite voiture mignonne. De celles qui ne nécessitent pas d’être un aigle de la route pour faire un créneau. Évidemment, j’aurais plus la classe dans un break américain, mais en ai-je vraiment besoin ? Non.

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ÊTRES VIVANTS

Petit personnel :

-Un chauffeur à disposition pour le soir. Un type sympa et fiable. Qui s’appellerait Simone. En voiture !

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-Un lecteur qui me raconterait la suite de mon livre quand mes yeux disent non mais que mon esprit ne souhaite pas attendre le lendemain pour connaître le dénouement de l’histoire.

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-Un travel-planner, qui saurait ce que j’aime faire quand je pars en voyage, le genre de quartiers que j’apprécie etc. Il ne me choisirait pas un vol à 6 dum’ à Beauvais, par exemple (à moins que Simone ne se dévoue pour m’emmener), ni un hôtel en zone indus au milieu des crackés.

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-Un tatoueur personnel bénévole, dont il ne faudrait pas attendre 6 mois les disponibilités, et qui serait tout à fait enthousiaste à l’idée d’encrer toutes mes petites lubies. S’il pouvait également s’avérer être médecin, ça lui permettrait de me prescrire une drogue anti-douleur bien que non addictive. Hey kids, no hope in dope !

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(-Éventuellement une personne qui serait de corvée de shopping, car on aime bien être beau, mais pas souffrir.)

Personnes gratuites :

-Des amis qui seraient les mêmes qu’aujourd’hui, mais disponibles exactement en même temps que moi, ça permettrait de se voir. Si toutefois ceux-ci étaient totalement overbookés (la vie, toussa.), j’aurais des amis de spare : Gwen Stefani, Madonna, Debbie Harry, Courtney Love, Virginie Despentes. Et Renaud car je ne suis pas misandre. Et Amy Winehouse car j’aime aussi les brunes, et les personnes décédées ne comptent pas pour des prunes. En revanche, quand Mado voudrait nous embarquer pour une séance de training intensif, on lui jetterait des trucs à la figure. Comme les bons potos marrants qu’on est.

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-J’adopterais un chat British Blue, qui ressemble à un Popples gris, et un bébé labrador. Autant d’amour que si nous étions trente millions d’amis. Mabrouk.

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TRAVAIL

-Je n’ai pas l’air, comme ça, mais je veux bien travailler. A mi-temps, du mardi au jeudi, ou AU MOINS démarrer à un horaire acceptable ne commençant donc pas par le chiffre 0, et dans une médiathèque if possibeul, Dieu. Une bibliothèque comme celle de St Ouen (Persepolis), sur 4 niveaux, lumineuse, et presque aussi accueillante que son personnel : des tatoués, des blondes peroxydées, des amateurs de Yo La Tengo, des passionnés de documentaires, des foldingues qui passent Slayer à fond les ballons. Avec des BD par milliers, des automates de prêt qui – ô miracle -fonctionnent, des possibilités d’emprunt qui semblent infinies, à environ 4 cm de mon chez-moi actuel. Daydream.

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Elle me plaît un peu plus qu’une Rolex, ma liste. Je m’y vois déjà comme dans une boule de cristal. J’avais peur de voir trop grand, au début, genre Paris Hilton, mais c’est bien.

Vous noterez qu’il n’est pas question de musique, de disques ou de concerts dans ce petit inventaire. Primo, j’ai presque 50 ans, donc on va se calmer un peu, les gars. Secundo, je garde cette partie secrète, exceptionnellement.

Allez. Joyeux non-anniversaire à tous.

ET MERCI DE ME LIRE DEPUIS UN AN!

Chère Dunia Miralles …

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Chère Dunia Miralles,

Je n’ai pas pour habitude de faire des critiques de livres, d’autres ont ce talent, l’expérience, et l’argumentaire adéquat.

C’est par un concours de circonstances, aussi pur que fortuit que j’ai repensé à ‘Swiss Trash’, et que je me le suis re-procuré, d’occase, me rappelant l’avoir lu (dans tous les sens du terme) avec délectation il y a … 15 ans. J’ai vu par hasard qu’il avait été un best-seller (en Suisse ?). J’ai découvert que tu avais écrit d’autres bouquins. Disponibles dans UNE librairie à Paris, ou sur le site de l’éditeur. Pas sur les plateformes habituelles, jamais en tête de gondole, toujours absent des rayonnages des bibliothèques, chez nous en France.

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J’avoue ne pas trop comprendre, j’ai lu ‘Inertie ‘, et je ne vois pas en quoi ton écriture susciterait moins de passion qu’une Virginie Despentes (que j’adore, truly), en tout cas il est certain que les ventes ne sont pas les mêmes. Une histoire de notoriété (quid de l’œuf et de la poule), d’attaché de presse, de maison d’édition, ou de rentrée littéraire, c’est la vie, c’est dommage.

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Sache que j’ai encore lu celui-ci avec appétit, émotion, ivresse, rage, tendresse, tristesse. Avec amour et aversion pour tes personnages et notre société, si impeccablement campés. Je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai versé des larmes à la lecture d’un roman. Je suis passée par l’anxiété, la quiétude et l’effroi.

J’ai envie d’envoyer cette chanson à Prune et à sa maman, tu comprends bien pourquoi. Et je vais dénicher ‘Fille facile’, en attendant un nouveau livre. Vite.

Merci et bonjour à La Tchaux.

Bien à toi,

KillMoss

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement la lecture des books de Dunia Miralles, que vous pourrez retrouver par ici ou encore .

Ne voulant pas trop en dévoiler sur Inertie, je vous livre simplement la 4e de couv :

« Béa, sans travail, vit grâce à l’assistance sociale. Enfermée dans son appartement, elle ne sort que pour acheter des cigarettes et parfois de quoi manger. Au rythme de son inertie, entre les pensées obsessionnelles qui traversent son esprit déprimé, on découvre son passé, les motifs qui l’ont plongée dans cette situation et les personnes qui l’entourent. »

Bonne lecture !

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RENAUD : Best of, vol.4

Saluti!

Je reviens finalement pour un ultime épisode sur Renaud, beaucoup plus copieux mais qui a l’avantage d’être seul. J’ai vu avec votre boss, il vous accorde une pause-dej’ plus longue que d’habitude, pour l’occasion.

Profitez-en aussi pour jeter un coup d’oeil aux objets dérivés vus dans « L’argus énervant Renaud » que j’ai pu feuilleter à la BPI. Je ne suis pas nécessairement fana du merch à tout prix (type coussins Claude François, pour se blottir contre son héros), mais il y a tout de même quelques patchos, T-Shirts et badges qui me font du wink.

Un axiome m’est apparu, c’est que les profs d’allemands adoraient Renaud. Va comprendre pourquoi ils nous font chanter Nena, alors.

Ma prof de 6e-5e, à Pau, à qui il n’avait pas échappé que j’étais plus enthousiaste au sujet du chanteur que du gérondif (chantais-je en cours?), a commencé à m’entreprendre sur le sujet, et comme pas mal de mes condisciples avaient plutôt l’air branchés ‘Dance Machine vol.4’, elle nous a fait tout un speech sur le fait que la passion primait sur la justesse de la voix, et qu’il était important d’avoir des convictions et de se battre pour les défendre (sous-entendu d’autres croyances que ‘le rythme de la nuit’).

