Don’t forget that I won’t forget you [I’ll have this to remind me]

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Your Name is Tattooed On My Heart

Well I know that our love is for real
But I thought you should know
How I feel
So you’re not going anywhere
Won’t fade away
Cause your name is tattoed
On my heart
And i’ll always be true
Don’t forget that I don’t forget you
Wherever I go what I do
And should you slip my mind
I’ll have this to remind me
Your name is tattoed on my heart
And i’ll always be true
Am I such a fool
To show my love for you
I know it’s no mistake
And no this thing is not a fake
Don’t forget that I won’t forget you
Wherever I go what I do
And should you slip my mind
I’ll have this to remind me
Your name is tattooed on my heart
And i’ll always be true.

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Carolyne Missdigriz : Infiltrate the system

Rencontre avec Carolyne Missdigriz, jeudi 02/10/2014, 2.22 AM

Dans sa chambre entre deux opérations coup de poing.


Salut Carolyne,
Tu m’excuseras mignonne, on se connaît peu, aussi, ce qu’on va faire, c’est que je vais te livrer ce que j’ai l’impression de connaître de toi, et on va tout reconstruire, okay?

Ok, Cool, pour une fois que je suis de l’autre côté d’une interview !

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Mon plaisir. J’ai découvert tes créations Missdigriz en septembre 2009, quand mon frère m’a offert un magnifique étui à lunettes fait de bulgomme (ndr : les nappes en caoutchouc strié dans lesquelles on aime enfoncer ses ongles chez les grand-parents) et de tissu skully… C’était assez original pour l’époque, toutes les nanas du monde n’avaient pas encore un stand attitré dans les vide-greniers vintage… Qu’en est-il aujourd’hui? Tu as toujours le temps et l’envie de bosser là-dessus?

J’ai effectivement porté un petit moment la casquette, ou le bob en bulgomme, d’humble artisane créatrice d’accessoires « fous, futiles et colorfull », pas mal à base de matériaux de récup hasardeux et détournés sous la griffe « Missdigriz Factory ». Ce fut une période assez drôle, improbable…et joyeusement précaire durant 5 /6 ans, qui finalement a englobé la faste période où j’ai vécu dans la ville rose. C’était marrant de s’auto-exploiter pour enquiller les stands de France et de Navarre, du stand sur un marché d’un village perdu, où les âmes locales mataient avec une certaine circonspection tes shortys rose « Missdigriz Razorblade Pussycat », aux trucs plus gros comme les Japan Expo, où là, c’est toi qui te sentais légèrement comme dans « Lost in Translation », le tout avec les copinettes créatrices, souvent toulousaines, davantage punkettes à Kro que total kawaï ! A côté de ça, je ne dormais plus des masses et pour survivre, j’enquillais aussi jusqu’à parfois 3 jobs pas top à la fois, du bénévolat avec mes potes précaires du GAF (ndr : Groupe Amitié Fraternité), les chroniques d’une émission radio bien nommée « Backroom » et la fête, que je prenais assez sérieusement à cette époque. Je pense que ce regain de nostalgie répond partiellement à ta question initiale : En fait, j’ai pensé faire trembler Vuitton et révolutionner le monde de la mode à grand renfort de pochettes têtes de mort en bulgomme. De fait, j’ai traçé à Bruxelles pour entamer un Bachelor en modélisme et design textile, mais en milieu d’une course éreintante entre école et barmaid de nuit pour manger, la crise aidant, j’ai réalisé que mon plan de carrière était légèrement foireux, voire kamikaze. Mon corps commençait aussi à me dire merde et pour couronner le tout, mon blog qui condensait tout le cheminement parcouru et la vitrine de mon boulot a bugué et tout a disparu à jamais dans le vortex des Internet. J’ai pris ça comme un signe. J’ai raccroché sans jamais trop l’admettre, c’est passé d’activité prioritaire à un loisir de détente. J’ai toujours mon atelier en place, je propose notamment des colliers à base de récup’ détournée, j’ai étudié en cours du soir les rudiments de la bijouterie, je fais mon possible pour de temps à autre, proposer des minis collections-capsules, des customisations (durant une nuit de blackout, j’ai remporté une presse à chaud aux enchères sur Ebay, surprise et facepalm lors de la livraison) ou des créations sur commande. J’ai aussi une idée de projet-hommage aux 90’s qui s’appellerait « Nonante 4 » … Mais pour ma santé physique et mentale, c’est encore en stand-by dans les placards de mon atelier et de mon esprit.