Puis j’ai eu un nouveau prof de germain en 4e-3e -davantage préoccupé d’ailleurs par le fait de nous envoyer jouer au foot ou fumer dans la cour que de nous en apprendre sur Stephen et Uwe ou sur cette vague histoire de Mur- qui avait proclamé haut et fort qu’aucun chanteur ne valait Renaud ou encore Gogol 1er, « le seul artiste à pouvoir déféquer sur scène! ». Merci, mec.

Allez, zou, les zouzous.

Si vous prenez la marche en route :         

RENAUD : Best of, vol.1                     RENAUD : Best of, vol.2                        RENAUD : Best of, vol.3 safe_image.php Je suis une bande de jeunes

Le pitch : Renaud constitue donc à lui tout seul une bande de loubards, vu que ses potes sont soit en taule, à l’armée ou à l’usine. Qu’à cela ne tienne, sa bipolarité lui permet d’endosser tous les personnages. Il s’engueule parfois, mais il se défend aussi, il dirige et obéit, enfin, une bande ça nécessite une bonne gestion RH.

LA RIGOLADE, sans rire, réécoutez-là! « Quand j’débarque au bistrot du coin, et pis qu’un mec veut m’agresser, ben moi aussitôt j’interviens, c’est beau la solidarité. Quand je croise la bande à Pierrot, Y sont beaucoup plus nombreux, ça bastonne comme à Chicago, c’est vrai qu’dans sa bande y sont deux. » Moi aussi, j’aime bien être une bande à moi toute seule. J’me marre. En revanche, il faudra m’expliquer pourquoi le producteur de ‘La bande à Renaud’ a choisi de coller un trio sur ce titre, ça n’a absolument aucun sens.

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Le pitch : Un vibrant hommage à Johnny Clegg, spécialisé dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Gloire à l’égalité entre les hommes, quelles que soit leurs couleurs de peaux. « Entre le noir et le blanc, Jonathan n’a pas choisi, Car depuis la nuit des temps, Il sait aussi, Que tous les salauds sont gris ». Avec une petite intro pigmentée « U jonathane uyi judana, Uyi sihlanyana, U’mngisana uhi nzulana, Kodwa u jonathane u m’afrika, Nge nzalo, Irebele, elehlaza elemile », en ndébélé je crois, une langue qui vient du zoulou.

Encore un fois, Renaud se pose là où les profs d’histoire ne s’aventurent pas… Je pense que pour pas mal de gamins des 80ies, Clegg était surtout un mec qui chantait des textes incompréhensibles en dansant dans son futal bariolé. Je voyais bien sur les murs de la prison de Villefranche-sur-Saône s’étaler les mots « Libérez Mandela », mais j’imaginais alors que c’était un petit braqueur enchristé là pour cause de vol d’autoradio… Cette song m’a aussi permis de gagner des tranches de camembert assez jeune au Trivial Poursuit quand il s’agissait de trouver le nom du plus célèbre ghetto de Joburg… Et maintenant, quand mes collègues bibliothécaires boivent du thé ‘Asimbonanga’, je repense toujours à « Jonathan ». wir.skyrock.net Laisse béton

Le pitch : Les déboires vestimentaires d’un p’tit loulou au bar. Le type, tranquillou-gillou, une sorte de Lucien qui jouerait au flipper dans son rade de quartier, se fait progressivement dépouiller de ses santiags, son perf’ et sa paire de blue jean’s.

Je ne vais pas forcément m’attarder sur cette chanson, qui est excessivement connue, et qu’on rangera à côté de ‘Marche à l’ombre’… En fait, j’ai réellement l’impression de lire une BD en l’écoutant : CLAC une beigne, PAF un marron, VLAN une châtaigne. Et puis la victime désignée, qui a pourtant tout du parfait rocker, et qui finit par refiler tout son attirail, ça m’amuse. (Sujet qui m’avait beaucoup moins réjoui quand une bande de filles m’était tombée dessus dans une ruelle  pour me chouraver mon Harrington, mais je vous rassure, personne ne parvient jamais à repartir avec mes affaires).

Ma chanson leur a pas plu

Le pitch : Renaud écrit plusieurs tubes, qui ne lui collent pas, alors il essaie de les refourguer à Capdevielle, Lavilliers et Cabrel, mais il est prié de se les garder. A la fin, il en a assez et décide de composer une chanson rien que pour lui, à base de clé à molette, de canette de bière, de mort et de taule.

Chaque couplet est rédigé « à la manière de », ce qui donne un rendu pour le moins cocasse, et ne faites pas semblant de n’avoir jamais chanté ‘les pierres nu au fond du jardin’ avec l’accent de Cabrel, merci. A chaque fois qu’une chanson lui est refusée, Renaud décide de la remettre dans sa culotte (sous-vêtement qui devient donc un juke-box à la fin), et cela me fait rougir à tous les coups, un peu comme quand j’avais 4 ans et qu’on chantait la souris verte qu’on mettait dans la culotte. Et puis, les chanteurs, ça ne porte pas de culotte. 7756238934_morgane-de-toi Manu

Le pitch : Renaud console son pote Manu qui vient de se faire lourder par sa p’tite. Le Manu est censé être un dur, mais il a beau porter son armure de loubard, il n’en reste pas moins vulnérable. Le chanteur essaie de lui faire entendre raison, en mettant en évidence le fait que les gars sont faits pour vivre seuls ou entre eux, mais pas en couple. Sachant que les nanas sont assez viles et perfides.

Alors, il a été dit que cette chanson s’adressait en fait à lui-même, Manuel étant le second prénom de Renaud, lorsque sa gonzesse avait à faire un choix entre deux amoureux (l’autre étant, on l’a bien compris, Gérard Lamb… Lanvin). Je ne sais pas si c’est la vérité, il en reste que cette chanson ne réconforte pas du tout quand on a une peine de coeur, mais qu’elle accompagne judicieusement nos larmes, et c’est tout ce qu’on lui demande. Un peu comme écouter ‘The saddest song’ de Morphine.

Marchand de cailloux

Le pitch : Sur un air dublinesque (vous pouvez me faire confiance, puisque je n’ai absolument aucune compétence en musicologie), Renaud donne à nouveau la parole à Lolita, qui s’insurge contre les scélératesses de ce monde. Les cailloux lui serviraient à faire justice. A la fin, c’est Renaud qui va prendre des cailloux sur sa guitare, pour lui apprendre à parler à sa place.

Comme je l’avait dit sur ‘C’est quand qu’on va où?’, je ne suis pas absolument transportée par le fait de faire de la ventriloquie avec sa fille (il y a des choses pires, ceci dit), mais certains vers résonnent particulièrement dans ma conscience, comme le fait d’être humain avant d’être un bon chrétien (la chrétienté pouvant être remplacée par n’importe laquelle des religions, bien entendu). Just to say, on vous a vu, vous là-bas, vous galvaniser de prières et vous affranchir du denier du culte, sans pour autant avoir une attitude très charitable au quotidien, ou exempte de xénophobie. Non, je ne m’aGresse pas à vous, chers lecteurs. D’ailleurs, un truc qui est sympa chez Renaud, c’est qu’il fait passer de sacrés messages de sagesse sans qu’on se fasse tirer dessus à bout portant comme avec Bernie Bonvoisin. Ca n’empêche pas de se coller un petit Trust à 4 dum’s, pour le plaisir. mqdefault2 Marche à l’ombre

Le pitch : un petit patron de bar teigneux fait l’inventaire de ses clients, qu’il jette tout naturellement un par un, pour cause de gueules qui ne correspondent pas au standing du saloon : le baba-cool, la starlette, le rocker, le punk, l’intello, personne ne trouve grâce à ses yeux.  Puis il se rend compte qu’il est « épais comme un sandwiche SNCF », et qu’il pourrait aussi bien y passer si sa prochaine victime s’avère plus balèze. Mais alors « Si la mort me paye l’apéro, D’un air vicelard, Avant qu’elle m’emmène voir la haut, Si y’a du monde dans les bistrots, J’lui dirai, Toi tu m’ fous les glandes, Pis t’as rien à foutre dans mon monde, Arrache-toi d’ là t’es pas d’ ma bande, Casse toi tu pues, Et marche à l’ombre « .

Okay, cette chanson est vraiment marrante, mais un peu trop souvent entendue à mon goût. Surtout, je ne trouve pas qu’elle colle vraiment au personnage de Michel Blanc dans le film du même nom, mais plutôt à ‘la Teigne’, que nous irons visiter tout à l’heure. J’ai hâte.

J’ai écouté tout récemment la version d’Emmanuelle Seigner de cette chanson. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de sa soeur vulgos (elles ont la même voix, c’est comme les Bruni), et puis finalement j’ai adoré cette variante façon BB / Anna Karina, invectives canailles pour bouche pulpeuse. Du coup, c’est assez insolite quand elle dégomme la bêcheuse en « Collants léopards homologués chez SPA, Monoï et Shalimar, Futal en skaï comme Travolta », mais c’est un parti pris auquel j’adhère. Grave.

Me jette pas

Le pitch : Redemption song.

Bien utile pour invoquer le retour de l’être aimé quand vous l’avez trompé sans vergogne. a_02_renaud_ecriture La mère à Titi

Le pitch : Peinture d’un home sweet home « typique » de veuve italienne : napperons, fruits en plastoc, masques vénitiens et autres photos de chiens. Au milieu de ça, son fils Titi fait un peu mine de vouloir plier les gaules mais il est pas mal, au fond. « Etouffé mais aimé ».

Pour l’anecdote, le Titi, c’est Jean-Pierre Bucolo, le gratteux de Renaud (et Cabrel, Roda-Gil, Hallyday), et il a trouvé assez juste le portait de sa mamma…

Quand j’étais gosse, j’étais un peu délicate (ou du moins j’ai été élevée dans une famille qui faisait très attention au « bon goût » = le sien.), et je n’avais aucune envie de me retrouver à, mettons, prendre l’apéro chez cette bonne femme.

Lorsque j’ai eu 17 ans, pour les Francofolies, une maman-d’amis-d’amis a proposé de nous héberger avec un copain. Dans un HLM, son petit univers était tout pareil que celui de la mère à Titi : collec’ de poupées en costumes traditionnels, pour toute lecture un TéléZ qui conversait avec une encyclopédie jamais sortie de sa vitrine, accroche-clés mural et compagnie. J’ai eu envie de partir en courant. En même temps il eut été étonnant qu’elle écoute Tantrum et porte une paire de Vans. Aujourd’hui, ça m’émeut plutôt : l’influence de films comme ‘Le goût des autres’ sans doute, et la conviction que le bon costard, le bon diplôme ou la bonne situation n’a rien à voir avec le fait d’être une honnête personne. Et puis, maintenant que les canevas se vendent à prix d’or pour rhabiller les intérieurs, je peux vous dire qu’il y en a une qui serait au top de la hype.

Mimi l’ennui

Le pitch : C’est l’histoire de la Mimi qui s’en fout un peu de tout (comme Doudou), qui n’a plus d’illusions. Elle s’ennuie, Mimi.

Helloooo, this is MY song. Dingo, je peux me sentir bien à 100%, dès que je l’écoute, j’enfile le costume de cette nana, j’ai 14 ans à nouveau. « Elle aime rien même pas les copains, pis elle dit qu’elle est lasse de traîner sa carcasse dans c’pauv’ monde tout gris, dans cette pauv’ vie sans vie. Elle s’ennuie. Mimi… »

Bien à vous, Mimi Moss. RN-argot Miss Maggie

Le pitch : Dim dim dim dim (carillon de Westminster)… Ode aux femmes, exceptée Margaret Thatcher, et mise en évidence du fait que la plupart des pires violences de l’humanité n’impliquent que des hommes. La chanson a d’abord été pensée suite au drame du Heysel , provoqué par des hooligans. Et que vive le sport.

Pour rire, vous pouvez écouter la version anglaise, qui est particulièrement douteuse, et fait un peu passer cette charge anti-testostérone pour une vaste plaisanterie. J’ignorais tout du contexte de cette chanson, il faut dire qu’à 5 ans je ne me passionnais déjà pas pour le football, et pas encore pour l’actualité. J’ai tout de même saisi 2-3 trucs (un peu plus tard) sur la dame de fer (non, pas la Tour Eiffel), mais j’étais malgré tout un peu étonnée car elle m’avait l’air d’être tout aussi sympa que la Reine d’Angleterre. Mais c’est bon, j’ai rattrapé mon retard et j’ai bien remarqué que personne n’a de statuette humoristique de Thatcher agitant sa menotte en signe d’élégante salutation dans son salon.

En revanche, il y a toujours des fils de rien de holligans, et j’aime pas bien qu’ils viennent faire les marioles dans MON métro. 205059_10150146577491037_974028_n Mistral gagnant

Le pitch : Joe le nostalgique raconte à sa fille son enfance dans les 50-60ies, qui, visiblement, ne ressemblait en rien au film ‘Rock around the clock’ (1956), mais plutôt à la vie d’un Antoine Doinel bouffeur de bonbecs.

Merci la radio, merci la TV, vous avez encore bousillé un titre bigrement joli, à force de nous le servir à toute heure et à toutes les sauces mijotées au jus d’apprenti-chanteur en mal de célébrité. Donc, je ne vais pas davantage m’étendre sur cette chanson que tout le monde connaît.

Moi, elle me rappelle les bonbecs fabuleux que j’allais acheter avec mes petites pièces au bar-tabac-glacier des allées du Mail à La Rochelle. Elle a la saveur du repas des otaries de l’aquarium et les rires qui s’envolent des balançoires à cordes, les « Petits bateaux ».

Mon beauf

Le pitch : Sympathique portrait d’un hypothétique beau-frère, mais un vrai beauf, ça c’est certain. Légionnaire, ignorant des dernières nouveautés en terme de contraception, violent et infidèle, inculte et évidemment propriétaire d’un berger allemand, puisque chasseur. N’en jetez plus.