Bon. Après ces tumultueuses années où tu étais en plus, je te rappelle, projectionniste dans un ciné d’arts & essais à Toulouse, aujourd’hui te voilà repartie pour apprendre le journalisme d’investigation !
Explique-moi la différence fondamentale entre le journalisme classique et celui qui t’intéresse… Si c’est une histoire de durée d’enquête, tu penses que les types qui bossent pour l’émission ‘Strip-Tease’, et dont on sait qu’ils restent parfois jusqu’à deux ans chez les sujets pour capturer les meilleurs instants et le plus de naturel, font du journalisme d’investigation? A ce propos, j’aimerais savoir si tu penses que cette émission, bien souvent notée de TTT par Télérama, est fondamentalement différente des programmes diffusés par NRJ12 ou TF1 (« Tellement vrai » et autres joyeusetés)?

Avec le journalisme, tout comme la littérature, la musique ou discipline que j’adule, j’ai une approche très humble. J’ai presque peur de m’y coller par crainte de mal faire et par respect. Je n’ai plus la télé depuis plus de dix ans. Je ne pourrais définir globalement ce qu’est le journalisme, surtout actuellement, où il subit une totale mutation mais en tous cas, pour faire de l’investigation, il fait avoir des idéaux, oublier la notion d’objectivité, utiliser toutes les informations, data ou pas, en open-source ou pas, créer une et des hypothèses, « peupler son village » de protagonistes, suspects, victimes et faire son possible pour dénouer une histoire. Faire de l’investigation, c’est savoir raconter une histoire, ne pas aimer l’impunité et ne pas avoir peur de bien ramer avec subtilité pour arriver à ses fins, tout en étant malin comme un singe (ou Colombo).

Pour ‘Strip-tease’, c’est vrai que souvent, la star était un certain pathos mis en exergue souvent grâce à la proximité du tournage, aux personnalités choisies et au montage, mais de là à comparer ça à ‘Bienvenue chez les Ch’tis’, quand même !

Je te titillais, ainsi que toute la Belgique réunie. Revenons-en à nos chatons… Sur quel type d’investigation tu aimerais être missionnée?

J’ai déjà démarré une investigation. Je ne peux trop en dire mais en gros, l’impunité me débecte. Je me penche beaucoup sur la question d’utilisation d’armes sub-létales par les organes de la sécurité intérieure. Tout ça est lié à la loi LOPSI, en France en tous cas.

Dis-moi, Secret girl, quels grands journaliste t’inspirent?

Dans mon idéal de journaliste, ce serait un mix improbable de Hunter S. Thompson pour ce côté si affranchi, novateur, aventureux, borderline et génial, Edwy Plenel pour la moustache et l’efficacité, et April’O’Neal pour son réseau sous-terrain si cool et sa salopette jaune plutôt seyante.

J’irais me renseigner sur cette histoire de salopette, pour les deux autres j’étais certaine que tu les citerais ! Sinon, tu as un blog, tu es journaliste gonzo autoproclamée, tu animes une émission radio, tu peux me parler un peu de TOUT CA?

Oui donc après cette longue phase plutôt manuelle, palpable et artisanale, je suis revenue vers mes fondamentaux ici à Bruxelles : L’écriture, l’observation, les chroniques, l’introspection. Le pouvoir du stylo Bic noir encre fine. Après une longue phase d’écriture compulsive à tendance introspective, j’ai eu la chance d’offrir de mon temps et d’ouvrir de nouveau ma plume en chroniquant pour la rubrique subculturelle d’un feu webzine Bruxellois nommé « Feever, la culture sans vaseline ». J’ai croisé et interviewé de géniaux cinglés : Les Toy Dolls, Liu Bolin, Otto Von Schirach, Jimmy Pantera Seth Gueko … Pour ces entrevues et pour les revues de concerts, c’était plutôt une approche gonzo revendiquée. On peut retrouver tout ça sur mon blog , avec d’autres travaux rédactionnels.

La radio, c’était il y a quelques années sur Toulouse, pour Radio Occitanie. L’émission, 2 heures hebdo de direct s’appelait « Backroom, l’émission gay des précaires décadents » Un pote qui devait reprendre une émission gay sur radio Occitanie. Déjà, dit comme ça, c’est tout un programme. Il a voulu éviter le côté guetto gay et a ramené les potes dont je faisais partie. Après le direct de la première émission, on était certains de nous faire virer sur le champ mais au contraire, l’audimat a explosé et la direction nous a encouragé à nous lâcher sans autocensure. Ca a été 3 géniales années de chroniques on ne peut plus barrées entre potes, des moments d’intenses émotions aussi, de la moquette murales, des jingles débiles podcastés sur Myspace avec un mini-disc, de l’amateurisme empli de stupre et d’amour dégenré sans limite, et des chroniques utiles comme « les fétichistes du mohair, la typologie d’expulsions locales de squats LGBT ou la musculation du périnée ». Pour moi, il y a eu un avant et un après ‘Backroom’. Je dois énormément à cette aventure dans mon cheminement personnel.

Et en plus de ça, tu créés des maquillages fantastiques …

Le grimage, c’est un autre item du couteau suisse que je m’applique à devenir : c’est plus récent. La Belgique possède un truc particulier, unique et formidable. Je ne parle pas de la sauce samurai mais de la formation continue démocratisée, notamment en cours du soir. Donc oui, après deux ans d’apprentissage aux Arts et Métiers avec un prof adorable nommé Stan, je peux prétendre à pouvoir réaliser des make-up FX et des grimages fun mais attention ! j’ai du mal avec les princesses et les papillons ! Plus sérieusement, c’est assez tripant d’avoir accès à un visage pour l’utiliser comme un tableau. J’aime beaucoup l’intimité et la proximité incongrue que cela crée.

Parlons dollars belges si tu veux bien, do you have an alimentaire job?

Actuellement, mon job est plus qu’alimentaire ! Je travaille comme responsable de projets éco-solidaire pour un organe de la région de Bruxelles qui s’occupe de la gestion environnementale. Ma mission, entre autre, est de développer une ressourcerie dans un futur écopole régional. L’air de rien, ça occupe quand même trente heures de ma semaine, et comme si ça ne suffisait pas, j’ai dealé des cours de communication environnementale en soirée. Mais bon, des jobs alimentaires, pendant près de douze ans, je n’ai fais quasiment que ça : de Pizzaïola à Lutin de Noel à psy pour alcooliques heu, barmaid, pardon !

Oui, je te remercie d’ailleurs d’avoir pu te libérer, et de m’accorder ce temps. Enfin, je vois que tu as des choses à dire ! Donc, en dehors de toutes ces activités, tu es une personne qui a une vision assez alternative de la vie en société, un peu germanique selon moi… Peux-tu me parler du projet « A récup' », que je connais toutefois un peu pour l’avoir pratiqué avec enthousiasme à Paris et Toulouse?

Germanique, je ne sais pas, ça me surprends parce que mon parcours est beaucoup trop foutraque pour ça, mais si, je pense comprendre : c’est vrai que les pays du nord de l’Europe sont assez au point avec la conscientisation éco-environnementale. Le projet A Récup’  est mon dernier (gros) bébé. C’est encore parti de manière improbable et anecdotique : Habituée à glaner dans la rue, j’ai constaté qu’il serait cool de communiquer sur les items si nombreux et en bon état à récupérer à un plus grand nombre de gens. De ce constat a démarré un bête groupe Facebook « BXL à Récup’ » et là, ça a décollé de manière totalement inattendue. Les gens ont vite souhaité aussi pouvoir y donner, demander ou échanger gratuitement des objets entre eux. Après un an et demi, il y a près de 17 000 membres Bruxellois et environs 25 000 adhérents entre les villes de France et de Belgique. Les 3 maîtres mots sont Eco-Solidarité, Altruisme, Bienveillance. Les cool feedback et la bonne énergie que cela génère m’emplissent de joie, c’est grâce à ça que j’ai actuellement un chouette boulot et là, je planche sur la création d’une plateforme internet dédiée… Mieux que d’en parler des heures, essayez !