Tout est réuni pour dépeindre le prototype d’un dégénérescent mental. La song se termine par une allusion au beauf’ à la Cabu, salut l’artiste…

(Et bien sûr, n’oublions pas que le beauf peut revêtir tout type de costume, pas seulement un jogging de canapé.) mon-beauf-,-tome-1-567196 Morts les enfants

Le pitch : Douloureux bilan des crimes guerriers perpétrés sur la planète, vandalisme des entreprises capitalistes, actes de pollution chimique… dont les premières victimes sont les enfants. « Mort l’enfant qui vivait en moi, Qui voyait en ce monde-là, Un jardin, une rivière, Et des hommes plutôt frères, Le jardin est une jungle, Les hommes sont devenus dingues, La rivière charrie les larmes, Un jour l’enfant prend une arme. »

Magistral. Et encore une chanson, qui, si tu la décortiques, va pouvoir te filer des points chez Lepers, une fois que tu sauras placer Bogota, Bhopal ou encore Seveso, ce qui n’est pas gagné à 6 ans.

Je reviens sur la reprise de ce titre pour ‘la bande à Renaud’, qui, évidemment, est exécutée par Lavilliers, comment en serait-il autrement? Docteur ès-voyages et contestation, spécialiste de la réinterprétation de diverses musiques du monde, c’était bien l’homme de la situation, bravo.

Rien à voir, mais pendant que j’en suis à Bernard (une fois n’est pas coutume) j’ai juste envie que vous alliez écouter un peu de Balbino Medellin, qui est en quelque sorte son filleul dans la grande famille du show-biz. Régulièrement me prend une crise obsessionnelle sur ce type, qui m’oblige à écouter son premier album en boucle. Il a un truc de Renaud, un peu chanson, un peu rock, un peu punk, un peu gitan. Love.

Où c’est qu’j’ai mis mon flingue?

Le pitch : J’aime pas les journalistes, les faschos, les gauchos, les bourgeois, les flics, les politiques, les drapeaux.

  1. Et bordel, qu’est-ce que ça fait du bien.

 a_01_renaud_au_tableau La pêche à la ligne

Le pitch : Renaud part pêcher un dimanche matin, tandis que sa gonzesse dort encore. La journée se passe en parallèle pour les deux, et quand il revient, sa femme est partie.

Le chanteur se pose comme un anti-héros, il est fier, il est menteur. Il imagine sa nana, un peu ridicule, rêver à des acteurs, téléphoner à sa mère pour parler de futilités et de son grand amour pour lui, se maquiller alors qu’il n’est pas là… On comprend qu’il n’a justement jamais rien réalisé de sa psychologie, et qu’elle ne peut plus souffrir ses petites fourberies. Cette song est aussi chagrine que grotesque. Comme la fin d’un couple, quand on se rend compte de l’absurdité de la relation, entre souvenirs d’un romantisme passé et ridicule de la situation.

Ces mots résonnent aussi souvent dans ma tête : « Vouloir trop plaire, C’est le plaisir des moches’. Voilà, je vous assène ça sans prévis, mais c’est ‘Tellement vrai’, comme dirait NRJ12.

Le petit chat est mort

Le pitch : Le papa console sa fille de la perte de son chaton. Il souligne le caractère fondamentalement  libre des chats pour sécher ses larmes.

Comme pas mal de gens ici-bas, j’ai perdu un chat (même plusieurs) : Moustique, un petit bâtard de gouttière, qu’on a finalement identifié quelques jours après son départ grâce à sa trace de peinture verte sur le flanc. RIP, Kitty-Dude.

Je me rappelle sinon m’être vraiment illustrée dans mon club de théâtre (à peu près autant qu’en danse ou en gymnastique) avec cette réplique ‘Le petit chat est mort’ tirée de l’Ecole des femmes. Ma pièce à moi était Le médecin volant (une ébauche du Malade imaginaire), je jouais un vieux crouton, et je pense que Molière n’avait pas beaucoup de tirades en stock pour l’avoir réutilisée. Comme si on n’allait se rendre compte de rien. Et ça a sa place dans la Pléiade!

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P’tit voleur

Le pitch : Un petit braqueur écrit, de sa cellule, à un ami. Il est là pour avoir « taxé Un putain d’vélo même pas en or ,Pi, deux trois conn’ries, Des trucs de pauvres, Des trucs pas beaux, Un auto-radio, Une montre ou un stylo. » Voyez le genre.

Scène de la vie ordinaire, le gamin a grandi dans une zone défavorisée, sans l’amour de ses parents, sans trop d’éducation. Vicious circle. Mais apparemment, c’est toujours le genre de parcours qui échappe aux juges et aux ministres-de-l’intégration-de-l’éducation-de-la-cohésion-sociale-et-de-l’égalité-des-territoires. « J’avais déjà purgé ma peine, Avant même d’être ici, toute ma vie, Z’ont pas compris ça, les teignes , Qui m’ont puni, Que la vie fut une chienne , Avec moi comme avec ceux, Qui ont dans les yeux, Trop d’amour ou trop de haine, Ou trop des deux. » Avec un émouvant salut à Manu, Pierrot et Angelo inside.

P’tite conne

Le pitch : Renaud s’adresse à une jeune tox qui vient de mourir. Il a du mal à trouver sa place dans le cortège funèbre, dégoûté par le fait que sans doute les dealers sont là, que la drogue semble un rituel tout à fait naturel dans son milieu. Il pense à la réaction de sa mère, surtout.

La chanson est dédiée à Pascale, la fille de la comédienne Bulle Augier, qui meurt juste avant ses 26 ans, à la sortie d’une soirée au Palace. Jarmusch lui a aussi dédicacé son « Down by law ». Contrairement à Michel et la Blanche, il s’adresse à une personne déjà trépassée. Renaud évoque le besoin de P’tite conne de rester jeune, mais « Qu’à pas vouloir vieillir, On meurt avant les autres […] tu voulais pas mûrir, Tu tombes avant l’automne juste avant de fleurir », ce prétendu élixir de jeunesse ne faisant en réalité qu’accélérer sa déchéance… Cette chanson est tout simplement somptueuse. J’avais tellement envie de rejoindre Renaud pour secourir la gamine, casser la gueule des ‘imbéciles mondains’, consoler la maman.

C’est sûrement pour ça aussi que j’avais appris à ma soeur, à peu près âgée de 4 ans, l’intégralité de ‘Cendrillon’ de Téléphone, et qu’elle était tenue de la chanter jusqu’à ce qu’elle la connaisse par coeur. Mais bon, je suis un odieux personnage qui ne lâche que lorsque mes interlocuteurs sont trop épuisés pour obtempérer. Ceci dit, elle n’a pas fini comme Christiane F., je pense qu’on peut me remercier au moins pour ça. 1979RenaudetJean-LouisCrimon Putain de camion

Le pitch : Dois-je? Bon. Un hommage à Coluche, décédé d’un accident de moto le 19 juin 1986. Il était aussi le parrain de Lolita. Rage et tristesse.

Well well well. J’avoue, je n’ai jamais été une grande fan de Coluche, que j’ai toujours trouvé un peu vulgos, et le biopic de 2007 ne m’a pas fait davantage apprécier le type. Okay, les Restos du coeur, Tchao Pantin, toussa. Pour info, à la même boum où Mélodie m’avait offert une K7 de Roch Voisine, Stéphane s’était fendu d’une VHS de ‘La vengeance du serpent à plumes ». Voilà, c’était ça les cadeaux au début des 90ies.

Cela étant, il était difficile de faire comme si cette chanson n’existait pas, et il faudrait avoir une sacrée mauvaise foi pour ne pas louer ce témoignage d’amour. From a friend to a friend.