Oui, essayez. Et tu prends part à d’autres activismes? Tu es une personne engagée dans un parti politique, ou tu penses, comme moi, que la politique est surtout une affaire de mode de vie, d’idéaux et de pensée, à vivre au quotidien?

Je pense que tout acte choisi dans sa vie, même le plus anodin est politique. Roland Barthes en parlait plutôt bien et de manière ludique, et Sartre disait « Vous êtes responsables en tant qu’individu ». J’aime bien me rappeler cette maxime. Donc oui, si l’on est doté-e de conscience et d’un soupçon de sensibilité, nous avons forcément des idéaux et des combats. Je ne suis pas affiliée à un parti, même si je préfère que la gauche soit au pouvoir, pour moi, c’est toujours un peu moins pire que le pire. Mais ces gens là ne me représentent pas vraiment et je me sens carrément plus proche des mouvements émergeants post-capitalistes ou de personnages assez radicaux comme Enric Duran (ndr : le Robin des banques). Évidemment, j’apprécierais aussi que l’on s’affranchisse de codifications genrées, que Coca-Cola fasse banqueroute, que les nanas ne soient plus contraintes de prendre des cours de Krav Maga pour survivre dignement en rue, qu’on arrête de créer des charniers humains en migration aux frontières de nos fastes pays, que Clément Faugier fabrique enfin des couvercles pour ses pots de crème de marrons…

Tu évoques ce que les nanas ont souvent à vivre au quotidien dans la rue. Plus généralement, tu te définirais, comme Despentes = féministe, ou comme Coralie Trinh Thi = antisexiste?

Je préfère le mot « Antisexiste » à celui de « Féministe » parce qu’il génère moins de confusion et il est plus compréhensible. Dans ce genre de combat, la vulgarisation est aussi importante que la sur-conscientisation mais j’aime tout autant Despentes que Trin Thi. Tout le monde a sa place dans la lutte pour l’égalité entre toutes les entités humaines que nous sommes. Je comprends toutefois davantage les queers que les mysandres.

Sérieusement, quel type de drogue utilises-tu pour tenir le coup et mener à bien toutes les missions que tu t’es auto-confiées?

Comme si je pouvais me permettre de, en plus, me charger le cortex et la mule avec des bidules ? Honnêtement, je pense que si j’en prenais, là, je pourrais gérer que dalle. C’est fun 5 minutes mais je n’ai plus trop le temps et le besoin de ça. En vrai, je me rends compte que je suis devenue une odieuse punk bobo reloue : je bois du lait de noisettes et du thé sans sucre, ne mange quasi plus de viande, ne bois plus d’alcool fort, ne fume plus de clope, fait 5 heures de sport par semaine, dors enfin pour de vrai et possède une fucking gourde à 20 boules avec un filtre à charbon intégré. Décadence, reviens et kidnappe moi à nouveau !

Sans vouloir avoir l’air de passer de la drogue au tatouage en sifflotant, j’ai vu que tu avais un chouette tattoo sur l’avant-bras… Je ne te connais malheureusement pas suffisamment nue pour savoir si tu en as d’autres… Peux-tu me raconter l’histoire ou un bon mot sur l’UN d’entre eux?