Le retour de la Pépette

Le pitch : La Pépette (qu’on avait rencontré près des auto-tamponneuses), comme Doudou, part en vacances au camping. Elle rêve du grand amour, et remplit sa valise de toutes sortes d’ustensiles assez utiles, type tenailles et poisson surgelé. In fine, elle manque de se noyer en faisant de la planche dans une mer pleine de pétrole, se tape des coups de soleil, et arrive après la fermeture du Macumba à 5 dum’. Elle rencontre tout de même son âme soeur pour quelques heures, qui réussit à la planter en embarquant la valise.

Un peu de fun! L’autre jour en faisant du shopping, j’ai dégotté une robe jaune, ce qui m’a totalement emplie de joie, car j’avais l’impression d’avoir trouvé le costume de la Pépette. Je l’ai embarquée aussitôt, ravie à l’idée de partir passer de charmants congés payés grâce à elle. La vie est pleine de petites allégresses. 10425120_10152466786441037_1482239971548071362_n Rouge-gorge

Le pitch : Hymne au Paris d’avant les promoteurs immobiliers, celui de Robert Doisneau, l’homme (l’autre) au foulard et au coeur rouges.

Just another ‘To Paris with love’ song. Plus fort que les amoureux du ‘Baiser de l’Hôtel de Ville’ est le petit peuple de Paris et de Doisneau : artisans, clochards et autres gamins des rues… mrXmipJg9DpJ-QYGx8g8s2w Salut manouche

Le pitch : Renaud le gadjo s’adresse à un pote gitan, plus admiratif de sa vie que véritable complice, d’ailleurs.

Ah je l’aime presque autant que ‘Deuxième génération’, celle-ci! Allez, adjugé, le même nombre d’étoiles que ‘Baston’. Une vraie jolie peinture gipsy : le vieux Saviem, les caravanes, la famille nombreuse-famille heureuse, les rempailleurs de chaises et le cigarillo, le mort-aux-vaches tatoué, tout est réuni pour s’émerveiller, ou bien faire peur. J’ai toujours adoré le passage où le type donne à Renaud son vieux peigne, une vraie preuve d’engagement fraternel, trouvé-je.

Ado, attablée devant mon petit crème au ‘Café du Parc’ de Pau, j’avais repéré un magnifique gitan, chevelure luisante, veste de daim et sourire enjôleur, qui passait ses journées au comptoir. Finalement, mon appareil dentaire et moi-même n’avons pas donné suite, sachant qu’il devait frôler l’âge critique de 25 ans. Enfin, il m’a toujours fait penser au bohémien de la chanson. Tout comme sa famille me rappelle les gitans de St Ouen, ou encore ceux de « Grâce et dénuement » d’Alice Ferney. « Toi ta famille, tes chiens, tes mômes, tes cousins, tes frangins, tes poules, c’est comme une grande bouffée d’ozone, quand ça déboule. »

Si t’es mon pote

Le pitch : Joe la mauvaise foi! Il triche au Scrabble, tient à rester jusqu’à la fermeture du rade quand son pote est fin rond, l’empêche de retrouver une gonzesse qui pourrait les séparer tous les deux, et lui demande de mourir avant lui. « Mais faut tout m’pardonner, parc’que d’main j’peux crever, c’est la vie, Jamais tu t’en r’mettrais, et qu’est c’qui t’resterait , comme ami ? » Il promet de fleurir son copain de chrysanthèmes toutes les semaines.

Géniale!!! Cette chanson, c’est un peu celle de ma pote et moi, qui nous lancions tous les challenges du monde, plus ou moins catholiques, en démarrant par « Tu voudras jamais… », du coup, on était prises au piège et obligées d’accepter toutes les tocades de l’autre.

Société tu m’auras pas

Le pitch : Diatribe contre la société (surprise!), l’armée en première ligne, mais surtout contre d’anciens chanteurs engagés, selon Renaud récupérés et corrompus. Antoine, Dylan, rendez-vous, vous êtes cernés.

Une des chansons les plus fortes du répertoire, qu’il devait être assez amusant pour ma famille de voir chanter par une troll de 5 ans, coupe au bol de Ramones et robe à smocks.

Au lycée, je l’avais réécrite pour une copine qui avait ‘des soucis avec ses problèmes’ de coeur, et j’avais remplacé astucieusement les noms des chanteurs par ceux des indésirables. Je suis un peu l’Auvergnat, moi, je réchauffe les âmes, envoyez la Légion d’honneur.

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Son bleu

Le pitch : Un type de 50 ans rentre à la maison, après ses derniers instants à l’usine. Communiste, il a été de toutes les luttes syndicales : son job, c’était toute sa vie, et elle part en fumée. Il se sent désormais bien vide, et repense à son fils, qui, lui, est parti faire la guerilla au Nicaragua (Sandinista VS Contras). « Merde aux hommes et merde à Dieu, Il dit en raccrochant son bleu, Mon enfant a compris mieux que moi, Le bonheur de faire péter tout ça. »

Etrangement, cette chanson fait douloureusement écho à ‘Il ne rentre pas ce soir’ d’Eddy Mitchell. Ici, il s’agit d’un type plutôt aisé qui se fait virer. « Fini le golf et le bridge, Les vacances à St. Tropez, L’éducation des enfants, Dans la grande école privée, Il pleure sur lui, se prend pour, Un travailleur immigré, Il se sent dépassé. »

Deux vies que tout oppose, mais finalement, si on n’est pas tous égaux face à la providence, il n’y a plus de rivaux dans l’infortune. Dans tous les cas, vous me permettrez de verser une larmichette en solidarité.

La teigne

Le pitch : Portrait d’un jeune gringalet, qui, certes, n’a pas eu trop de chance dans la vie au départ, mais qui est surtout un abject personnage avec l’ensemble de son entourage, tous sexes (ça fait 2) confondus.

Encore une de mes préférées! Ceux qui ont la joie de me connaître personnellement, et surtout mon petit compagnon, comprendront aisément pourquoi. « L’était bâti comme un moineau, qu’aurait été malade. A la bouche derrière son mégot, Y’avait des gros mots en cascade. L’était pas bien gros, c’t’asticot,  Mais c’était une vraie boule de haine, on y filait plein d’noms d’oiseaux. Même ceux qui l’connaissaient qu’à peine , l’app’laient la teigne. » Exactement la créature que j’ai rencontrée il y a une dizaine d’années, ça tombe bien, c’est comme ça que je les aimais. Je me plais à croire qu’il est un peu différent désormais, mais j’ai eu un choc lorsque nous l’avons écoutée ensemble la première fois, entre rire et effroi!

« Mais moi, qui l’ai connu un peu, Quand parfois j’y repense, Putain ! C’qu’il était malheureux !, Putain ! C’qu’y cachait comme souffrance, Sous la pâle blondeur de sa frange, Dans ses yeux tristes, dans sa dégaine., Mais j’suis sûr qu’au ciel c’est un ange, Et quand j’pense à lui mon cœur saigne. Adieu la teigne… » (Oui, le mec meurt à la fin)

Tiens tiens, à qui d’autre pourrait-il ressembler? mqdefault La tire à Dédé

Le pitch : Personnification d’une bagnole qui en a vu de belles, à travers son propriétaire Dédé.