Oui, c’est un chouette petit moment passé avec l’adorable Léa Nahon. Ce que certains prennent pour une hache franc-maçonnique conspirationniste est en fait un simple stylo Bic, -mon arme préférée- à échelle 1:1, avec 2 capuchons et un petit mantra plein de jeu de mots que j’ai inventé pour l’occasion. C’est toujours un peu nul et gênant d’expliquer ce que signifie un tattoo mais le message est plutôt positif sur l’acte d’écrire, de la main gauche qui plus est. Bon, je ne suis pas obligée de parler de ces étoiles en haut du cul ou de cette molaire volante sur mon tibia, hein ?!
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Non, rassure-toi. Même si je kiffe les molaires.

Autre chose, mon petit doigt en forme de Missdigriz m’a dit qu’un de tes rêves était d’embrasser la carrière de bibliothécaire… Parle-moi de ton rapport aux bibliothèques, des souvenirs heureux (ou pas) qui y sont liés, et donne-moi, selon toi, le meilleur spot du monde en la matière?

Aie Aie Aie, on pourrait en causer toute une vie ! Plusieurs choses me l’ont d’ailleurs sauvée, tout au long de mon existence. Dans ça, il y a : les pogos dans les concerts punk, les cabanes dans les arbres et puis, les livres dans les bibliothèques. Tu me parlais de drogues tout à l’heure ? Et ben justement, le dénominateur commun à ces éléments est la déconnexion au réel. Ma première perche, ça a été en lisant mes premiers bouquins, dès que j’ai su lire. Dès lors, c’est devenu complètement compulsif, excessif, régulier …. addictif ! Môme, j’étais assez solitaire et je me suis créé un univers imaginaire trop cool par le biais la lecture (et les Tortues Ninjas). A l’école, après qu’une instit’ m’ait confisqué mes livres pour que je sociabilise, bosser dans une bibliothèque était devenu mon projet de vie, mon pseudo rêve de môme. C’est simple, je lisais tout ce qui me tombait dans les mains et j’avais déjà boulotté « Less Than Zero » de Bret Easton Ellis avant d’avoir effectué le fameux stage à 14 ans dans la médiathèque du coin, à Saint Juéry dans le Tarn. Et ben c’était pour moi un vrai havre : le calme, des gens éveillés qui t’estiment et te confient des taches intelligentes, comme des critiques de livres pour enfants, et des rayons entiers et infinis d’univers à portée de main, des CD’s de L7, des Beastie Boys ou des Butthole Surfers ! Le meilleur spot du monde. Et ça, pour chacun-e, c’est nulle part et n’importe où, on s’en fout ! A commencer par le bibliobus garé devant l’école. Mais perso, mon refuge mental est une cabane perchée en haut d’un arbre remplie de livres et coupée du monde.

Cool de parler des bibliobus, c’est aussi un super souvenir de lieu atypique où tu peux feuner de la nouveauté, tout en pensant que tu vas pouvoir partir à l’autre bout du monde avec ton butin.

Bon, parlons clairement, tu es une femme du sud (Midi-Pyrénées powa), tu aimes voyager… Penses-tu rester faire ta vie à Bruxelles, t’en revenir à l’ombre des murs roses, ou encore partir beaucoup plus loin? Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans la vie ici que tu n’as jamais connu ailleurs?
Rhaaa ! Le sudistan me manque tant. Je n’ai jamais été aussi chauvine du sud-ouest que depuis que je vis à Bruxelles. Du coup, j’ai la fâcheuse tendance à idéaliser La Toulousie et ses environs. Je pense que c’est dû à mon manque de vitamine D. En tant qu’enfant du soleil, j’en ai besoin pour photo synthétiser et je pense que toi-même tu le sais. C’est horrible mais je perçois davantage ce qui me manque ici : le pain au levain, le vin , le boursin (avé l’accent !) et puis la montagne, la famille, les potes, les Pyrénées, le P’tit London, la luminosité, la solidarité des précaires, la misère qui est moins pire au soleil …Bref, j’arrête là ou je vais refaire comme cet été dans le sud ou j’ai pleuré d’émotion en mangeant de la tapenade (mais elle était super bonne).