Comme avec la Teigne et nombre des personnages contés par Renaud, on fait ici la connaissance d’un sacré olibrius, pas trop dévot, mais auquel on s’attache (et on s’empoisonne) nécessairement, parce que ce sont bien des types vivants comme ça qui t’aideront à te fabriquer des souvenirs, pas tes assommants camarades du catéchisme.

« Dédé l’avait fait r’peindre en bleu métallisé, Y disait qu’ça lui rapp’lait l’ ciel de son pays, On a jamais bien su où qu’ c’est qu’il était né, Vu qu’il était menteur comme tous ceux de sa race ».

Encore un qu’on est un peu affligé d’aller visiter au cimetière de Pantin. images Triviale poursuite

Le pitch : « Nouvel » état des lieux géopolitique des victimes de la colonisation en Palestine, en Nouvelle-Calédonie, en Afrique du Sud, à travers des questions thématiques du célèbre jeu de société : histoire, géographie, sport, sciences et nature, littérature. Renaud propose d’envoyer les coupables à la Vologne, rivière tristement célèbre pour avoir accueilli en son lit le corps du petit Grégory Villemin.

Eloquent, limpide, cinglant.

Tu vas au bal?

Le pitch : Où il est question que deux amis aillent au bal, aux putes, ou encore à l’église. Mais finalement personne ne va nulle part, d’ailleurs le pote meurt de froid. « Alors j’ l’ai enterré, Pis j’ suis allé danser, Avec les putes du quartier, Dans l’église ravagée. »

Défi-défilé : Chantez cette chanson, impossible. Je pense que l’auto-réputation de chanteur énervant provient de cette ritournelle.

Socialiste / Tonton / Welcome Gorby

Ces 3 chansons ont le goût des fruits de mon arbre généalogique, la silhouette des épaulettes de ma mère, le parfum composite de la laque Elnett et des petites cacahuètes du distrib’ au café, la résonance des apéros-concerts dans les librairies lyonnaises.

Elles ont le grain de cette photo de mon père et moi prise lors d’une manif par la presse locale, elles sont la secousse de la mort de Bérégovoy apprise en direct par un flash au milieu d’un épisode de Frou-Frou.

Elles sont mon embryon, elles sont Renaud et moi forever.

 

Okay, this is the end, my friends, then let’s keep dancing.

Merci à : Renaud, Johnny C., Manu, Titi, Mimi, Maggie, Pépette, Doisneau, Dédé, Tonton, Pierrot, Angelo, Michel, Doudou, Lolita et Dominique, Germaine, Gérard L., Willy B., Lucien, Slimane, et tous les autres.

« Maintenant je sais que l’homme est capable de grandes actions. Mais s’il n’est pas capable d’un grand sentiment il ne m’intéresse pas. » (Camus)

Saturday afternoon fever : Beaubourg (BPI)

Samedi aprem’.

Les friperies du Marais sont trop bondées pour espérer trouver quoi que ce soit (ou du moins prendre plaisir à fouiner. Feuner pour les intimes.), la température est arctique, et il n’est pas encore l’heure de l’apéro, que faire ? Traîner à la bibli, pardi ! Et la plus proche étant la BPI, ça tombe bien, je voulais y retourner et la faire visiter à Honey Bunny. En plus, exceptionnellement, il n’y a pas la queue.

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Rapide tour d’horizon du RDC, avec son coin BD et le salon de jeux vidéo.

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Petite traînerie au niveau 2, où s’étale une presse à la fois très locale et internationale, ainsi que les « télévisions du monde », sortes de postes aussi avant-gardistes qu’un Minitel en 2015, mais qui ont l’avantage de permettre à tout un chacun de retrouver ses racines audiovisuelles gratos.

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Tous les sièges de l’étage sont occupés, et une fois de plus, je me félicite (puisque bien évidemment c’est moi qui ai créé cette bibliothèque) du bon vivre-ensemble et de la prodigieuse mixité sociale de la bib. Environ une personne sur trois trimballe de gros sacs plastiques dont on peut supposer qu’ils contiennent à peu près toute sa vie. Les lecteurs sont collés les uns aux autres sans aucune gêne, ce que j’ai honnêtement rarement constaté dans d’autres médiathèques, ou même dans le métro. J’en ai déjà parlé, mais la BPI fait office d’avant-garde en ce qui concerne les ‘public libraries’ en France, et apporte une attention toute particulière à l’observation de ses usagers. Il y a énormément à dire sur elle, son équipe de sociologues, et l’intégralité de ses fonds et services, je vous engage donc à aller vous balader sur son website, car je ne suis pas guide, non plus.

Au même étage, on trouve une petite cafet’, et des toilettes. Propres. Ainsi qu’une terrasse pour fumer. Ils veulent que j’emménage ici ou quoi ?

Escalator, niveau 3. Ici se situent, entre autres, la littérature et les arts… et donc un espace dédié à la musique, encadré de grilles, tel un petit Guantanamo pour troubadours.

Skeuds, revues, pianos (avec des casques, merci), fauteuils-œufs équipés de tablettes pour écouter le juke-box fomenté par l’équipe.

Je vous laisse constater la variété du fonds.

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Quant à moi, j’ai pu observer que mes suggestions d’acquisitions avaient été suivies. J’en ai profité pour proposer de nouveaux titres de books et de magazines.

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Sinon, au niveau Renaud, on est servis aussi ! Voyez plutôt…

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Comme toute bonne chose a une fin (auto-décidée, puisque la BPI ferme à 22h. Je me permets de relever une nouvelle fois la sympathie du personnel à cette heure plus que tardive pour un fonctionnaire.), nous sommes allés nous aérer à la boutique du Centre Pompidou, qui n’avait rien d’exceptionnel, si ce n’est que les bibelots en vente ont confirmé que Jeff Koons créait des œuvres de plutôt mauvais goût. Cela n’engage que moi.

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Donc petit filochage à la librairie Flammarion du Centre Pompidooo, feuilletage de beaux-livres, achat des dernières aventures d’Aurélien Vallade (aka Joe Moo ), ainsi qu’un « livre » de coloriage de chats. Je trouvais ça un peu beauf, mais c’était vendu comme étant une telle source de détente et de satisfaction personnelle, que j’ai craqué. Enfin, à 7 balles, on ne peut pas dire que j’ai fait une folie non plus.

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Sinon, ma nouvelle lubie est d’habiter un des immeubles qui encerclent le musée, dont les appart’ et leurs luminaires de nuit laissent imaginer de doux effluves de fumée de cigarette, vin ou tisane, sur vibrations de jazz. Call me si vous avez ça.

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Voir aussi :

Saturday afternoon fever : BILIPO

RENAUD : Best of, vol.3

La suite!

Au passage, j’avais déjà eu cette discussion avec mon bon ami : pour les non-fans de Renaud, le chanteur représente un barde comme il est en tant en France, je ne sais pas, moi, Obispo, Marc Lavoine ou autre. Mais pour moi, il s’agit bien ici d’écouter du ROCK, que la mélodie soit musettante, irlandaise, tanguesque… Je suppose que cela vient des paroles, « la musique est un cri qui vient de l’intérieur », Merci Bernard de m’arracher les mots de la gorge. Et donc nous en sommes venus à la conclusion que, finalement, si on cherche un équivalent anglo-saxon, il faudra fouiner du côté de Mike Ness (Social Distortion) . Ah! ça fait réfléchir. Ceci dit, cette théorie est bien personnelle, puisqu’un australien, musicien, à qui nous l’avons livrée n’a pas paru convaincu de l’affaire.

Tout cela est donc privé autant que subjectif, je me remémore à l’instant ma copine de lycée Sophie, fan de hip-hop et RnB de diverses nuances qui n’avait pas compris mon amusement lorsqu’elle paraissait convaincue que si j’écoutais du rock (et notamment des groupes français), il s’agissait forcément de succédanés de Johnny Hallyday.

(Les 2 premiers épisodes ici, si vous les avez loupés : #1   #2)

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Le déserteur

Le pitch : Vous connaissez la version de 1954 de Boris Vian? Il s’agit là d’une libre-adaptation qui garde grosso-modo la même structure et un contenu similairement antimilitariste : une lettre adressée au Président, qui explique pourquoi il ne partira pas faire la guerre. Pacifisme et relents soixante-huitards chez Séchan.

Le message de Vian paraît à la fin de la guerre d’Indochine, après que 1500 soldats français soient tués à Diên-Biên-Phu (Jo le prof d’histoire), et c’est cette même année que démarre la guerre d’Algérie.

Vous me direz, en 1983, il n’y avait pas le même contexte, mais, outre les petites piques impertinentes de Renaud au Président (proposition de fumage de pétard, entre autres) et bienfaisance de la vie en communauté ardéchoise , il s’agit d’un plaidoyer pour le désarmement, en pleine guerre froide, quand l’URSS et les USA rivalisaient en terme de prolifération nucléaire.

En 1985, alors que Renaud chante « Le déserteur », au parc Gorki à Moscou, environ 3.000 spectateurs quittent la salle! Il s’agissait d’une manoeuvre des Jeunesses Communistes Soviétiques, ce qu’il l’a profondément marqué. Suite à cela, il écrira « Fatigué », que j’adore et qui vient pas plus tard qu’aujourd’hui sur le blog.

Sooo, depuis que j’ai commencé ces petits billets, j’ai divers sons de cloches : les gens qui veulent en découvrir un peu plus sur Renaud et ses chansons un peu moins connues (que Mistral gagnant et Hexagone, mettons), ceux que ça fait marrer, et les esprits un peu plus critiques à son égard. Très bien, on a tous le droit d’avoir un avis (même si j’aime autant quand on se range de mon côté, hein.) Ce titre fait partie des gentilles chicanes que je peux avoir ces jours-ci. Non, les circonstances n’étaient pas semblables, et je ne crois pas qu’il était question d’envoyer Renaud sur le front! Ceci dit, depuis quand ne peut-on pas avoir un avis politique (en l’occurrence plutôt anar) et humain sur, par exemple ici, les folies guerrières entraînées par la course au nucléaire, au pétrole, par les enjeux religieux ou diplomatiques?

Je n’ai, I must confess, découvert l’originale qu’il y a quelques années, elle est effectivement bien plus lourde de sens et emmène avec ses vers une musicalité relativement empesée. La V2 est plus vive, et supporte un peu d’humour, mais n’est que sagesse pour moi : au nom de quelle cause non consentie devrions-nous verser notre sang?

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Deuxième Génération

Le pitch : Slimane, quinze ans, vit à la Courneuve : un peu délinquant, un peu tatoué, un peu crevard des nanas, un peu foncedé, un peu rockeur, un peu déraciné.

Vu comme ça, le tableau ne permet pas de se prendre d’une grosse-grosse affection pour Slimane, et pourtant c’est tout ce qu’on en retient. C’est officiellement ma chanson préférée de tous les temps de Renaud.

« J’ai rien à gagner rien à perdre, Même pas la vie, J’aime que la mort dans cette vie d’ merde, J’aime c’ qu’est cassé, J’aime c’qu’est détruit, J’aime surtout tout c’ qui vous fait peur, La douleur et la nuit. »

Un p’tit gars broken, à qui rien  ne sourit, et on comprend aisément pourquoi, vu le titre. Je ne suis pas un as pour ce qui est de calculer les générations, et je ne crois pas qu’une ou deux plus tard, ça aille beaucoup mieux globalement au niveau inégalités sociales, accès au travail et discrimination. Donc comment se sentir français? « Alors pour m’ sentir appartenir, A un peuple à une patrie, J’ porte autour d’ mon cou, sur mon cuir, Le keffieh noir et blanc et gris, J’ me suis inventé des frangins, Des amis qui crèvent aussi. »

Okay, donc à part mon point de vue sur la question (à laquelle j’aurais quelques solutions très simples autant que logiques à apporter, mais bon, le sujet n’est pas là), sachez que :

1/Mon (deuxième?) chanteur préféré la reprend avec justesse, vous devriez la lui réclamer en concert.

2/Je crois que c’est aussi une de celles que préfère mon boyfriend, qui se trouve être plutôt blond aux yeux bleus. L’été dernier, à la mer, un type l’interpelle : « Hey, Slimane! Tu dis plus bonjour? » Et à sa femme : « Oh, quel con, ce Slimane, toujours en train de déconner! » Bref, il ne voulait pas démordre du fait qu’il l’avait bien reconnu, et qu’on ne la lui faisait pas, à lui! Voilà, c’est assez drôle, parce que même s’il avait été, disons, kabyle, la méprise s’est faite sur un dénommé Slimane, et pas sur Aras, Amray ou Menad. *J’aime bien c’t’ambiance, pas vous? Ah bon.*

Doudou s’en fout

Le pitch : Une p’tite nana à la peau cachou vent des maillots de bain.  Y a pas de lumière dans son magasin, pas d’amour dans sa vie, juste des clientes « pouffiasses de la conso ». Mais tout ça, « Elle s’en fout, Au mois d’août, Elle met les bouts ».

Rien à ajouter, c’est la joie authentique, cette chanson! Tous tes petits tracas quotidiens ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir, parce que bientôt, tu pars en vacances! Y en a une autre qui part bientôt, c’est la Pépette, on ira lui faire un coucou plus tard. Bref, à écouter pour patienter, avé le sourire s’il vous plé.

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Ecoutez-moi les gavroches

Le pitch : De nouveau, un hymne aux titis parisiens et aux fleurs de béton.

Pur, élémentaire, spontané et simple. (On peut juste zapper le vers « Ne pensez plus à l’an 2000 », car si nous ne vivons pas exactement le même Paris que Renaud en 1975, il y a quand même de beaux restes.)

Ca me fait penser qu’en cherchant un synonyme de poésie, je suis tombée sur le mot Parnasse, que tout le monde ne connaît peut-être pas?! Du coup, comme on est ici à Paris (et que les idées ne sont pas trop difficiles à lier) je vous fait part de ma découverte : « Le Parnasse, est un mouvement poétique apparu en France dans la seconde moitié du 19e, qui avait pour but de valoriser l’art poétique par la retenue, l’impersonnalité et le rejet de l’engagement social et politique de l’artiste. Le Parnasse apparaît en réaction aux excès lyriques et sentimentaux du romantisme imités de la poésie de Lamartine et d’Alfred de Musset (voire aussi les romanciers et dramaturges tels que Gérard de Nerval et Victor Hugo), qui mettent en avant les épanchements sentimentaux aux dépens de la perfection formelle du poème. »

Blablabla, vous pourrez vous renseigner davantage dans votre bibliothèque, par exemple. Soyez également avertis (ne tremblez pas non plus) que les poètes qui sont associés à ce mouvement sont, par exemple, Verlaine, Mallarmé ou Baudelaire. Mon sang ne faisant à nouveau qu’un tour, j’ai la transition idéale qui nous amène à Rimbaud.