Sinon, si on oublie la bouffe locale, les transports publics la météo et certains autres aspects de totale désolation, Bruxelles est vraiment chouette. Ici, le truc, c’est que tu es en permanence destabilisé-e, surpris-e, tout peut une fois beaucoup plus arriver qu’ailleurs, en bien ou en mal, chaque jour en prenant ce foutu tram hors d’âge, le brouhaha des conversations des 4 coins du monde te font voyager en permanence. Mais définir la Belgique en trois mots n’est pas encore dans mes cordes, et ça, c’est plutôt bon signe (et je ne parle pas du Rockerill de Charleroi, hein !). Bon enfin, sinon, pour le fun, on pourrait dire «  Jupiler, Samossa et EBM ». Mais clair, comme disait Marie Curie « je viens du sud et par tous les moyens, j’y reviens ».

Okay, je croyais que c’était Chimène Sardou qui avait dit ça…

Well, merci, Missdigriz, pour finir, je vais te remercier d’égayer mes mirettes toujours en quête de visions capillaires hors du commun…

De rien pour les déclinaisons capillaires. Si un jour je me lance dans un projet de salon de coiffure, ça s’appellera « Sorry Mum ».

Oui, ou un salon de tatouages ! Et je vais te demander de me conseiller un bouquin et un disque, sachant qu’il est PROHIBE de promouvoir ses amis. Ah!

Pour le livre : « Polichinelle », le premier roman de Pierric Bailli. Récente cool découverte. Henry Miller reste un écrivain hors du commun à sans cesse redécouvrir, soit dit en passant.

Et l’album : ‘Boogadaboogadaboogada!’ des Screeching Weasel. Je sais, ça n’a plus d’âge ce disque mais j’ai eu le bol de les voir enfin en live cette année, et l’imbitable Ben Weasel (un mix entre Al Bundy et Dee Dee Ramones) avait vraiment la classe. Si ce n’est déjà fait, allez aussi check Mikky Blanco ou Death Grips en live, même si ces derniers ont splitté, dommage pour vous ! En fait, la musique, je ne l’approche plus qu’en concert, et donc même si j’écris encore des chroniques musicales, je suis larguée sur les sorties récentes d’albums. C’est peut être le signe que je deviens une vieille branche, non ?

 

Tattoo : All the things she said

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne sera ici nullement question de pop chantées par deux soeurs russes lesbiennes, sorry guys, mais bien de tatouages. Mes préférés.

Pour répondre une bonne fois pour toutes, OUI, il me reste encore beaucoup de place vierge sur le corps (environ 90% quand même, j’ai un grand corps).

Et NON, je ne crains pas le regard des « autres » quand je serai vieille, car j’aurai la même peau dégueulasse et fripée que ceux-ci, excepté qu’il y aura des motifs dessus. Comme je remarque que même les futurs chirurgiens, financiers et avocats (futurs-futurs réparateurs barbus de motos vintage, probablement) s’ornent de magnifiques triangolinos et autres témoignages de leurs divers passages dans les prisons russes, je pense qu’il y aura finalement une proportion assez équitable d’ « autres » et de tatoués.

C’est également toujours NON pour se faire tripoter par des inconnus dans le bus. Et NON pour entendre leurs critiques à 110dB, car si j’assume mon image, je ne pense pas pour autant hurler dans un mégaphone ce que je pense des pull-overs Celio ou des nez en trompette. (Si j’avais cru me constituer une petite armure d’antisociale, c’est raté puisque les passants s’arrogent une certaine familiarité qui m’importune un peu.)

Et Madame la laborantine qui effectue les prises de sang, NON, mes veines ne sont pas nécrosées, n’étant pas une junkie. Si tel était le cas, je n’aurais certainement plus qu’à prendre un compas pour assouvir ma soif d’art cutané, car il est assez difficile financièrement d’allier les deux passions que sont le tatouage et l’injection d’héroïne.

Je ne suis pas mieux ni moins bien dans mon corps, globalement plus à l’aise dans ma paire de skis qu’à 25 ans, mais je pense que c’est dû à la maturité et au fait d’être plutôt une personne satisfaite de sa vie, de sa ville, de son job et des gens qui l’entourent.