En cloque

Le pitch : La gonzesse de Renaud est enceinte, il est prodigieusement ému par les transformations qu’il remarque, mais surtout, il s’amuse de ses nouvelles manies et lubies.

Tout ceci est excessivement attendrissant. Bref. Ce qui m’intéresse, c’est qu’on parle toujours des fantaisies de femmes enceintes incluant des fraises, alors que moi, mes copines, elles avaient juste envie de vin, de sushis et de fromage! Qui a raison, qui a tort? Je pense que quelqu’un qui n’est pas moi divague, et ceci pour une simple raison : « Parfois c’ qu’y m’ désole, C’ qu’y m’ fait du chagrin, Quand j’ regarde son ventre, Puis l’ mien, C’est qu’ même si j’ devenais, Pédé comme un phoque, Moi j’ serai jamais, En cloque. » VOILA.

Si j’ai un peu teasé à l’instant sur Rimbaud, c’est que Renaud évoque la photo du poète placée au-dessus du berceau. Mais ce que ce petit cachottier ne vous dévoile pas, c’est que son arrière-grand-tante n’était autre que la poétesse Louisa Siefert, dont les « Rayons perdus » (1868), ont énormément séduits Rimbaud : ‘C’est aussi beau que les plaintes d’Antigone dans Sophocle.’

Ne me remerciez pas, c’est bien normal.

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Fatigué

Le pitch : Ce texte exprime l’incompréhension de Renaud face aux carnages causés par la « civilisation », dans une longue liste mêlant faits nauséabonds et désabusement personnel sans cesse croissant.

Comme je l’ai dit un peu plus haut, cette chanson ‘made in Place Rouge’ a vu le jour après les protestations des jeunesses communistes suite à son interprétation de la pacifiste ‘le Déserteur’.

Les propos pourraient paraître naïfs, simplets. Et pourtant. C’est une des chansons les plus fortes de Renaud, trouvé-je. Et la situation n’est pas près de s’arranger, encore une fois, car l’inventaire des corruptions de l’homme s’allonge encore et toujours, en commençant par une déculturation massive au profit de nouveaux modèles, qui ne me semblent proposer qu’haine de son prochain, individualisme, narcissisme et rendement. How depressing. ‘Bonjour, bonjour!’

A la lumière des paroles (et tout simplement de l’état de la société), sans rire, moi je comprends les gens qui pètent un plomb, qui crient tout seuls dans la street ou qui partent se construire un refuge dans les bois. Ou qui, comme Renaud, s’écartent de ce monde, par le biais qu’il a estimé le meilleur possible, Amon Donné. [Je ne m’étendrai pas plus sur le Renaud d’aujourd’hui, je suis bien désolée de la situation, mais j’estime qu’il y a suffisamment d’émissions ou de tabloïds qui se permettent de publier des photos volées ou des témoignages de proches très bienveillants. Wish you all the best, dude.]

Bon donc, l’idée au final, serait, plutôt que de se pendre, d’être un peu vigilant, pour ne pas s’enfoncer.

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Ma gonzesse

Le pitch : Juste une chanson d’amour, sauce Renaud, avec blouson clouté, fesses à l’air et délicieux ébats. Il fera un gamin à sa gonzesse quand son mari sera d’accord.

On ne peut rien ajouter : « Si tu m’dis qu’elle est moche, Tu lui manques de respect, Je t’allonge une avoine, Ca sera pas du cinoche. Mais si tu m’dis qu’elle est belle, Comme je suis très jaloux, Je t’éclate la cervelle, Faut rien dire du tout de ma gonzesse. »

Cette gonzesse, Dominique, a été la sienne pendant 25 ans, je ne sais pas si c’est dû à la chanson, en tout cas ce n’est pas de la gnognotte.

A propos du gamin, je n’avais pas pensé à en parler dans ‘En cloque’, si j’ai déjà trouvé le prénom de mon futur (il vaudrait mieux que ce soit une fille, au passage, sinon il aura du mal à le porter), il est également prévu d’accrocher une photo d’Arthur Rimbaud au-dessus du berceau. Voilà, tout est prêt pour toi, le mioche.

Hexagone

Le pitch : Une caricature mordante et virulente des français, au travers de leurs traditions et leur ignorance, rythmée par l’éphéméride.

Fait amusant : je cherchais un synonyme de ‘bêtise’, et je tombe sur ‘gauloiserie’.

Je propose de remplacer la Marseillaise (qui ne semble convenir à personne) par ‘Hexagone’. Ce serait vraiment gai et plein d’espoir.
Cette chanson est d’une si terrible exactitude que c’en est très flippant. D’ailleurs, outre (si tant est qu’on puisse passer outre) tous les faits politico-historiques dont il est ici question, et dont je n’avais pas tellement conscience je l’avoue en 1975 (à moins cinq ans, donc), j’étais toujours un peu gênée gamine d’aimer Noël « En décembre c’est l’apothéose, La grande bouffe et les p’tits cadeaux, Ils sont toujours aussi moroses, Mais y’a d’la joie dans les ghettos. La Terre peut s’arrêter d’tourner, Ils rat’ront pas leur réveillon; Moi j’voudrais tous les voir crever, Étouffés de dinde aux marrons. » Et c’est toujours le cas! A chaque Noël, je culpabilise à fond en pensant à ces vers. Et à la fois, je me dis que Renaud passe certainement Noël en famille, à manger des bons trux et à faire des cadeaux aux gosses, donc bon.
Il en reste que la vraisemblance de cette chanson est irréfutable. »Les vieux principes du seizième siècle, Et les vieilles traditions débiles, Ils les appliquent tous à la lettre, Y m’font pitié ces imbéciles. »
A noter : Hexagone a été interdite d’antenne en 1980. Bizarre.

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Il pleut
Le pitch : Si on écoute vraiment vite-fait, on peut croire à une rupture « Tu peux pas t’casser, il pleut… », mais Renaud s’adresse en fait à Lolita, qu’il met en garde contre les dangers extérieurs, et surtout contre sa détresse à lui si elle partait. Finalement, elle est restée (quelques années au moins).
« Tu peux pas t’ casser, je t’aime, A m’en taillader les veines, Et pi d’abord ça suffit, On s’ casse pas à six ans et d’mi, Allez, d’accord, t’as gagné, Je te rallume la télé. »

Adorable, charmant, joli, mignon.

Ca me fait penser à tous mes potes amoureux de leurs filles. Ils ont bien raison.

J’ai la vie qui m’pique les yeux

Le pitch : Une jolie chansonnette sur les maux de la vie, le chagrin, l’angoisse, le cafard, la déprime, le temps qui passe.

« Heureusement j’suis amoureux, D’une p’tite fille qui m’rend heureux. »

Ici, j’ai juste envie de vous mettre un petit lien vers cette superbe chanson interprétée par Chet Baker, « Born to be blue » :

A très bientôt pour les 2 derniers billets sur Renaud, qui seront un peu plus longs!

En attendant, ce soir, je vais voir Hint. Pour changer un peu.