C’est tout ce que j’ai comme truismes à énoncer, on peut d’ailleurs en lire un peu partout dans le genre s’il l’on s’intéresse un tant soit peu à l’affaire. On n’est pas là pour Paul & Mickey, être pro ou anti.

Je ne vais pas vous montrer mon premier tattoo (女= nǚ=femme, symbole repris par les Portobello Bones, un peu foiré par un dénommé Tewfik : délation-style), ni mon deuxième (une très originale étoile léopard rose : big-up Patoche), ou encore la suite du scandale dermique (des minis étoiles-skull tout à fait kawaï, qui ont permis à Ben de faire ses armes; pour sa défense le croquis apporté était lui-même dégueulasse).

Après quelques errements malheureux donc et à 30 ans, j’ai fini par laisser ma peau aux pro, et je remercie très fort Twix  pour avoir rattrapé tout ça en me secouant les plumes du haut de sa prime post-adolescence, et pour m’avoir gravé deux manchettes japz à sa sauce en tenant compte de l’existant. Il m’a certes délesté de mon compte-épargne, mais m’a vraiment fait passer d’agréables moments à base de critique acerbe du rocker toulousain. Après ça, la vraie vie pouvait commencer.

Avec mon mec à moi, nous avons retrouvé l’homme-chocolat afin qu’il encre nos initiales : here is my first favourite one, simple mais efficace. C’est Twix qui l’a dessiné, d’après une photo que j’avais repérée dans un book de tatouages, où deux frères avaient représenté des mains qui se serrent, avec l’inscription « Blood Brothers », ce qui est un sympathique jeu de mot qui donne un peu envie de danser.

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Quitter Toulouse impliquait se séparer de Twix, mais de toutes manières le jeune a également déserté la belle rose pour ouvrir son propre shop à Bordeaux. Pas de tristesse donc à l’idée de déménager.

Juste en arrivant à Paris il y a un an, j’ai eu l’occasion de choper un rendez-vous avec l’illustratrice et tatoueuse Nicoz Balboa, alors en guest au Mystery Tattoo Club, qui m’a piqué un chouette portrait de Frida Kahlo sur la cuisse. C’est un peu sa spécialité, et c’était aussi devenu une de mes marottes après avoir vu une rétrospective Diego-Frida à Istanbul où j’étais allée visiter ma sista.

Suite à ça, à la rentrée dernière, j’ai demandé à Jimi, fraîchement débarqué de Brighton et installé à la Maison des Tanneurs de me concocter une jolie sirène blonde, presque aussi mignonne que moi (…), puis de réaliser un petit hommage à ma grand-mère Simone, à base de flamand rose, elle à qui il arrivait de confondre ces oiseaux sur échasses avec des « petites biches roses buvant l’eau du lac ». Le voilà, I’m lovin’ it. (tadada dada !)

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Il m’a fait aussi des petits bidules flash qui remplissent sympathiquement bien que pas très diplomatiquement mon bras gauche (notamment un mini-gun qui agresse quelque peu les gens qui s’approchent trop près de mon poignet).

Puis, je lui ai commandé un portrait de femme dont le marin de mari s’en part au loin, qui me convient assez bien en tant que petite-amie-d’homme-qui-voyage-pour-son-travail-de-musicien, pour orner mon mollet. Comme tout ce que je demande à Jimi, le résultat n’a strictly rien à voir avec l’idée de départ, mais le type étant aussi artiste-peintre (et musicien), il faut savoir se taire (je vous vois sourire au bout de la fibre optique). Là il n’était pas tout à fait finalisé, il manque du rouge sang, mais vous voyez l’idée :

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J’ai d’autres petits projets d’ornementation, que je garde secrets pour plus tard, car présentement je ne suis pas du tout dans le mood de repasser sous les aiguilles. Je préfère en parler.

D’ici peu, vous pourrez lire sur ce blog des interview de gens qui ont un certain nombre de choses à raconter, dont leurs petites histoires de tattoo. Ça risque d’être assez cool de gratter un peu sous leur peau.